Vendredi 27 mars 2015 à 7:12

Notre cerveau : intelligence; langage

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    Nous avons vu avant hier ce qu’étaient les huit « intelligences » selon Howard Gardner. Je voudrais parler aujourd’hui de leur localisation cérébrale.
    En fait quand on entreprend une action, de nombreuses aires sont sollicitées dans le cerveau, car son fonctionnement est extrêmement complexe, et l’action de certains centres implique celle d’autres centres au moins temporairement.
    Cependant on peut mettre en lumière, par l’IRM, une participation plus grande de certains groupes de neurones; je vais traiter aujourd’hui, quatre d’entre elles.

    L’intelligence logico-mathématique :

    Les calculs mathématiques impliquent en général le cortex préfrontal qui les dirige, les centres du langage et notamment le centre de Broca, la mémoire à long terme, et les mémoires tampons à court terme. Le cervelet peut être impliqué lorsqu’on fait un calcul presque automatiquement selon une procédure apprise (par exemple une multiplication).
    Il semble qu’en ce qui concerne la mémoire, les nombres soient atteints comme les mots. Mais, dans les processus de calcul mental, des résultats intermédiaires sont stockés dans les mémoires tampons à court terme, qui n’ont qu’une capacité limitée (6 à 7 items au maximum), et une durée limitée (quelques minutes au plus). C’est poursquoi, malgré un certain entrainement les capacités des personnes sont limitées.
    On connaît quelques calculateurs prodiges; il semble que leur cerveau ait une conformation particulière qui leur permet de stocker de façon provisoire des calculs intermédiaires dans la mémoire épisodique qui sert habituellement à stocker les souvenirs et à y accéder rapidement via l’hippocampe.
    Les réflexions logiques de raisonnement impliquent surtout le cortex préfrontal, mais d’une part celui-ci fait appel à son expérience en consultant des « cas semblables » en mémoire, pour valider les conséquences des hypothèses faites. Mais il lui arrive aussi de demander au cerveau émotionnel quelles seraient les conséquences émotionnelles de certaines solutions envisagées.
    Enfin une zone particulière du cortex préfrontal recherche les erreurs et émet un signal si une donnée est contestable.

    - L’intelligence spatiale :

    Elle met évidemment en jeu le cerveau occipital, l’arrière du cerveau au dessus de la colonne vertébrale, où sont interprétés les signaux de la vision.
    La synthèse est effectuée notamment dans les centres « quoi » et « où », qui identifient les objets et les cartes spatiales
    La mémoire - et donc l’hippocampe - intervient pour rappeler les informations acquises et c’est le cortex-préfrontal qui les traite, en particulier pour faire par exemple tourner un objet dans l’espace (comme sur certains tests).
    La mémoire associative va rapprocher les diverses perceptions simultanées et successives, (images, sons, odeurs…), pour faire par exemple retrouver un itinéraire
    De plus nous possédons des « neurones grilles » qui s’activent quand nous suivons un itinéraire inconnu et font une cartographie de la zone parcourue en créant des amalgames de points.
    Le cortex pariétal intervient dans la partie somesthésique, qui remonte les sensations du corps, des muscles et donc notre position dans l’espace.
   
     - L’intelligence verbo-linguistique :

    Elle met en jeu les centres du langage, que je vous ai décrits à plusieurs reprises : Broca, Wernicke, dans l’hémisphère gauche, le centre de Geschwind qui rassemble la mémoire des mots, et des centres de l’hémisphère droit, qui analysent l’intonation et l’émotion associée.
    Mais l’utilisation de certains mots va amener l’hippocampe à chercher dans notre mémoire épisodique ou déclarative, notamment dans le temporal lorsqu’il est question d’actions (les verbes par exemple), des souvenirs qui s’y rapportent.
    Et dens l’aire de Geschwind, des groupes de neurones sont associés à des objets analoguies, par exemple les outils, les plantes ou les animaux.
    Et plus curieux les aires motrices du cerveau pariétal s’activent quand on évoque des noms qui évoquent des mouvement, comme des outils par exemple.
    Certains souvenirs très forts peuvent relier très fortement les neurones, qui n’ont plus besoin de l’intermédiaire de l’hippocampe pour communiquer. Par ailleurs certains souvenirs à forte charge émotionnelle, sont rappelés par les centres amygdaliens;
    Le cortex préfrontal dirige évidemment les opérations.
    Mais une lecture ou des phrases ont souvent une composante émotionnelle, et donc le cerveau émotionnel et notamment les centres amygdaliens peuvent aussi intervenir dans la conduite des opérations.
   
- L’intelligence musicale-rythmique :

    Elle met en jeu le centre d’interprétation auditif primaire qui analyse les sons, leur force, leur hauteur. Puis dans l’aire associative proche, les rythmes, les timbres, les airs et mélodies.
    Le tronc cérébral qui est le métronome du cerveau intervient car il est directement relié au centre auditif et au thalamus et il donne la possibilité de « battre la mesure ».
    L’hippocampe intervient pour mémoriser et rappeler les mélodies.
    Bien entendu, le cortex préfrontal est le chef d’orchestre.
    Mais une mélodie a souvent une composante émotionnelle, et donc le cerveau émotionnel et notamment les centres amygdaliens peuvent aussi intervenir dans la conduite des opérations.


    Je parlerai demain des 4 autres intelligences
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