Dimanche 18 décembre 2011 à 8:22

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

   Il est intéressant, lorsqu’on a saisi le schéma de nos diverses mémoires d’examiner comment elles réagissent entre elles, mais aussi comment les données emmagasinées se constituent.
    Je reprendrai donc le schéma de l’article d’hier sur les diverses sortes de mémoires.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/schemememoires.jpg

    Voyons d’abord comment des mémorisations vont alimenter les mémoires à long terme.
    Supposons par exemple le souvenir d’un accident d’auto dont j’ai été témoin et qui m’a marqué.
    Ma mémoire perceptive a d’abord enregistré un grand bruit, des cris et l’image d’une voiture qui sortait de la route.
    Ma mémoire sémantique a donné un sens à ces perceptions : “c’est un accident d’auto; il y a sans doute des blessés”.
    L’administrateur central demande à la mémoire sémantique par l’intermédiaire du relais de recherche, ce qu’il faut  faire; elle répond : appeler secours; les pompiers, le 18 ou le 112 sur le portable.
    L’administrateur fait stocker le numéro dans la boucle phonologique et appelle les mémoires procédurales, qui me font sortir mon portable et appuyer sur les touches 112.
    Pendant la conversation la boucle phonologique gardera en mémoire les phrases, le temps de les analyser et de répondre. L’adminitrateur qui réfléchit demandera à la mémoire sémantique et à la mémoire épisodique de lui dire le lieu exact de l’accident et le stockera dans le calepin visuospatial, le temps de donner l’information aux pompiers.
    Leur centre d’appel demande d’aller voir s’il semble y avoir des blessés sérieux. Ma mémoire épisodique le guide vers le lieu de l’accident. Ma vue voit des gens choqués, mais qui semblent vivants , une personne inanimée couverte de sang; c’est ma mémoire sémantique qui aide à interpréter ce que je vois et à définir avec l’administrateur ce que je vais décrire aux pompiers et que j’ai enregistré dans ma boucle phonologique et mon calepin.
    Et finalement, le souvenir à long terme qu’enregistrera ma mémoire épisodique, ce sera toutes ces images, mais leur signification, celle de mes actes, de ceux des pompiers qui vont arriver, avec leur antenne médicale, puis des gendarmes qui m’interrogeront sur ce que j’ai vu.
    Ce souvenir sera donc composé de perceptions mais aussi de leur signification, d’actions et des émotions et sentiments qui les ont accompagnées et qui proviendront d’autres centres du cerveau émotionnel.

    Je voudrais par un autre exemple montrer la génèse d’un apprentissage de la mémoire procédurale : apprendre à conduire une voiture.
    Au départ il va falloir réagir à de nombreux stimuli de perception : la vue de la route, des personnes et véhicules, des obstacles fixes. Mais aussi le son du moteur et sa signification, les bruits de la rue. Et le toucher : le contact du volant, du pied sur le frein, l’embrayage  et l’accélérateur. Mais aussi les information sur l’état de voos muscles pour contrôler les mouvements de vos bras et de vous pieds.
    Votre mémoire perceptive et votre mémoire épisodiques vont beaucoup emmagasiner.
    Votre mémoire sémantique va travailler aussi, sous le contrôle de l’administrateur central.
    D’abord un travail sémantique associant nom, image et l’utilité de nombreux instruments de bord. Cela exige que votre mémoire ait déjà emmagasiné certaines notions abstraites comme la vitesse par exemple ou la notion droite-gauche. Puis un travail de compréhension des divers organes, de leur utilité et des notions sur le fonctionnement.
    La mémoire perceptive est associée, mais si certaines tâches sont simples comme se servir de la jauge à essence, par contre évaluer si le moteur peine, par le son du moteur et les réactions de la voiture, ou coordonner l’action des pieds sur l’embrayage et l’accélérateur, demande de nombreux essais qu’enregistre la mémoire épisodique, et une réflexion de l’administrateur central, aidé par la mémoire sémantique, pour déceler les erreurs et les corriger dans le prochain essai...
    A toutes ces expériences les mémoire procédurales sont associées et elles enregistrent “provisoirement” les procédures, qui évoluent lors des apprentissages.
    Peu à peu certaines séquences nécessitent de moins en moins d’interventions de l’administrateur central et des mémoires sémantiques, perceptive  et épisodiques qui l’assistent. Elles s’automatisent et le relais est passé peu à peu à la mémoire procédurale, celle verbale pour les termes, celle cognitive pour tout ce qui est explications, celle perceptivo-motrice pour le maniement des instruments tels que volant, accélérateur, embrayage, frein....
    Les processus qui vous demandé beaucoup de mal pour les apprendre sont devenus des réflexes et l’administrateur n’intervient dans la conduite que lorsqu’un événement imprévu la met en défaut  et pose problème.
    Non seulement vous aurez automatisé la conduite du véhicule, mais certaines règles de code apprises par la mémoire sémantique deviendront aussi automatiques (comme de céder la priorité à droite) et même certains itinéraires, qui ont nécessité au départ pour les apprendre et les respecter, une collaboration étroite de la mémoire perceptive (vue) de la mémoire sémantique (où aller, cartes..) et de la mémoire épisodique (succession des paysages et des directions prises), deviendront presque automatiques, toute la mémorisation ayant été transférée à la mémoire procédurale.

