Vendredi 16 mai 2014 à 15:14

Biologie, santé.

 Revenons aux antibiotiques.
    Comment agissent ils sur les bactéries ?

    Les antibiotiques réduisent ou empêchent la réplication et la multiplication des bactéries, voire les détruisent.
    Les lieux d’action sont essentiellement la paroi et le cytoplasme, et il y a 5 modes principaux d’action.


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     1) - Inhibition de la synthèse du peptidoglycane
    Nous l’avons vu hier, les parois épaisses sont surtout constituées de peptidoglycane. Cette molécule est synthétisée à partir des informations de l’ARN messager dans les ribosomes.
    Des antibiotiques tels que le chloramphénicol ou les tétracyclines, s’attachent à l’un des codons de l’ARN et empêchent ainsi cette synthèse.
    D’autres antibiotiques se combinent avec des intermédiaires chimiques de la synthèse ou agissent sur les enzymes qui interviennent dans cette synthèse.

    2) - Altération de la paroi
    Les polymyxines détruisent la membrane cytoplasmique qui entoure le cytoplasme et à une structure de graisse, comme le ferait un détergent. La paroi devient alors perméable et les composés cellulaires la traversent, d’où la mort de la bactérie

    3) - Action sur la synthèse de protéines essentielles à la bactérie
    Le mécanisme est analogue à celui décrit en 1, mais intervient sur d’autres protéines que le peptidoglycane.

    4) - Action sur la synthèse des acides nucléiques
    Les quinolones et la rifamycine agissent en provoquant des coupures dans les molécules d’ADN ou d4ARN et introduisent ainsi des erreurs dans la réplication, qui entraînent la mort de la bactérie fille.

    5) - Action sur le métabolisme.
    L’antibiotique agit dans le cytoplasme sur la synthèse de molécules indispensables à la vie de la bactérie.

    L’acquisition de la résistance d’une bactérie aux antibiotiques est un phénomène de modification génétique par modification ou acquisition de gènes différents. Le plus souvent ce n’est pas leur ADN cytoplasmique qui est modifié, mais celui contenu dans les plasmides, et les bactéries peuvent même écnager leurs ADN, conférant à d’autres cette résistance.

    On recense quatre principaux mécanismes :

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    1) - Imperméabilité à l’entrée de l’antibiotique :

     Nous avons vu que dans les bactéries à gram négatif, ayant une paroi fine, il existait des « porines », canaux aqueux ou hydrophiles constitués de trois molécules de protéinesqui laissent diffuser diverses molécules de faible masse moléculaire comme des substrats ou encore des antibiotiques. Le dysfonctionnement ou la perte de l'une d’entre elles peut entraîner une imperméabilité et donc une résistance à l’antibiotique qui ne peut pénétrer dans la bactérie.


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    2) - Extrusion de l’antibiotique hors de la bactérie
    L’antibiotique est renvoyé à l’extérieur au travers de la porine ou des analogues spécifiques et ne pourra d’atteindre sa cible.
    C’est une sorte de « pompage » hors de la bactérie,sorte de défense naturelle pour préserver le milieu cytoplasmique.
    La pompe est une grosse protéine, localisée dans l’épaisseur de la membrane,cytoplasmique assurant la reconnaissance, le fixation et le,transport de substrats proches par leur structure et qui comporte 4, 12 ou 14 segments peptidiques hydrophobes transmembranaires reliés entre eux par des boucles hydrophiles extramembranaires.


     
http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/ntibio2.jpg     3) - Inactivation de l’antibiotique
     La bactérie sécrète des enzymes qui empêchent l’antibiotique d’agir en le modifiant.
    Une fraction importante des antibiotiques connus sont en effet des composés naturels produits par des micro-organismes.
    La sécrétion d'antibiotiques (contre laquelle la bactérie doit donc résister) est même une stratégie développée par certaines bactéries pour éliminer leurs compétitrices de leur environnement. Ces bactéries productrices d'antibiotiques ont développé plusieurs enzymes leur permettant de résister à la molécule qu'elles produisent, afin de ne pas en être elles-mêmes les victimes : ces micro-organismes fabriquent en même temps le poison et l'antidote. Par transfert entre bactéries, les gènes codant ces enzymes de résistance peuvent se propager et transmettre la capacité de résistance à d'autres espèces, ce qui est observé dans l'environnement.

    4) - Modification génétique qui change la cible de l’antibiotique
    Chaque antibiotique agit en se fixant sur une cible précise dans la cellule : paroi, ribosome, cytoplasme… La présence d'une modification consécutive à une mutation modifie le site de fixation et empêche ainsi la liaison de l'antibiotique.
    L’action peut aussi se faire par une voie non génétique : une enzyme spécifique effectue une modification chimique covalente de la cible, par exemple une méthylation, ce qui inhibe la fixation de l'antibiotique, comme dans le cas précédent, mais sans qu'il y ait altération du génome.

  L’utilisation irraisonnée des antibiotiques a conduit des bactéries de plus en plus résistantes. 

   La France est le pays européen où la prescription d’antibiotiques est la plus importante.
   Il est essentiel de bien prescrire les antibiotiques pour éviter l’augmentation de la résistance : antibiotiques adaptés, (pas d’antibiotiques pour des maladies virales), posologie adéquate, délivrance de médicaments correspondant à la durée prescrite, pas d’automédication.

   Mais par ailleurs l’utilisation des antibiotiques à des fins autres que les soins médicaux devrait être interdite. A force de donner des antibiotiques à des animaux d’élevage pour les faire s’engraisser plus vite, on favorise la création de la résistance des bactéries.
   Quatre-vingts gènes de bactéries résistants aux antibiotiques ont été identifiés dans des échantillons de litière contenant des déjections de vaches. Ces résistances pourraient être transmises par des produits agricoles, notamment les légumes verts comme les salades ou les épinards. Certains de ces nouveaux gènes sont aussi présents dans la bactérie Escherichia coli, qui fait partie de la flore intestinale régulièrement mise en cause lors de graves intoxications alimentaires.
   Le fumier présente un réel danger pour l'homme, et mieux vaudrait par précaution limiter son utilisation. Selon l'état des fumiers, cet amendement représente plus de risques sanitaires qu'un engrais minéral stabilisé, utilisé en petite quantité. La filière bio, qui utilise souvent des amendements organique, ne serait donc pas exempte d’inconvénients.



   
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