Samedi 4 avril 2009 à 8:38

Eveil, sommeil, rêves

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    Mes articles sur l’effet du sommeil sur la mémoire m’ont valu des questions sur les effets du manque de sommeil d’autant plus qu’alixxxounette a traité une partie du sujet dans un commentaire :
“...Le sommeil a aussi des vertus de réparation non négligeables, et pour cause, si on empêchait quelqu'un de dormir, on verrait bien sûr de l'irritation, des comportements antisociaux, agressions physiques, sexuelles, des troubles du langage conséquent, mais aussi, et ça les scientifiques s'y attendaient peut-être moins, des lésions des différents tissus, des plaies qui se réinfectent et j'en passe. Dans tous les cas, l'état s'arrange au bout de seulement 6h de sommeil, et en cas de persistance de l'insomnie forcée, la mort est inévitable.
Et pourtant, on continue de jeter le haro sur le sommeil, cet affreux phénomène qui nous fait perdre 1/3 de notre vie..”


    Je vais donc faire deux articles sur ces effets, d’abord dans le premier, au niveau de nos organes et dans le second à un niveau plus général comportemental à court et long terme.
    Les progrès des méthodes d’analyses biochmiques ont en effet permis de nombreuses études sur les conséquences d’un manque de sommeil sur notre organisme.
    Il apparaît de plus en plus que le sommeil , non seulement par sa durée, mais aussi par sa qualité, participe de façon importante aux rythmes et aux taux des sécrétions hormonales et à la régulation du système nerveux autonome , et par là contribue à l’apparition des pathologies qui modifient notre espérance de vie comme le diabète , l’hypertension artérielle , l’obésité , l’altération de la mémoire,la dépression...et toutes les régulations cérébrales qui peuvent accélérer ou ralentir le vieillissement.

    On note des effets sur les neuromédiateurs du cerveau :
- le taux de dopamine diminue, donc les capacités d’apprentissage et le circuit de récompense est moins actif ce qui diminue la motivation et dégrade l’humeur.
- l’acétylcholine, qui augmente la conduction nerveuse, est essentielle pour la commande de tous nos muscles, et qui participe à la lutte contre le viellissement, voit son activité fortement diminuée.
- le GABA, qui est le neuromédiateur modérateur, participant à l’action régénératrice dans le cerveau et luttant contre le viellissement, a son activité restreinte et son action calmante est perturbée.
- la production de sérotonine est également perturbée et donc notre humeur.

    Les effets sur les hormones sont importants, car l’hypophyse que commande l’hypothalamus voit ses modes d’actions très influencés par le sommeil. Or l’hypothalamus par son intermédiaire commande d’une part le système nerveux autonome (orthosympathique et parasympathique) et d’autre part toutes les glandes hormonales du corps.
    Habituellement pendant le sommeil, le système sympathique activateur  est mis au ralenti, tandis que le parasympathioque qui a un rôle de freinage est activé. Des sécrétions d’hormones sont liées à cet équilibre qui est perturbé si la quantité de sommeil diminue.
    Les hormones sympathiques (adrénaline, noradrénaline, oestradiol, hormones thyroïdiennes ..) se trouvent en excès par rapport aux hormones parasympathiques (mélatonine progestérone, testostérone, hormone de croissance...) et cela va perturber le métabolisme, l’immunité, et la qualité de vie d’une manière générale.
    La mélatonine a un rôle anti-oxydant et protecteur dans lecerveau et le manque de sommeil qui réduit sa sécrétion, va diminuer mémoire, attention et tout le rôle prévisionnel du cortex préfrontal.
    Le taux de cortisol augmente surtout le matin, ce qui diminue à la longue, les défenses immunitaireset accélère le vieillissement et favorise l’obésité et le diabète.
    Les sécrétions nocturnes d’hormones thyroïdiennes diminuent avec le manque de sommeil d’où en général une fatigue grandissante.
    Le pic nocturne d’hormone de croissance est réduit en deux petits pic, ce qui modifie la tolérance au glucose. et prédispose au diabète car  l’aptitude de l’organisme à métaboliser le glucose est diminuée; elle peut chûter de 40% chez les gens dormant moins de 6 heures par nuit, ce qui conduit à des symptômes correspondant aux premiers stades du diabète..
   
