Vendredi 5 décembre 2008 à 9:19

Tristesse, désespoir

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   Mon article “qui me tendra la main” a soulevé quelques remarques inattendues, (deux commentaires et une dizaine de mails), de lecteurs qui ont été choqués par le fait que je stigmatisais l’égoïsme et l’indifférence de ceux qui sont témoins du malheur des autres.
    Certains trouvent cette attitude normale, mais regrettent qu’il en soit ainsi. D’autres considèrent que l’on a suffisamment de problèmes soi-même sans s’occuper de ceux des autres.
    Enfin certains d’entre vous minimisent ces problèmes.
    Ils admettent qu’il y ait quelques cas sérieux (agression, accident...), mais qu’en dehors de cela on ne devrait pas être stressé.
    Ils considèrent que “...si on ne voulait pas avoir de chagrin d’amour il n’y avait qu’à ne pas s’amouracher de n’importe qui...”, qu’un “chagrin d’amourette n’était pas bien grave et que cela ne valait pas la peine d’en faire tout un cirque...”.
    Et surtout ils pensent que la plupart des jeunes qui sont tristes et malheureux, soit simulent cette douleur pour se rendre intéressant et parce que c’est à la mode, soit sont masochistes et manquent de volonté, car ils n’ont aucune raison valable d’être ainsi désespérés.


    Certes j’ai souvent déploré que mes “guenons” se sentent attirées trop facilement par un garçpn sans le connaître, et en croyant au grand amour. Mais le chagrin est cependant très présent lors de la rupture.
    J’ai dit aussi que j’étais parfois face à des cas sérieux où le traumatisme était tel que la pente set difficile à remonter, ce qui ne veut pas dire qu’on n’y arrive pas avec de la volonté et du temps.
    Mais aujourd’hui je voudrais revenir sur la troisième catégorie qui “n’a aucune raison d’être triste”. et qui l’est cependant.
    Je voudrais parler de celles qui sont vraiment tristes, qui ont parfois une souffrance telle qu’elles pensent à la mort ou se scarifient, mais ne savent pas bien pourquoi elles sont ainsi, car elles n’ont pas un problème majeur grave.


    Celles qui se sont adressées à moi ne simulaient pas, elles souffraient réellement, mais au départ ne savaient pas bien pourquoi, et cela les préoccupe encore plus, car comment lutter contre quelque chose de mystérieux qu’on ne comprend pas.

    Alors je vais essayer de trouver avec elles ces raisons, mais pas à la manière d’un psy (dont je n’ai pas les connaissances), qui essaie de faire parler son patient, explique souvent peu, et se réfère à ses théories sur les complexes, l'enfance ou la libido, (plus ou moins vraies d’ailleurs), lesquelles traitent rarement de toutes ces causes qui sont petites et terre à terre, mais bien réelles.
    Je ne suis qu’un ingénieur de formation scientifique, et, à partir de ce que me disent mes “chiens perdus sans collier”, je vais essayer de comprendre leurs problèmes simplement, de façon logique avec du bon sens, de leur expliquer ce que je crois et de voir avec elles si ces hypothèses sont vraisemblables.
    On peut ainsi avancer peu à peu et souvent identifier certains des problèmes, et ensuite essayer d’y remédier.

    Il n’y a pas des raisons “importantes” à cette tristesse (peines de coeur, agression, mésentente avec les parents ...).
    Pour mes “chiens perdus sans collier”, c’est en général une multitude de raisons qui interviennent, raisons en apparence peu importantes, (et c’est pour cela qu’on les connait mal), mais qui, toutes ensemble, représentent un poids certain et peuvent engendrer une réelle souffrance, que l’on a trop tendance à négliger.


    Les confidences de mes correspondantes leur appartenant, je ne peux donner d’exemple détaillé et je m’en tiendrai à des généralités :

        D’abord les problèmes de tout jeune avec la contradiction entre l’envie d’être plus indépendant, et notamment de sortir du cocon familial, et la peur de ne plus être protégé, de ne pas s’en sortit seul, l’envie de rester encore enfant.

    Contradiction entre le besoin d’être aimé, protégé, encouragé, aidé et la non acceptation des contraintes correspondantes, notamment familiales (manque de liberté, surveillance et autorité des parents).
    Il en résulte des conflits divers avec les parents, (surtout si l’un des deux n’est pas le vrai père ou la vraie mère dans une famille recomposée) ou avec les frères et soeurs (et surtout les demi-frères et demi-soeurs).

    Ensuite il y a souvent ce que j’appelle des mini-peines de coeur. L’adolescence est un âge où l’on attache beaucoup d’importance aux copains, aux amourettes et des ruptures, dans lesquelles quelqu’un auquel on se croit attaché vous quitte ou vous ignore, sans que ce soit un véritable chagrin d’amour, peut affecter la sérénité de la vie d’un jeune au point de le déstabiliser. Pas forcément des peines d’amour, ce peut être un ou une amie qu s’éloigne de vous.
    Parmi ces camarades, il y a évidemment les copains et copines de classe.