    Je voudrais enfin vous donner une idée de l’utilisation de la mémoire pour créer une chose qui n’existe pas : supposez que vous vouliez voir l’image d’un dinosaure rose à pois verts en train de dévorer Titi le canari jaune.
    Votre cortex frontal va activer la boucle phonologique pour retenir cette définition, le temps de faire le montage. Il va demander à la mémoire sémantique l’image d’un dinosaure et celle de Titi le canari, il va exhumer, là où sont définies les couleurs, le rose, le vert et le jaune, et la forme d’un pois.
    Il va alors construire les images de Titi et du dinosaure et les mettre dans le calepin de la mémoire de travail à la place des autres images.
    Puis il lui faut constituer une scène de repas, alors il va faire appel dans la mémoire épisodique à une telle scène, mais qui évidemment ne concernait pas un dinosaure. Il va alors faire remonter en mémoire une serviette, une assiette, une fourchette et un couteau et il va assembler ces objets avec les images de Titi et du dinosaure se léchant les babines, la serviette autour du cou, en train de découper Titi et il renverra cette image dans la mémoire épisodique où elle restera quelques heures, mais n’ayant pas grande importance pour vous, ce souvenir ne se consolidera pas. Mais il y aura une “indexation” dans la mémoire sémantique qui associera sous forme d’un titre lié à Titi et à dinosaure, qui fera pendant un certain temps remonter l’image de la mémoire épisodique, tant que le lien restera actif. Mais je doute que vous vous en souveniez 10 ans après !!

    En définitive, le schéma ci dessus de distinction entre les mémoires est un schéma fonctionnel, qui nous permet de comprendre comment cela fonctionne, mais les diverses mémoires, vous venez de le voir, travaillent toutes en permanence en collaboration les unes avec les autres.
    Mais nous verrons dans le prochain article, que les centres qui contribuent aux diverses mémoires ne sont pas les mêmes et il peut arriver par exemple qu’à la suite d’accident cérébral, un malade ait une mémoire épisodique déficiente qui l’empêche de se rappeler de ce qu’il vient de faire, alors qu’il est encore très capable d’acquérir de nouvelles connaissances avec sa mémoire sémantique, mais l’apprentissage sera plus difficile, surtout s’il s’agit de connaissances pratiques.
   
Dans le prochain article, nous verrons donc la localisation des mémoires
Par autresrimes le Dimanche 18 décembre 2011 à 9:40
bonjour jean-pierre
en ce matinal dimanche où je passe lre la suite de ton article sur les mémoires . très interressant.
bon dimanche et A+ du troubadour Emmanuel
Par lose weight fast le Lundi 19 décembre 2011 à 14:22
You've made a great research writing this post
 

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