Mercredi 7 février 2018 à 12:19

Eveil, sommeil, rêves

    Dans le précédent article, nous avons vus divers état de conscience et d’inconscience, et une hypothèse de fonctionnement du cerveau.
    Celle-ci supposait que de nombreux centres spécialisés traitaient et élaboraient des informations particulière de façon inconsciente, et il n’y aurait conscience que lorsqu’un autre réseau de neurones interconnectés, prendraient en charge toute ces informations pour en faire une synthèse, une information d’état, qui est ensuite diffusée à tous les centres du cerveau qui peuvent s’en servir, pour l’interpréter, la transformer, et éventuellement déclencher des actions.
    Il n’y a pas conscience s’il n’y a pas diffusion de l’information dans le cerveau. On peut donc penser qu’on pourrait mesure la conscience, si on peut mesurer la connectivité dans le cerveau.

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    Depuis 1920 on enregistre les signaux neuronaux sous formes de tracés particuliers : des électro-encéphalogrammes.
    On peut ainsi différencier l’éveil du sommeil, le sommeil profond du sommeil paradoxal, diverses activités du cerveau et « l’encéphalogramme plat », lorsqu’il n’y a plus de signaux électriques, diagnostic de mort cérébrale, le corps pouvant continuer à vivre s’il est assisté par un mécanisme permettant au cœur et aux poumons de fonctionner.
    Le nombre d’électrodes placées sur le crâne était limité, et il fallait raser celui-ci pour mettre sur la peau, sous l’électrode, un gel conducteur. les signaux étaient évidemment fortement amplifiés.
    On dispose aujourd’hui d’électrodes sèches et plus sensibles, que l’on peut mettre en grand nombre (256) sur un casque  et d’instruments informatiques performants d’analyse, après amplification.
    Cela permet de différencier le fonctionnement de divers centres dans le cerveau.


    Steve Laureys du CHU de Liège a mis au point un système de mesure de la diffusion des informations dans le cerveau (appelé ZIP-ZAP), et Sylvia Cazarotto de l’Université de Milan, l’a utilisé pour tester 150 sujets, dont 48 étaient atteints de lésions cérébrales.
    La mesure consiste à stimuler le cerveau par une impulsion magnétique, (le ZAP), qui produit dans les neurones corticaux qui y sont soumis un bref courant électrique. Cet influx entraine la réponse d’autres neurones et l’information se propage plus ou moins dans tout le cerveau, dans des centres qui pourraient l’utiliser, puis s’arrête.
    Un électro-encéphalogramme haute densité est enregistré. On répète plusieurs centaines de fois l’excitation d’un centre donné, et on excite divers centres du cortex. On suit donc la complexité du traitement d’information du cerveau, que l’on traite par un algorithme mathématique (le ZIP).
Ce traitement aboutit à un chiffre le PCI (perturbational complexity index), qui est censé représenter la complexité du traitement cérébral d’une série d’informations.
    Lorsque l’activité corticale est supprimée, le PCI est voisin de 0 et lorsqu’elle est maximale le PCI est voisin de 1.

    Les résultats des 150 patients testés sont représentés ci-dessous : on constate que les patients inconscients ont un PCI inférieur à 0,31
    (Nota, la kétamine n’est pas un anesthésiant profond : il déconnecte l’esprit du monde extérieur, mais n’altère pas la conscience; à faible dose c’est une drogue hallucinogène).
http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/pvass2018012712225677.jpg    Une autre expérience a été faite avec des patients dans le coma et donc qui étaient non répondants.
    Sur 43 personnes, 9 d’entre eux se sont révélés avoir un PCI peu élevé, mais supérieur à 0,31
     On peut penser que ces personnes pouvaient ressentir quelque chose, bien que ne pouvant communiquer avec l’extérieur.
    Cette méthode, très récente, soulève donc des questions non encore résolues concernant la conscience, et pourrait déboucher d’ici quelques années sur des outils de diagnostic.

    Je voudrais profiter de cet article pour compléter les articles  que j’avais faits sur le sommeil paradoxal et le rêve, qui étaient un peu compliqués.
    Dans notre vie, nous avons tous des soucis, des ennuis qui nous préoccupent et nous y pensons souvent, notamment quand nous sommes tranquilles avant de nous endormir. Pour certaines de ces préoccupations, nous ne voulons même pas trop y penser car cela est trop pénible, et elles sont refoulées dans notre inconscient.
    Avant de nous endormir, nous pouvons également penser à d’autres sujets non préoccupants.
    
Enfin toute la journée nous avons mémorisé à court terme des millions d’informations, dont la plupart sont inutiles, ou n’étaient utiles que quelques instants.
    Le cerveau, pendant le sommeil paradoxal, va faire du tri : il va éliminer tous les souvenirs conscients ou inconscients de la journée (ou des jours précédents) qui ne servent plus à rien (plus de 99%), puis il essaiera d'éliminer certains des souvenirs néfastes qui remontent, pour essayer de nous protéger : (mais il n'y arrivera pas toujours), puis au contraire, il renforcera les souvenirs qui paraissent utiles (y compris les connaissances et informations que nous avons mémorisées volontairement). Il éliminera aussi les souvenirs des pensées que nous avons eu avant de nous endormir, dans la mesure où nous n’avons rien trouvé de nouveau ou d’important.
    Pour faire cela le cerveau renvoie, sans que nous en soyons conscients, les sensations mémorisées correspondantes dans les centres d’interprétation des perceptions (la vision notamment), lesquels sont, pendant le sommeil, déconnectés presque complètement des organes des sens; les connexions entre les neurones correspondant aux souvenirs à éliminer sont supprimées, et au contraire celles des souvenirs que l’on veut renforcer, sont consolidées.
    Mais toutes ces perceptions « internes », images notamment, arrivent dans ces centres de façon aléatoire dans une succession qui ne correspond à aucun ordre, que ce soit chronologique ou sur un sujet ou événement donné.
    Si nous nous réveillons, ne serait ce que quelques secondes, le cortex préfrontal, qui était déconnecté des centres de perception, va tout à coup être conscient de cette succession aléatoire et illogique de perceptions; il croira qu’elles viennent de nos sens et donc du monde réel et il tentera de trouver des explications. Le souvenir de cet épisode est ce que nous appelons un rêve.
   Et évidemment le cortex a beau faire ce qu’il peut, le rêve est forcément incohérent, illogique et farfelu, même si le cortex a su lui donner une explication réaliste.
  Mais en dehors d’un réveil il n’y a pas de rêve, car tout est inconscient, le cortex préfrontal n’étant pas informé des traitements qu’effectuent les centres d’interprétation des perception pour traiter nos souvenirs.

Par jazz le Samedi 10 février 2018 à 11:31
un musical et poétique bonjour Jean-pierre
en passant par ici lire tes nouveaux articles
te souhaitant un bon w end
A+ du troubadour Emmanuel
 

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