    Une raison qui peut aussi miner un jeune, ce sont les difficultés scolaires, quand le jeune ne rencontre pas une aide suffisante pour s’en tirer et souffre des critiques de ses parents et de ses profs et de l’opinion de ses camarades de lycée ou collège.

    Un des gros problèmes très général chez beaucoup de jeunes, c’est le manque de confiance en soi, qui empêche de croire qu’on va y arriver, qui enlève la motivation.
    Dans de nombreux cas, il a suffit que après d’assez longues discussions, ma correspndante reprenne confiance en elle pour que tout soit peu à peu réglé, parec qu’ensuite, elle a le courage et la motivation pour s’en sortir.
    Pour être bien il faut croire en soi et que les autres croient aussi en vous.

       Enfin une des plaies de notre monde actuel, notamment chez les jeunes, c’est l’importance exagérée qu’on accorde à l’opinion d’autrui et notamment  pour toutes sortes de choses souvent peu importantes.
     Il en résulte une certaine “jalousie” de tout ce que possède le copain ou la copine, et que l’on n’a pas, que ce soit des vêtements, des bijoux, des moyens audiovisuels, des livres, les vacances etc......
    Ceci n’existait pas dans ma jeunesse car au lendemain de la guerre, on n’avait rien et finalement on était paradoxalement plus heureux !!

    Tout cela n’est pas exhaustif; chaque cas est un cas particulier en raison de la personnalité des gens et de la spécificité de leur environnement.
    Mais, contrairement à ce que me disaient mes lecteurs, je constate que souvent l’accumulation de ces causes assez peu importantes, peut engendrer une préoccupation considérable qui peut mener jusqu’à la dépression.
   
    En fait ces causes ne sont pas les seules responsables. Le comportement du jeune face à cette adversité est également très important et j’aborderai cela dans mon prochain article.
   

Par Immaturation le Vendredi 5 décembre 2008 à 9:58
Les jeunes de maintenant sont matérialiste. Moi, tant que j'ai mon pc pour regarder les infos, et mon pass navigo pour aller au boulot, je ne demande rien d'autre, et essayes de vivre le mieux possible avec le moins de chose.

N'empeche, tes articles sont très bien écris.
Tu as fait de la psychologie, ou bien?
Par Immaturation le Vendredi 5 décembre 2008 à 11:36
ce qui me donne quand même la force de continuer, c'est de voir ma mère dégoutée que j'arrive à vivre sans elle, et sans son fric qui sent mauvais.
J'ai peut être fait le mauvais choix, en partant un peu trop jeune, sans vraiment connaitre la vie de grand, mais la ou je suis actuellement, je m'y sent bien, malgré les difficultés à payer la bouffe tous les mois. Il faut toujours persévérer, sinon, la vie ne sert pas a grand chose...

En tout cas, merci pour tes commentaires.
échanger quelques phrase avec quelqu'un qui 'na pas 13 ans, ça fait du bien.
Par *Elodie* le Vendredi 5 décembre 2008 à 14:28
Il y a aussi les raisons dont on est "semi-conscient". Je veux dire...on sait qu'il y a un problème, mais pour se protéger de la douleur, on préfère le minimiser, le nier, on finit par se persuader que ce n'est pas si grave, qu'on s'en moque, qu'il y a bien pire comme situation. Sauf qu'on ne peut pas se mentir complètement, l'inconscient ressent bien le problème, lui, et ce problème s'exprime, d'une facon ou d'une autre: mal-être vague, scarification (pour que la douleur physique surpasse la douleur morale), dépendance et fuite (à travers l'alcool, la drogue, les troubles du comportement alimentaire, etc.)
Le problème est d'autant plus difficile à résoudre qu'on ne veut/peut voir son origine, puisqu'on est parvenu à si bien se mentir et à le minimiser. Si on tente un travail thérapeutique, on pourra ainsi évoquer de nombreuses fois le sujet sensible tout en passant à côté...jusqu'au jour où, allez savoir pourquoi (parce qu'on a suffisamment progressé intérieurement pour cesser de fuir enfin?!), cela apparaît comme une évidence!

(exemple concret: il y a définitivement des problèmes de communication et de relation dans ma famille. Pendant très longtemps, j'ai pensé que c'était la norme, que ce n'était pas si grave et que finalement je m'en moquais, et que ce n'était pas là qu'il fallait que je cherche la raison de mes problèmes...ce n'est que dernièrement que j'ai pris conscience que ce schéma familial se répétait, et surtout, que cette situation ne me rend pas si indifférente que cela...il n'y a décidément pas plus aveugle que celui qui ne veut rien voir! >_<)
Par LateLament le Vendredi 5 décembre 2008 à 14:36
Pas sûr que l'article en question soit toujours "correct" depuis la mise en place de la v3. Je n'ai pas encore eu le temps de l'adapter. En tout cas merci d'apprécier.
Si j'arrête de poster ce type d'article, mon blog n'a plus aucun intérêt :)
Le blog "spécial" que tu évoques existe déjà : http://sakatruc.cowblog.fr (lui aussi commence à s'adapter à la v3).
 

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