Vendredi 28 juin 2013 à 8:11

Biologie, santé.

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J’ai lu un article qui , je l’avoue, m’a un peu fait dresser les cheveux sur la tête (du moins ceux que j’ai encore), bien qu’il s’agisse de médecine thérapeutique.
Je vais essayer de vous le résumer, mais ceux qui voudraient le lire complètement peuvent aller sur http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr (article de Pierre Barthélémy du 26 juin 2013), et vous pouvez même voir une séquence vidéo, que je ne conseille pas aux personnes impressionnables.
 
J’avais entendu parler d’une expérience américaine du chirurgien américain Robert White, qui, en 1970, a transplanté la tête d’un singe sur le corps décapité d’un autre singe. L’extraordinaire, c’est que le singe qui en résultait, vivait, mais les neurones de la moelle épinière ne s’étant pas raccordés correctement, il était complètement paralysé.
               Bien que Robert White ait prédit que la greffe d’un corps humain sur une tête humaine vivante serait possible au XXIème siècle, je pensais que ces recherches étaient abandonnées.
 
J’avais tort : un chirurgien italien, Sergio Canavero, a publié dans la revue "Surgical Neurology international" une étude, selon laquelle il serait possible de greffer un corps sur une tête, le cerveau étant le représentant de la personnalité et de l’identité.
Le receveur serait un malade dont le corps est atteint d’une maladie incurable. Il ne garderait que sa tête, qui évidemment doit être saine. Le donneur serait évidemment quelqu’un de décédé comme dans le cas des donneurs d’organes actuels : on lui emprunterait son corps en entier, qui doit être sain également.
Une première équipe chirurgicale dégage les muscles, la trachée, l’œsophage, les vaisseaux sanguins du receveur (en conservant la thyroïde), et refroidit le cerveau pour que son métabolisme soit presque arrêté et qu’il ne subisse pas de dégâts pendant le temps où il ne sera plus irrigué. Les chirurgiens appellent cela un « état de mort contrôlée » !!
            Une seconde équipe prépare le corps du donneur, puis les deux groupes de chirurgiens sectionnent simultanément les moelles épinières.Dans son étude, Sergio Canavero assure qu'une moelle épinière tranchée proprement par un instrument chirurgical peut se réparer assez aisément pourvu qu'on remette les deux sections en contact dans un mélange de deux polymères, (le polyéthylène glycol et le chitosane). Ces produits activeraient une sorte de fusion-réparation des cellules nerveuses endommagées, comme l'auraient montré des expériences réalisées sur des chiens et des cochons d'inde.
            On transfère alors la tête sur le corps en reconnectant les moelles épinières en utilisant les deux polymères, puis on rebranche les vaisseaux sanguins, et enfin, on recoud le reste du corps.
            Bien entendu il faudra un traitement antibiotique (infections) et un traitement anti-rejet – j(e ne sais pas trop qui rejetterait l’autre le corps ou la tête ?)! Il paraît qu’un traitement psychologique sera souhaitable (vive les psys; je suppose qu'il s'adresseront à la tête).
 
            Le chirurgien italien dit tout de même qu’avant de pratiquer sur l’homme, il faudra s’entraîner sur des singes !!
            Il estime le coût d’une opération à 10 millions d’euros !
            A priori, le nouvel individu pourrait avoir des enfants, mais ceux ci seront de la descendance du « corps ».(son ADN).
            Il pense aussi que des règles éthiques devraient être étudiées (heureusement !).
 
            J’avoue que je ne suis pas, malgré mon grand âge, volontaire pour une telle opération. Je préfère encore mourir de mort naturelle.
            Je suis d’ailleurs étonné que dame nature se laisse faire aussi facilement et qu’il n’y ait pas conflit entre l’ADN du corps et celui de la tête.
            Il y aura peut être aussi des conflits entre les habitudes de la tête et celle de l’autre corps.
            Je comprends qu’on fasse de telles recherches thérapeutiques, mais cela me fait penser au docteur Faust. Que ne ferait on pas pour conserver sa jeunesse, ou pour qu’un génie ne meure pas ? Mais il y a aussi le clonage !
            Heureusement que la peine de mort a été abrogée sinon cela ferait un bon débouché pour les guillotinés, que l’on pourrait d’ailleurs faire revivre si l’on s’apercevait qu’ils étaient innocents !
            Et pourquoi ne pas greffer une tête de femme sur un corps d’homme ou vice-versa : le vrai changement de sexe.
            Dommage que l’émission de télé « la tête et les jambes » n’existe plus : cela aurait fait un excellent sujet de réflexion.
            Mais je ne crois pas que l’opération soit pour demain et on pourrait en attendant écrire bien des romans de sciences fiction et d’horreur : voilà un sujet que je propose à certaines de mes correspondantes, qui s’essayent dans ce domaine.
 
