Dimanche 25 novembre 2007 à 9:55

Notre cerveau : intelligence; langage

        Peut être vous rappelez vous, j'avais fait un article le 8 août sur les centre du cerveau qui intervenaient dans le langage.
        Je vais vous en rappeler l'essentiel à partir du schéma ci dessous :



        Lorsque nous écoutons quelqu'un, l'oreille transmet les sons à l'aire auditive qui les analyse et, lorsqu'il s'agit de mots (ou de sons apparentés), les signaux sont transmis à l'aire de Wernicke qui va reconnaître s'il s'agit de langage et le décrypter en partie. Elle se met en relation avec l'aire de Geschwind pour en comprendre la signification.
        Lorsque nous lisons, ce n'est plus l'aire auditive qui intervient mais les aires visuelles,  situées à l'arrière du cerveau. Le mécanisme est ensuite analogue.
        Enfin lorsque nous voulons parler, c'est encore le centre de Wernicke qui élabore le message. Mais il ne sait pas le transmettre à nos lèvres.
De même quand nous voulons écrire, il recherche les mots correspondant aux idées mais il ne sait pas commander nos doigts.
        En fait il ne sait même pas organiser les mots en phrases
        L'aire de Wernicke “comprend donc le langage” et rassemble les mots de messages à partir des idées transmises par le cortex frontal.

        L'aire de Geschwind est en quelque sorte la “mémoire des mots”. Elle est pour cela en relation avec de nombreux neurones du cerveau qui sont des relais de la mémoire. Elle sait appréhender les multiples propriétés d'un mot : son, aspect visuel, sa fonction, son nom, sa signification...etc.
        Elle aide ainsi le cerveau à classifier et à étiqueter les choses, une condition préalable pour former des concepts et une pensée abstraite.
   
        Pour parler, pour écrire, l'aire de Wernicke a besoin de l'aire de Broca.
        Celle ci va utiliser grammaire et syntaxe et mettre les mots en phrases, puis elle va commander les muscles de la parole ou de l'écriture, par l'intermédiaire du cortex moteur primaire.
        Une personne dont l'aire de Broca est lésée comprend le langage écrit et parlé, mais ne peut plus s'exprimer ou émet une suite de mots sans liens entre eux..
       Donc, l'aire de Broca “organise le langage et commande son expression orale ou écrite” par les cordes vocales ou la main, par l'intermédiaire de centres moteurs situés dans le cortex sur le dessus du crâne.

        Quand le bébé apprend à parler, il commence d'abord par “apprendre à comprendre”, principalement entre 9 et 18 mois. C'est son centre de Wernicke qui apprend à fonctionner à partir de ce que son aire auditive lui transmet, et l'aire de Geschwind qui emmagasine les connaissances sur les mots, mais aussi sur les images reçues correspondantes des objets, selon un classement provisoire qui durera quelques années.
        Puis bébé “apprend à parler” entre 18 et 36 mois.
        Son centre de Broca apprend à prononcer les mots qui lui sont fournis par le centre de Wernicke, et il envoie à celui ci en retour une “copie” des commandes de prononciation qu'il envoie aux centres du cortex moteur. Le centre de Wernicke écoute ce qui est dit, compare et vérifie avec l'aire de Geschwind si Broca ne s'est pas trompé, et les erreurs sont peu à peu corrigées. Le bébé fait de moins en moins de fautes de prononciation.
        Puis la tâche de Broca se complique : il apprend par l'expérience à appliquer des règles de grammaire et de syntaxe. Pour cela il faut qu'un adulte vienne dire ce qu'il faudrait prononcer et Wernicke compare à ce qu'à fait Broca et corrige son action et cet apprentissage dure deux ou trois ans
        Evidemment le cortex frontal organise dirige et supervise toute ces actions.

        “Apprendre à lire” relève du même processus, dans lequel les centres de la vision remplacent l'aire auditive, mais le rôle des trois aires de Wernicke, Geschwind et Broca restent les mêmes, la main remplaçant les cordes vocales.
        Mais l'aire de Geschwind fait un travail supplémentaire : d'une part elle ajoute aux données sur les mots la façon dont ils s'écrivent et certaines règles intuitives et expérimentales d'orthographe. D'autre part elle réorganise son réseau neuronal et des neurones voisins vont emmagasiner des données voisines par exemple tous les noms d'outils, ou les noms d'animaux, les noms de plantes, les noms relatifs à la nourriture, etc...
        Si l'enfant apprend en même temps deux langues, les deux dénominations dans chacune des langues sont emmagasinées à coté l'une de l'autre avec les caractéristiques des mots et de l'objet (par exemple oiseau et bird).
        Si au contraire vous apprenez d'abord le français, puis ensuite l'anglais quelques années après, tous les mots anglais seront classés à part dans une partie de l'aire de Gerschwind réservée à cette langue et différente de celle qui est réservée au français.

        Le cerveau de la personne qui a appris à parler et à écrire, sait faire autre chose :
        Le centre auditif et l'aire de Wernicke ont appris à interpréter les signaux que Broca envoie au cortex moteur pour parler et à les comparer aux sons reçus quand les paroles sont prononcées.
        De même les centres visuels et l'aire de Wernicke ont appris à interpréter les signaux que Broca envoie au cortex moteur pour écrire et à les comparer aux images de mots reçues après écriture.
        Dès lors si Wernicke transmet des mots d'une phrase et que Broca les organise, mais que le cortex frontal qui est le chef, lui interdit de transmettre au cortex moteur, mais d'envoyer cependant l'information au centre auditif, le cerveau “aura l'impression d'entendre” la phrase correspondante comme si elle avait été prononcée (alors qu'elle ne l'aura pas été).
        De même s'il s'agit d'écrire les mots, le cerveau “aura l'impression de voir” les mots comme s'ils avaient été écrits.

        C'est ce qu'on appelle des sensations (vison et audition) mentales.
        AInsi quand vous lisez un livre il peut vous arriver si vous faites attention, d'entendre les mots, comme si vous le lisiez à haute voix. C'est une espèce de réaction en boucle entre Wernicke et Broca.
        De même quand vous réfléchissez, vous traduisez vos idées par des mots et parfois vous entendez ou vous voyez ces mots qui traduisent vos pensées. Ce sont des “images mentales” ou des “auditions mentales”, communications internes au cerveau, sans qu'il y ait eu parole ou écriture.


        Ce mécanisme de “sensations mentales” est très utilisé par le cortex frontal pour réfléchir ou pour déchiffrer des documents à priori illisibles. C'est ce que nous verrons dans l'article suivant sur “mon dictionnaire SMS”.

Par geabsland le Lundi 26 novembre 2007 à 9:17
J'ai remarquer que certaines personne memorises mieux les sons que les images et d'autres l'inverse.
De plus lorsque l'on pense à une chose, certaines personne visualisent le mot ou l'objet et d'autres entendent le mot.
il y a donc plusieurs schemas d'enregistrement et de traitement de l'information dans le cerveau, le 1er sur le son, le 2eme sur l'image, le 3eme l'odeur, le 4eme le toucher ect.... d'apres toi d'ou viens cette difference dans l'utilisation de notre cerveau ? Cela à t'il un rapport avec la taille de ces zones ? ou chacun décide inconsciemment d'utiliser tel ou tel zone et donc au cours du temp de fonctionner soit avec une memoire visuelle, soit une memoire auditives, ect... ?
 

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