Jeudi 20 juin 2019 à 11:41

Enseignement, école, fac

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Suite de mes réflexions sur les sujets de philo du bac 2019.


Sujets de la filière ES:
• La morale est-elle la meilleure des politiques?
Le travail divise-t-il les hommes?

La morale est-elle la meilleure des politiques?


    Ce sujet ne me plaît pas du tout du fait de son imprécision et par ailleurs je pense dangereux d’aborder un sujet politique au bac, car il est difficile tant pour l’élève que pour le correcteur, de faire abstraction de ses opinions.
    Par ailleurs il y a certainement de très nombreuses paroles d’e philosophes (à commencer par Platon et Machiavel) et d’hommes politiques sur cette question, mais je ne les ai pas en mémoire.
    D’abord je ne sais pas quels sens donner aux mots « morale », et « politique ».

    La morale d’abord : le bien et le mal; l’esprit et les règles du bien. Celles aussi souhaitées et plus ou moins imposées par la société (civilisations, coutumes, religions, castes, partis politiques, groupes divers.…) ou même la mode !
    Politique, est ce seulement la politique au niveau de la ou des nations, des collectivités, mais on peut aussi parler d’une politique pour une entreprise; ou de la politique d’une personne, par exemple pour mener sa carrière. C’est assez ambigu, parce que le niveau de conséquences collectives et les acteurs ne sont pas les mêmes.
    En fait morale comme politique ne sont pas des données qui existent en elle mêmes. Elles sont bâties par des hommes, qui , à un moment donné en ont la responsabilité.

    La morale est quand même une affaire très individuelle. Au départ ses règles nous sont enseignées par nos parents; puis par des professeurs d’origines diverses : enseignement, religion, partis politiques…
    Ces personnes ont évidement une culture, des archétypes, des préjugés, des opinions et sont sensibles aux autres, à l’environnement, à la mode, à leurs intérêts ou à celui d’entités supérieures.
    Ensuite il faut que ces règles soient assimilées et ait notre accord : c’est le « surmoi » dont parle Freud.
   
    Alors quelle morale faut il retenir si l’on veut y associer une politique?
    Les chinois n’ont probablement pas les mêmes règles que les occidentaux. A Tahiti où il y a chez les autochtones une certaine communauté de bien, emprunter - sans lui dire - la voiture ou un bien du voisin, n’est pas immoral. Les terroristes ont ils une morale ?
    Les règles morales d’une secte sont elles acceptables? Et même à l’intérieur d’une religion, il y a des libéraux et des intégristes. Certains peuvent être homophobes, contre la PMA, l’IVG ou la contraception.
    Alors que doit retenir le politique parmi ces données contradictoires, alors qu’il a sa propre morale à lui-même.?
    La guerre, où l’on a le droit et même le devoir de tuer son adversaire, est elle conforme à la morale? La religion du fric des GAFA et le mépris de l’homme et de la vie humaine de certaines entreprises, mais aussi de certains pays totalitaires sont elles des politiques morales?
    La démocratie est elle plus morale qu’un régime dictatorial? En démocratie le moteur des hommes politiques est le plus souvent leur réélection et par ailleurs les sont monnaie courante. Les régimes dictatoriaux bafouent en général les droits de l’hommes, mais si on aavit comme dictateur un saint ?
    
    Par ailleurs que se passe t’il en politique : c’est la gestion de certains problèmes, de certaines affaires au niveau de collectivités, mondiales, nationales, locales, industrielles familiales.
    Si le problème est simple, et qu’il ne choque ni ne nuit à personne, c’est assez facile de se conformer à une certaine morale. C’est rarement le cas.
    Ces problèmes sont le plus souvent contradictoires : faut il par exemple accepter sans limite toute forme d’immigration, aux dépens des pauvres et des chômeurs français?
La morale voudrait qu’on aide les deux parties, mais on n’en a pas les moyens financiers et en matière de formation et d’emplois. Alors comment choisir?
    On trouverait des centaines d’exemples de ce type.

    En fait je crois que l’on voit dans le monde trop d’actes politiques qui choquent nos convictions. Alors on pense que la morale serait la meilleure des politiques mais en réalité le politique ne sait quelle morale choisir et par ailleurs la plupart des décisions qu’il doit prendre sont telles que les deux choix contradictoires qu’il doit prendre sont tous les deux moraux et que l’un des choix conforme à la morale entrainera le refus de l’autre choix qui lui sera immoral (quelque soit le choix effectué).

    Alors si le politique veut être honnête et le plus moral possible, il se dira qui’l faut choisir la solution qui agrée ou qui profite au plus grand nombre, mais d’une part elle peut être catastrophique pour le plus petit nombre et d’autre part le politique n’est pas devin et les conséquences de son choix ne sont pas toujours celles prévues et de plus la nature du profit en cause peut avoir aussi un aspect moral.
    Personnellement tout ce que je regrette, c’est ce qu’exprimait très clairement un des- lecteurs de mes blogs quand il disait :
« Une question qui n'est jamais abordée en politique : on fait le choix de se cacher derrière des chiffres, des statistiques... J'aimerais juste que, pour chaque décision prise, on se demande si cela va rendre le plus grand nombre de citoyens un peu plus heureux.
La notion du bonheur collectif devrait être aussi importante que celle de l'effort collectif. »
    Le bonheur collectif est il une notion morale ?
   
   
Le travail divise-t-il les hommes?