    Les effets sur l’appétit sont importants.
    Alimentation et sommeil sont intriqués ; chez l’animal , la faim fait dormir moins. Inversement s’il est totalement privé de sommeil , la quantité de nourriture augmente. Des études récentes chez l’homme ont montré que la régulation de l’appétit est influencée par la durée du sommeil. La leptine , hormone de la satiété , relachée par les cellules graisseuses indiquant la satiété au cerveau , a son taux profondément diminué par le manque de sommeil , surtout le taux nocturne.
    Le manque de sommeil favorise l’obésité et tout régime amaigrissant demande une quantité de sommeil suffisante ( ce qui est contraire à l’opinion populaire !)

    On constate également une diminution de la dépense énergétique qui semble due en grande partie à la diminution de dopamine et d’acétylcholine.
Les personnes privées de sommeil sont moins susceptibles d’être physiquement actives, ce qui se traduit par une moins grande dépense énergétique.
Considérées dans leur ensemble, l’augmentation de la faim et de l’appétence et la diminution de l’activité soulignent le rôle du sommeil dans la régulation du poids. Le manque de sommeil engendre l’augmentation de poids.

    Nous voyons donc en définitive que le manque de sommeil engendre la fatigue, favorise l’hypertension, le diabète et l’obésité, diminue les défenses immunitaires, dégrade la motivation, l’attention et la mémoire ainsi que le fonctionnement rationnel de prise de décisions, et en définitive accélère le vieillissement.
   
Demain nous examinerons ces effets au niveau macroscopique sur notre comportement.
Par jazz le Samedi 4 avril 2009 à 22:19
bonsoir Jean-pierre

eh oui bien gerer son temps de sommeil est important
te souhaitant un bon dimanche
après le groupe "lunasa" musique irlandaise j'ai posté ce soir un nouvel artcle à découvrir les musicens du groupe "torkad"y'a du celtic--- de la Bretagne et autres horizons en ce groupe

A+ de Emmanuel
Par Simon Patry le Mercredi 27 mars 2013 à 16:57
On peut lire ici que le taux de dopamine augmente avec le manque de sommeil. Vous dites le contraire ci-haut. Pourquoi? J'imagine qu'il y a une nuance que je n'ai pas saisi puisse que cette étude est parue en 2008 soit avant la parution de votre article.

http://www.larecherche.fr/actualite/cerveau/sommeil-dopamine-01-10-2008-72222
Par lancien le Vendredi 29 mars 2013 à 10:15
Cet article est assez ancien et je n'ai plus en mémoire les lectures auxquelles je me référais. il y avait des cours de neurobiologie et des articles que je vais essayer de rechercher.
J'ai consulté l'adresse que vous me donnez. Je pense que ce n'est pas contradictoire, car je parlais d'effets d'un manque de sommeil chronique, alors que l'étude de La Recherche parle d'un manque de sommeil occasionnel d'une nuit, après par exemple une fête. Le plaisir et l'excitation de la fête provoquent alors une augmentation de la dopamine (réactions des centres du plaisir) et de l'adrénaline, contrairement à un manque chronique.
Je vais essayer de trouver la communication complète du journal of neurosciences pour vérifier.
Par lancien le Vendredi 29 mars 2013 à 10:27
Je viens de lire l'article que vous citez de Nora Volkow et coll. Il est très complet et je n'ai pas tout compris car l'étude de chimie biologique est extrêmement détaillée. Mais il est certain que les essais ne concernaient qu'une nuit de privation de sommeil, et l'élévation de dopamine est considérée comme une réaction du cerveau pour provoquer une certaine excitation et lutter contre l'envie de dormir. L'auteur dit que cette élévation ne suffit pas à enrayer les troubles sont ensuite provoqués par la veille.
L'étude semble avoir pour but de comprendre l'action de cette insomnie en vue de la mise au point de médicaments. L'équipe a en particulier étudié l'effet de la veille sur des récepteurs de produits analogues à la cocaïne présents dans le putamen et le noyau caudé.
 

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