Dimanche 22 mars 2009 à 11:22

Tristesse, désespoir

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    Mon article sur la “rumination” m’a valu plusieurs commentaires et mails intéressants et j’ai sélectionné quelques questions qui montrent que, ne voulant pas faire un article trop long, je n’avais pas été assez clair et j’avais éludé certains points importants.
Voici donc ces questions ou avis :

“...Je n'ai pas tout à fait compris le passage qui explique que les pensées ont tendance à prendre l'état émotionnel comme démonstration de l'existence d'un problème. Parce que l'état émotionnel est bien là, du fait d'un affect extérieur (exemple : il pleut, je suis morose). Et alors du fait, la rumination tendrait à expliquer cette morosité par un problème qui n'en était pas un ? ...”

    Je n’ai pas assez précisé au début de mon article que ce que je vise, ce n’est pas de penser à ses problèmes, et d’y réfléchir, ce qui est normal et bénéfique, mais c’est lorsque cela devient obsessionnel et que l’on y pense sans cesse en ne pensant qu’au coté négatif sans réfléchir au moyen d’en sortir, aux solutions. C’est cela que Christophe André appelle “rumination”.

    Dans ce processus où les pensées tournent en rond dans le cerveau émotionnel, le cortex frontal qui réfléchit est presque écarté du processus et on ne réfléchit plus assez. On confond donc causes et effets : on croit que si on a peur c’est parce qu’il y a un danger même s’il n’y en a pas et que l’on a peur d’autre chose; on croit que si on est triste c’est que l’on nage dans le malheur, sans chercher la raison précise de sa tristesse.
    L’exemple que tu donnes est de nature un peu différente, mais il est bon : la pluie peut faire que tu t’ennuie ou aggraver la morosité si tu étais très triste, mais jamais la pluie ne causera une grande tristesse permanent, une “rumination”.
C’est cette tristesse obsessionnelle qui fera croire que la pluie en est la cause au lieu de réfléchir aux vraies causes et aux moyens de s’en sortir.
    Est ce plus clair ainsi?

Suite de la question :

“ ... La question que je me pose c'est si c'est si bien que ça de lutter contre la rumination. Car si les pensées tournent en rond, et étant donné le besoin inné de l'Homme de donner des causes à tout, la rumination n'est-elle pas un moyen de lutter contre une submergence d'émotions troublantes qui n'auraient plus aucun sens, et ne pourraient plus être gérées ? Finalement, la rumination serait un mécanisme de défense, et comme tout ce ne serait vraiment que dans l'excès pathologique qu'elle serait vraiment néfaste...”

    Ce que tu dis est sensé mais il y a un problème de vocabulaire que j’avais insuffisamment précisé et que j’ai reformulé ci-dessus en gras.
    La “rumination” où l’on ressasse l’aspect néfaste des problèmes sans penser aux solutions, mais en s’enfonçant dans la tristese est nuisible et il faut lutter contre mais par contre c’est tout aussi nuisible de se cacher ses problèmes et de s’enfermer dans un univers iréel où ils n’existent plus.
    En agissant ainsi, nous ne faisons que fuir nos états d'âme au lieu de les accueillir et de les examiner.

    Je pense que tu as raison, la “rumination” ce n’est que l’excès et le mécanisme de sauvegarde, de défense est plus raisonnable.
    C’est se poser les questions : “Que se passe-t-fl en moi? Qu'est-ce qui ne va pas ? Pourquoi cet inconfort ? Que dois-je accepter et que puis-je changer ? “
    Puis nous verrions si les états d'âme désagréables reviennent, car peut-être le travail d'introspection et de réflexion reste-t-fl à approfondir.
    Il faut prendre le temps d'y réfléchir vraiment, maintenant ou plus tard, avec l'esprit clair.

    Les thérapeutes recommandent d'ailleurs de prendre l'habitude de se poser ces questions plusieurs fois dans la journée, de prendre la température de ses propres états d'âme aussi régulièrement que possible.
    Sans cette « gymnastique douce de l'esprit », comme certains l’appellent, nous risquons de naviguer en permanence entre deux écueils: nous noyer dans nos états d'âme (la rumination) ou refuser de nous y pencher (la fuite, qui est ici une fuite de soi).
    Comme toujours, la voie à suivre est celle du milieu: une introspection tranquille, mais consciente de ses limites.

    Dans les prochains jours il faudra que je revienne sur d’autres questions concernant le monde irréel dans lequel certains s’enferment.

Par alixxxounette le Mardi 31 mars 2009 à 11:33
merci pour tes éclaircissements ! Il y avait effectivement quelques écueils de vocabulaire. Nous sommes bien d'accord donc sur le coté néfaste de l'excès de rumination ; de toute façon, tout excès est néfaste. Dans notre cas présent, un excès de rumination comme un "excès de non-rumination" (mal formulé, mais l'idée y est, c'est la fuite, tu l'expliques bien).
 

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