Jeudi 2 septembre 2010 à 8:33

Préférences cérébrales

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    Il n’y a pas lieu de lutter contre une introversion raisonnable, qui a une part d’inné et une part d’acquit, mais qui est au moins aussi avantageuse qu’une extraversion modérée.
    Par contre quelqu’un de très intro ou extraverti a intérêt à essayer de mieux utiliser son attitude non préférée.
    Mais il s’agit là du milieu dont nous tirons notre motivation, notre énergie.
    Par contre il me paraît bénéfique et nécessairee de lutter contre sa timidité si elle est excessive
    Elle résulte le plus souvent d’une part d’un manque de confiance en soi et d’autre part d’une grande peur du jugement et du regard des autres.
    C’est contre ces deux tendances qu’il faut lutter.

    Les psychologues qui envisagent des remèdes à ces deux attitudes parlent souvent d’une “timidité sociale” et distinguent plusieurs types de craintes ou de comportements (je les cite) :

        Timidité  de relation :
    Appréhension et maladresse dans des situations relationnelles importantes (professeurs, supérieurs hiérarchiques, sexe opposé) ou nouvelles, sans retentissement marqué sur le mode de vie et I'équilibre psychologique.
        Anxiété de performance, trac :
    Crainte d'échouer ou de mal se comporter lors d'une prestation face à un public; dans sa forme bénigne, le trac disparait en quelques minutes et n'altère pas la performance, contrairement à ce qui peut se passer dans des formes plus graves d'anxiété de performance.
        Phobie sociale, éreutophobie :
    Crainte d'agir de manière embarrassante. voire humiliante. sous le regard d'autrui, accompagnée d'angoisses dans certaines situations sociales, souvent évitées. L’éreutophobie est une forme particulière de phobie sociale : la personne est obsédée par la crainte de rougir en public, par peur d'etre jugée négativement à cause de cette émotivité.
        Personnalité évitante
     Tendance permanente à éviter la plupart des situations sociales et nouvelles, souvent en raison d'une phobie sociale très importante. La personne finit par ne plus sortir de chez elle et par ne plus voir personne.

    Plus la peur est forte et plus l’attention de la personne est focalisée sur ses problèmes et plus la peur et ses conséquences grandissent. Il est difficile de faire attention à autrui et à son environnement, quand on est obnubilé par ses propres sensations et envahi par la panique.

    Lutter contre le manque de confiance en soi n’est pas facile.
    En général le manque de confiance en soi résulte d’expériences négatives qui incitent l’adolescent à douter de ses capacités qu’il est en train d’acquérir peu à peu, et de penser qu’il ne peut être autonome et responsable.
     Le réflexe habituel du timide est de rester uniquement sur les sensations d'anxiété ou de gêne qu'il a ressenties, et non pas de mémoriser les éléments positifs de ]l’'expérience (même s’il a fait fait l'effort de sortir, et de communiquer avec une ou deux personnes qui avaient l'air sympathiques et contentes).
    Il faut donc demander au timide d’essayer d’analyser le coté positif des situations qu’il a rencontrées En se for\ant ainsi à analyser tous les aspects positifs et négatifs des situations rencontrées, il peut ainsi remettre en cause - voire modifier ses à-priori.
    Personnellement lorsque j’aide quelqu’un qui n’a pas confiance en soi, je lui demande de lister et d’analyser toutes ses qualités, les actions qu’il a réussies, les personnes qui l’apprécient, les compliments qu’il a reçus ...