Par contre je trouve très intéressant le procédé de connexion de la moelle (si cela fonctionne), car ce serait peut être une perspective extraordinaire pour les tétraplégiques.
Par maud96 le Vendredi 28 juin 2013 à 10:56
J'ai préféré recourir à la source en anglais du blog du Monde, sur "Surgical Neurology International", où l'on peut charger l'article en PDF : http://www.surgicalneurologyint.com/temp/SurgNeurolInt42335-1129088_030810.pdf. L'article auquel se réfère le blog du monde date de 2010... donc déjà ancien.
Celà m'a amusée de lire cette description (très technique) de l'opération réalisée en 1970 par l'équipe de Robert White, avec un relatif succès, greffe d'une tête de singe rhésus sur un corps de même espèce (le singe a "survécu" 8 jours...). Ils ont "réfrigéré" le corps greffon à - de 30° (j'ai été pour ma part "refroidie" à 33° pendant 76 minutes lors de ma "greffe" aortique à l'âge de 16 ans) et tête "greffon" à -20° en "injectant" directement dans le cerveau du singe des liquides réfrigérants (dessins très explicites du doc PDF) pendant 1 heure... et réussis à "ranimer" l'activité cérébrale (EEG) après. Ce qui était un exploit.. Le "raccord" au niveau de la moelle épinière ne pouvait se faire à l'époque.
La nouveauté d'aujourd'hui (promue par la clinique Gemini de Rome) est justement qu'on pourrait réussir à "faire" ce raccord de la transmission nerveuse au niveau de la moelle avec une sorte de "colle biologique" qui permet le raccord "bout à bout" des faisceaux de nerf de la moelle... mais à condition d'opérer des "résections" au scalpel ultrafin. Il faut donc un corps décapité "en salle d'opération" et la tête idem... et encore, il n'est pas sûr que d'un corps à l'autre les nerfs soient de diamètre identique ni disposés de même manière...
Je vois mal quel malade acceptera d'être "décapité" de son vivant pour voir sa tête "recollée" à un corps (un malade vivant lui aussi mais déclaré en coma irréversible). Comme tu le dis bien, énormes problèmes déontologiques ou simplement risques d'échec dûs aux aléas de la conformation du tronc rachidien selon les individus...
Si depuis 1910 rien n'a été publié, c'est sûrement que des tentatives se font en secret... mais qu'elles ont toutes échoué ! Cet article d'un blog du Monde, bien présenté mais reposant sur des données déjà "datées" me semble surtout à faire rêver...
Par Dark-Riketz le Vendredi 28 juin 2013 à 16:41
J'ai juste une question de néophyte sur cette monstruosité, parce que pour ma part je ne suis pas du tout versé dans les sciences naturelles : est-ce que le corps ne meurt pas quand le cerveau est séparé du coeur ? Moi je trouve ça assez hallucinant qu'on puisse envisager (et réaliser) des opérations qui reviennent à coller une tête sur un corps façon Playmobil ou Lego...
Par MissPa le Lundi 1er juillet 2013 à 14:04
J'en ai entendu parler il y a quelques jours: C'est vrai que le vrai progrès, dans ces recherches, c'est pour les gens ayant eut des accidents les ayant rendus tétraplégiques ou autre... mais c'est bien plus vendeur pour les médias comme pour le type qui a fait la recherche de servir cette espèce de film d'horreur de greffe de corps...
Personnellement je trouve ça juste contre-nature. Je ne suis pas contre les greffe d'organes et autre, mais là il s'agit d'un corps entier, et si j'accepterais qu'on prenne mes organes si je décédais d'un accident, je ne voudrais sûrement pas qu'on se permette de voler mon corps entier, parce que là c'est presque comme voler une partie de mon identité. Même si on fait surtout attention au visage de quelqu'un, le corps, c'est quand même à peu près 90% de notre organisme, non?
 

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