    C’est un sujet qui a toujours passionné les philosophes, depuis Rousseau qui pensait que l’homme était bon par nature mais estimait qu’il était très paresseux, Kant qui estimait que le travail est le moyen de se libérer, jusqu’à Carl Marx et la lutte des classes.
    Sans parler de la chanson qui dit effectivement que « le travail c’est la santé, mais ne rien faire c’est la conserver » et de la légende d’Adam et Eve chassés du paradis, à qui Dieu dit « tu travailleras à la sueur de ton front ».
    J’avoue que les idées très théoriques des philosophes à ce sujet ne me passionnent pas, d’une part parce qu’elles sont souvent très utopiques et loin des réalités, et d’autre part parce que la société et les techniques associées au travail évoluent, de même que les acteurs économiques et que les données valables un jour ne le sont plus tellement le lendemain (par exemple la lutte des classes et le collectivisme d’Etat aujourd’hui).
    Mais le travail a des aspects multiples : techniques, économiques, humains, qui sont extrêmement pratiques et concrets.
    Et si on cherche la motivation première du travail, c’est quand même au niveau individuel de gagner sa vie, c’est à dire, que ce soit par un salaire ou tout autre intermédiaire, manger et acquérir les objets et services dont on a besoin.
    Au plan collectif, c’est produire des biens, des services, des innovations.

    Au plan technique, avec l’apparition du chômage, on constate que ceux qui ont le plus de mal à trouver du travail sont ceux qui ont fait peu d’études et que d’autre part ceux qui n’ont qu’un bagage général (le bac par exemple) ont beaucoup plus de difficultés que ceux qui ont un diplôme technique, (BTS-DUT) ou ceux qui ont appris dans un lycée technique un métier manuel.
    Il y a donc une grande inégalité des hommes face au travail, en fonction de leur formation et de leurs aptitudes techniques.
    Les nouvelles technologies ont bouleversé le travail quotidien et l’adaptation des séniors n’est pas facile. Comme leurs salaires sont pus élevés que ceux des débutants, les entreprises ont tendance à s’en débarrasser et ils ont du mal à retrouver du travail.
    La robotique et l’intelligence artificielle risquent d’accroître ces inégalités.   
    La technique est donc plutôt une source de division.`

    Au plan économique, le constat est voisin : les mêmes différences apparaissent aussi au niveau des rémunérations. Le salaire des femmes, à poste et responsabilité identique est inférieur à celui des hommes.
    Le chômage est sans doute le fléau le plus important de l’époque actuelle en France, car sans lui la pauvreté serait moins fréquente, les SDF seraient moins nombreux.
    Ce chômage est la source de divergence s et d’incompréhension avec les non-français. Il est certain que le fait que des travailleurs étrangers aient, quand ils travaillent en France des salaires plus bas pour des horaires plus élevés, que leurs sociétés paient moins de charges, est forcément une concurrence déloyale.
    Et s’il apparaît normal d’accueillir des immigrants qui connaissent la guerre, les exactions et la famine dans leur pays d’origine, on comprend aussi le mécontentement des chômeurs ou des SDF auxquels on n’accorde pas toujours les mêmes avantages.
    De plus les salaires de certains, grands patrons, footballeurs… sont démesurés par rapport à celui des ouvriers et employés qui font le travail pénible, et c’est un fossé supplémentaire qui engendre, à juste titre, le mécontentement.

     Très souvent le travail sépare les hommes au plan des relations humaines.
    Avec la généralisation des smartphones, le travail vous poursuit plus qu’autrefois dans votre vie privée, l’avalanche des SMS et autres messages fait vivre dans une fébrilité permanente, et le fossé s’est creusé dans la hiérarchie, car des relais intermédiaires tels les chefs d’équipes ont été supprimé pour des raisons économiques, les niveaux hiérarchiques ont été réduits et le supérieur n’a plus assez de temps pour être sur le terrain au contact de ses collaborateurs et de ceux qui font le travail sous leurs ordres.
    Les patrons comme les politiques sont coupés des préoccupations et des problèmes de la base, et les décisions prises n’en tiennent pas compte et sont donc contestées. Le climat dans les grandes entreprises est parfois devenu délétère, entrainant des arrêts de travail, des burn-out, voire des suicides, compte tenu de l’incompréhension de la hiérarchie et des méthodes de management qui ont mal évolué.

    Cependant il ne faut pas non plus tout noircir. Si le travail dicise effectivement les hommes, il  quand même certains avantages et certains apports.
    D’abord, le travail apporte liberté. Il permet de vivre de son salaire (si celui-ci est suffisant)
    Il y a ensuite l’intérêt du travail que l’on fait, de son métier, des succès et des tâches accomplies. Beaucoup de gens que je connais sont heureux dans leur travail et pas seulement des cadres et des ingénieurs ou des médecins.
    J’ai connu des ouvriers fiers d’avoir réalisé des pièces très complexes, d’avoir monté des matériels performants, des infirmières qui se dévouaient corps et âme à leur soins, des artisans et cultivateurs fiers de leurs réalisation, de leur boutique ou de leur domaine.
    Le travail peut contribuer au bonheur.
    Enfin le travail peut être l’occasion d’une aventure humaine, diriger, faire partie d’une équipe développe un esprit et une cohésion particuliers, il se crée des liens humains au travail, qui souvent se prolongent dans la vie privée.
    Il y a bien des cas où le travail divise les hommes, mais il y a aussi des circonstances où il les rapproche.

Par coldtroll le Vendredi 21 juin 2019 à 22:53
Le travail devrait etre pourvoyeur de liberte et de satisfaction mais il divisera les hommes tant que l'homme exploitera l'homme. Ca fait tres communiste dit comme ca, mais le communisme n'est qu'une utopie, car il est malheureusement dans la nature de beaucoup de chrrcher le profit. Meme au detriment de l'autre
 

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