    Pour lutter contre le regard des autres, les psychologues préconisent des exercices assez particuliers pour dédramatiser ces situations dans lesquelles on se sent gêné.
    Je cite comme exemple l’un d’entre eux :

    “ Des camarades doivent emmener la personne timide dans le métro et,  lui chanter, devant tout le monde: « Joyeux anniversaire ! . La personne se sent alors au centre de tous les regards, mais on lui demande de ne pas baisser les yeux, et de ne pas quitter le wagon. Elle doit rester pendant dix minutes dans une situation embarrassante. Progressivement son rythme cardiaque, sa tension et sa transpiration diminuent; après ces minutes qui semblent interminables, elle se retrouve dans une situation qui, habituellement, déclenche sapanique, mais qui désormais l’affole moins. Des passagers lui tapent parfois sur l'épaule en descendant du wagon et lui lancent: « Joyeux anniversaire! . A ce moment,la personne s'apen;oit qu'il s'agit d'un « non-événement., et cette prise de cons
cience change sa vision de la vie en société. Alors qu'elle croyait être jugée négativement par les autres, elle s'aperçoit que le jugement d’autrui peut être bienveillant.”

    Lorsqu’un timide est laissé face à ses peurs, les évitements permettent de fuir les situations angoissantes, mais le maintiennent  dans l'idée fausse qu'il ne peut les affronter.
    Il faut donc lui apprendre à s'exposer à des niveaux croissants d'anxiété, en provoquant des situations faiblement, puis plus fortement, anxiogènes (aborder des inconnus, se faire remarquer dans un lieu public, prendre la parole dans une réunion, etc.).
    Il peut alors constater que son angoisse peut être forte « a l'intérieur» sans que cela soit perçu par les autres, ce qui n'a pas de conséquences.

    Chez le grand timide, les centres de l'émotion, et le complexe amygdalien, sont facilement activés par les situations anxiogenes, et les zones qui servent a controler cette émotion ne sont pas assez efficaces. C'est notamment le cas du cortex préfrontal, qui est relativement hypoactif.
    Les exercices précités sont en quelque sorte, un travail de « désensibilisation » qui produit probablement ses effets dans la mémoire émotionnelle dont le complexe amygdalien (qui réagit à la peur) et l'hippocampe (professeur de la mémoire), précisément les zones hyperactivées chez les sociophobes.
    De telles modifications prennent place probablement dans la mémoire à long terme et dans le cortex préfrontal, entraînant des raisonnements plus réalistes et un meilleur contróle des émotions.

Par alyane le Jeudi 2 septembre 2010 à 8:52
Comment expliquer que des personnes à l'aise au téléphone,se révèlent timides quand vous êtes avec eux ou au contraire fort bavardes. Quand ils vous font des cadeaux, surtout si vous insistez tant soi peu, voudraient disparaitrent "dans un trou" et surtout vous ne devez pas insistez.
Chez une génération de personnes, la bonne éducation cache quelquefois une timidité qu'on découvre quand on les connait davantage.
Le comportement d'une personne peut-elle changer par rapport à des circonstances extérieures?
Par autresrimes le Jeudi 2 septembre 2010 à 10:38
bonjour Jean-pierre
un coucou en passant en vennat lire la suite de tes articles sur "la timidité"
en ce 2 sept ,mon blog fête ses trois ans, que le temps passe vite.
bonne journée et A+ d' Emmanuel
Par le-grand-duduche le Jeudi 2 septembre 2010 à 18:13
J'adore le coup du métro, ça doit être radical :)
Par maud96 le Vendredi 3 septembre 2010 à 13:47
Cette peur de la relation à autrui qu'est la timidité pourrait aisément être "diminuée" lors des interactions à l'école (tous les enseignants étrangers intervenant en France sont "surpris" du "silence" et peu de participation des élèves ou étudiants en France... Au Canada, l'enseignant invite souvent à parler face aux autres, car on est supposé avoir lu le cours AVANT d'entrer en amphi.
De plus, il y a aussi une "atmosphère sociale" : là où elle est marquée par la crainte, ou certains consignes de type :"ne parles jamais à des étrangers", je crois que l'enfant se sent très vite "enfermé" dans un réseau d'interdits vis-à-vis d'autrui...
Par little-slug le Jeudi 25 août 2011 à 20:57
Et bien, voilà qui pourrait aider bien des personnes ^^ Il est vrai que ce genre de méthodes peuvent aider les personnes timides... Passer devant le lycée alors qu'il y avait pleins de monde me demandait beaucoup d'efforts au début de la seconde... maintenant c'est un geste banal.
 

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