Mercredi 28 juillet 2010 à 9:48

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

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    Sans doute avez vous lu au lycée “A la recherche du temps perdu”, de Marcel Proust et donc sa quéte des souvenirs d’enfance et le goût de la  madeleine  dans la maison de sa tante.

    J’ai parfois discuté avec mes correspondantes de leurs souvenirs d’enfances et je pense parfois aux miens, et je m’aperçois que selon les personnes, certains restent très flous mais d’autres vivent encore avec beaucoup de détails, mais que le nombre de souvenirs est très variable d’une personne à l’autre        ;
    Une de mes jeunes correspondantes m’a étonné récemment par la richesse de ses souvenirs de jeune enfant.
    Mais que ce soit chez les autres ou pour moi même, je me rends toujours compte qu’une partie de ces souvenirs vient bien d’images originelles perçues à cette époque, mais que d’autres parties du même souvenir et même beaucoup d’autres souvenirs entiers viennent en réalité de données mémorisées ultérieurement comme des photos prises par notre famille, ou des récits de nos parents, frères ou soeurs.

    Mais la mémoire est une chose mystérieuse car bien souvent nous n’avons aucun souvenir d’un fait précis lointain et tout à coup, il y a une résurrection complète et soudaine, d'un souvenir par pans entiers, lesquels semblent se réajuster et reprendre leur agencement originel.

    Des chercheurs des universités de Caen et de Paris V, Armelle Viard, Pascale Piolino, Francis Eustache et leurs collègues, ont montré qu'une zone cérébrale que I'on croyait seulement impliquée dans le rappel de souvenirs récents, réactive et réassemble les divers éléments d'un instant passé, même très ancien : l'hippocampe.   
    Ces neurobiologistes ont placé des volontaires en situation de revivre des moments semblables à celui de la madeleine de Proust, des femmes agées souvent de plus de 60 ans, et accompagnées de leur conjoint. Tandis qu'elles étaient installées dans le scanner, elles devaient se remémorer des souvenirs à partir d'indices donnés par les conjoints, a propos d'un événement qu'elles avaient vécu iI y a fort longtemps. Les neurologues ont alors observé, en direct, comment le cerveau reconstruit un souvenir à partir de tels fragments, et is ont constaté que l’hippocampe orchestre la reconstruction de ces souvenirs lointains.        
    L'hippocampe est bien connu pour son rôle dans la mémoire, mais on pensait jusqu'à présent, qu'iI ne participait qu'au rappel des souvenirs plutot récents, datant au plus de quelques années. Or cette expérience montre que I'hippocampe est nécessaire pour se remémorer les épisodes du passé, méme ceux de I'enfance.

    Comment cette zone fait elle jaillir de ('oubli tous les détails d'un souvenir ?

    Supposons que, il y a soixante ans, en Bretagne, j’ai été faire une promenade au bord de l'eau; j’y ai entendu le bruit des vagues, les cris des mouettes, et I'odeur des grands pieds de lavande faisait oublier la senteur d’iode des bords de mer.
Les ombres des feuillages se projetaient sur la robe bleu pervenche de ma petite amie.
    Dans mon cerveau, l' odeur de lavande a activé des zones spécifiquesles neurones dans l'aire olfactive et le bruit de la mer et le chant peu harmonieux des mouettes a fait de méme dans I'aire auditive, et les jeux d'ombres et de lumière,ainsi que la couleur de la robe, en ont fait autant dans mes zones visuelles.
    L'hippocampe a établi des liens avec chacune de ces zones. Grâce à ses multiples connexions, iI a conservé les adresses des endroits précis où ont été activées ces diverses traces neuronales, tout comme l’ordinateur stocke celles des photos que vous conservez sur votre disque dur.
    Ces liens étant associés à une émotion et un sentimlent heureux, sont restés relativement solides, mais je n’ai jamais eu l’occasion d’évoquer cette journée et, comme un numéro de téléphone ou un mot que vous n’utilisez plus depuis longtemps, l’accès premier est difficile et quand je cherche parmi mes souvenirs de jeunesse, je ne pense pas à celui là.

    Que se passe-t-iI ensuite ?
    Si, par hasard, je respire aujourd’hui la méme odeur de lavande qu'en ce jour heureux, et que j’entends à nouveau le ressac de l’océan et les cris des mouettes, l'adresse de I'odeur dans la zone olfactive est réactivée, ainsi que celle des bruits pourtant familiers dans la zone de la mémoire auditive, et la simultanéité des deux  amène I'hippocampe à réactiver aussitot les adresses des traces du souvenir dans les autres aires cérébrales.
    C'est comme si vous cherchiez dans votre ordinateur toutes les photos de vos vacances d’il y a 5 ans et que vous les ouvriez toutes sur votre écran.

    Ce schéma explicatif est nommé «théorie des traces mnésiques multiples » et est étayé par cette étude, au contraire de la théorie standard admise jusqu'a présent, selon laquelle I'hippocampe stockerait temporairement les souvenirs, puis les transférerait au cortex frontal qui se chargerait de les stocker en mémoire et que donc l’hippocampe ne serait plus nécessaire au rappel des souvenirs anciens.
    L'hippocampe est en fait un récupérateur de traces mnésiques, nécessaire a leur résurrection et en quelque sorte un coordonnateur, un rassembleur de ces traces pour qu’elles nous soient remémorées comme un événement, une scène.
    La remise en question de la théorie standard constitue une petite révolution dans le champ de la recherche sur la mémoire, et permet de reconsidérer certains cas d'amnésie avec lésion de I'hippocampece qui fait perdre toute capacité de faire resurgir de l'ombre,avec précision et vivacité, les traces mnésiques du passé, a jamais enfermées dans des “cases” inaccessibles.

    Mais ceci nous explique aussi la reconstitution du souvenir à partir d’autres perception. Si j’ai évoqué par la suite ce souvenir avec mes parents, avec des amis qui nous accompagnaient, s’ils avaient pris des photos qu’ils m’ont montrées, s’ils m’ont raconté des complément de cette scène qui sont aussi arrivés ce jour là, mon hippocampe a fait le lien entre ces traces mnésiques et les précédentes, et si j’arrive à faire ressurgir les traces autenthiques personnelles de la scènes, ces traces de souvenirs reconstituées ultérieurement apparaîtront aussi en m
ême temps.
    Voilà donc comment se reconstituent les souvenirs de votre enfance.

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Par autresrimes le Mercredi 28 juillet 2010 à 10:48
bonjour jean-pierre
un coucou en passant
tien la photos des madeleines me fait fredonner un air de monsoeur Jacques Brel" "et j'attend Madeleine et Madeleine---)

ah nos chers souvenirs de vacances dont certains nous restent en mémoires, en photos, en souvenirs divers et le temps poursuit sa route
d'un hier des amis sont encore là de ce temps partagé de l'enfance d'autres ont disparus pour divers horizons , autres routes , mais qu'il est bon d'avoir garder de bons souvenirs partagés avec les amis d'enfances toujours présents. "souvenir souvenir!!!! et quelques soit son age"
bien amicalement ,A+ du troubadour Emmanuel
Par orchidee le Mercredi 28 juillet 2010 à 16:45
On dit pourtant que les souvenirs se modifient au fur et à mesure... Peut-on être sûr de leur exactitude?
 

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