Dimanche 9 novembre 2014 à 7:58

Vue, ouïe, toucher...

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      Dans les articles que j’ai faits sur l’interprétation de la vision par le cerveau, je n’ai pas parlé d’une étude très récente de l’équipe de Carole Peryrin, du laboratoire de neurocognition de Grenoble, avec la collaboration de l’hôpital parisien Rothschild, qui reçoit des patients atteints de lésions cérébrales occipitales entraînant des anomalies de la vison, et notamment des lésions d’un seul hémisphère qui ne devraient , en principe occasionner que des anomalies de la vison du coté opposé (les nerfs optiques se croisant dans le chiasma optique, de telle sorte que le cerveau gauche interprète ce que voit l’œil droit et vice-versa..
    On pensait jusqu’à présent que l’interprétation visuelle au niveau des aires I et II était symétrique et donc que les défaut de vison d’un œil n’altéraient que la scène vue par cet œil et non l’interprétation globale de la vision.
    Mais il semble que la réalité soit différente.

    Déjà, des études sur animaux avaient montré que certaines cellules rétiniennes sont spécialisées dans la perception des formes globales d’une scène, et d'autres dans la perception des détails, mais que toutes ces informations sont ensuite transmises aux deux hémisphères cérébraux, et on pensait qu'elles y subissaient le même traitement.
    L’examen de personnes présentant des lésions dans un hémisphère semblaient contredire cet idée.
    Les chercheurs ont demandé à une vingtaine de personnes saines, tandis qu’on examinait en IRM leur cortex visuel,  d’examiner des images, préalablement traitées : certaines ne présentaient que les grandes formes d'une scène visuelle : parties claires ou sombres, les grandes lignes, les différents plans et leurs orientations, alors que, dans d’autres, les grandes formes étaient atténuées et les détails intensifiés.
    Carole Peyrin a montré que les images globales excitent nettement plus les aires visuelles primaires de I'hémisphère droit, (donc vues par l’’œil gauche, et les images détaillées celles de l'hémisphère gauche (vues par l’œil droit).

    C’est important sur le plan thérapeutique, car jusqu’à présent les techniques de rééducation étaient les mêmes pour les deux yeux, alors qu’il faudrait peut être les différencier.
    La lecture de cette étude m’a amusée, car j’avais une tante qui était peintre et, quand elle faisait un tableau, elle fermait alternativement l’œil gauche puis l’œil droit, et l’on se moquait d’elle.
    Elle nous disait que c’était pour voir l’ensemble, puis les détails; nous ne la croyions pas et nous nous moquions d’elle. Nous avions tort, cette étude en donne la preuve. Excusez nous, ma tante, vous n’êtes malheureusement plus là pour me lire.
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