Samedi 26 octobre 2013 à 8:15

Enseignement, école, fac

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    Tous les jours, au journal télévisé, on nous dit que l’instruction en France est en chute libre, que de nombreux élèves savent à peine lire en Cours Moyen, ne connaissent pas l’orthographe au lycée et sont d’une grande ignorance en culture générale.
    On nous bassine avec la dernière réforme en cours dans laquelle on revient à 4 jours et demi de classe, mais sans cours supplémentaire. Maintenant on s’amuse l’après midi, dans des activités qui certes peuvent éveiller les enfants, mais dont l’utilité est contestable et qui coûtent très cher aux communes. Certes les enfants sont contents, mais je doute que leur savoir s’améliore.
    Quand je vois ce qu'ont appris mes petits enfants au primaire, au collège et au lycée, et pour les avoir souvent aidés, au moins en sciences, je trouve que leurs capacités ont été très sous-employées, qu’on ne leur a pas appris à travailler, et que finalement, ils auraient pu mieux faire.

    Les réformes se succèdent, mais je n’ai jamais entendu un Ministre demander au préalable une étude approfondie sur les causes de ces échecs scolaires et on bâtit une «refondation» de l’école primaire notamment, sur  des idées à priori, sans regarder en arrière.
    L’idée de revenir à 4 jours et demi était peut être bonne, mais pas pour créer de nouveaux amusements : il y en a bien assez avec la télévision, les jeux sur internet et les téléphones portable.
    Dans les années 60/70, on a tellement allégé les programmes et les horaires du primaire que la machine a cessé de fonctionner.
    Puis on a inventé la réforme des maths modernes. Au lycée passe encore, mais au primaire où il faut apprendre des notions pratiques de calcul et de résolution de problèmes logiques d’arithmétique, un enseignement aussi théorique a complètement perturbé l’esprit des enfants : ils ne savaient plus faire les opérations, connaissaient mal la table de multiplication et alors qu’on voulait leur apprendre ce qu’étaient des systèmes à bases diverses, ils ne savaient même plus ce qu’était le système décimal.
    En apprentissage de la langue, on a généralisé la méthode globale au dépends de la syllabique, ce qui est totalement absurde si on regarde le fonctionnement des centres du cerveau d'un enfant de six ans, et on a créé une génération d’élèves, qui savait à peu près lire, mais ne comprenaient pas ce qu’ils lisaient.

    Par la suite, les politiques ont mis en avant, démocratisation de l’enseignement et mixité sociale.
    Certes il est nécessaire que le maximum d’élèves ait accès à un enseignement le plus loin possible, et que les gens d’origines différentes aient l’occasion de se connaître dès leur enfance.
    Mais décréter que tous sont égaux devant l’apprentissage, la compréhension et la mémorisation est absurde et un non sens. Le même enseignement pour tous est une absurdité.
    Cela ne veut pas dire qu’il faut forcément faire des classes en fonction des aptitudes des élèves, encore que dans les grandes classes, leur orientation ne sera pas la même, mais cela veut dire, si on est logique et objectif, qu’il faut faire davantage de cours à certain, répéter certaines notions jusqu’à ce qu’elles soient assimilées, et que pour ceux qui ont de meilleures aptitudes, il ne faut pas qu’ils paressent et s’ennuient. Il faut donc leur faire faire des exercices plus difficiles, pour qu’ils rencontrent des difficultés, il faut leur faire parfois expliquer au tableau à la place du professeur, et les inciter à aider leurs camarades moins favorisés.
    Je me souviens de mon instit en CM2 : le soir en dernière heure, il organisait plusieurs «petites classes» à effectif très réduit, où les meilleurs élèves aidaient les autres (bien sûr il supervisait l’ensemble), et j’ai personnellement appris peut être encore plus en expliquant ainsi aux autres, qu’en écoutant le professeur.
    On a dévalorisé l’enseignement professionnel. Je connais pourtant des jeunes qui ne se plaisaient pas en classe et ne réussissaient pas, et qui, lorsqu’on leur a appris un métier manuel qu’ils aimaient, en alternance, se sont mis à travailler, à réussir et à passer brillamment un bac professionnel. Ils n’ont peut être pas toutes les connaissances générales acquises au lycée, mais ils ont autant de connaissances utiles pour réussir dans la vie, et probablement plus de bon sens.

    Les jeunes qui sont doués et de trouvent devant des cours faits pour que les moins doués suivent, et à qui on ne donne rien à faire de plus, arrivent à suivre sans effort et prennent l’habitude de ne rien faire et de chercher des activités hors lycée dans la télévision et l’ordinateur. Ils ont l’illusion d’être de bons élèves, voire des crack, réussissent leur bac avec mention sans avoir travaillé, et arrivés dans le supérieur où le travail est indispensable, ils échouent lamentablement.
    De plus une multitude d’options, souvent agréables et n’ayant que peu de rapport avec l’enseignement général, détournent les élèves des matières fondamentales et gonflent leurs points au bac, donnant ainsi des mentions illusoires.

    Je ne suis pas le seul à penser que l’on offre aux élèves du primaire et du secondaire des enseignements dévalués, nivelés par le bas, qui ne sont pas centrés sur les matières qui préparent au supérieur : le maniement de notre langue le français, l’apprentissage de l’analyse et de la synthèse, les mathématiques, les sciences physiques et naturelles (SVT), les langues vivantes. Bien sûr la culture générale existe toujours, mais là, les techniques multimédia peuvent faciliter considérablement l’enseignement, par exemple en histoire et géographie. Quant aux options, on pourrait les limiter à des enseignements soit d’approfondissement, soit formateurs comme le latin, soit de base au plan artistique : dessin musique...

    Mais surtout l’enseignement actuel est beaucoup trop théorique. Il y a bien trop peu d’exercices pratiques, près de la réalité, on ne développe pas le calcul mental, la logique, l’esprit d’organisation rationnelle, on n’entraine pas la mémoire. Les élèves ne s’intéressent plus à cet enseignement, dont ils ne voient pas les buts, les applications possibles. Les élèvent ou réussissent mais s’ennuient, ou sont rebutés par leurs échecs.
    Finalement, on n’exploite pas actuellement les capacités réelles des enfants, même les moins doués; on n’utilise pas leur curiosité intellectuelle, on ne sait plus captiver leur intérêt et leur attention, trop orientée vers d’autres activités ludiques. On ne leur apprend plus à travailler et ils ne développent plus leur potentiel.

    C’est aussi une absurdité de vouloir que tous suivent les filières générales.

Plutôt que d’avoir des jeunes en échec, il vaudrait mieux les orienter plus tôt vers des filières professionnelles, où un enseignement en alternance (comme dans d’autres pays européens), permettrait de leur apprendre un métier qui les intéresse et leur plaise, et ensuite de gagner leur vie, mais dont la partie «en classe», leur permettrait de compléter leur formation dans les matières essentielles, en privilégiant les applications pratiques en liaison avec leur futur métier.
Par maud96 le Samedi 26 octobre 2013 à 23:50
Une bonne synthèse... Mais, quoiqu'on ait fait dire à un fameux penseur, le bon sens n'est pas la qualité la mieux partagée... (d'ailleurs, tel n'est pas ce qu'il dit dans son "Discours"). POurtant, c'est ce bon sens qui manque à tant de parents, enseignants et politiques que l'on trouve dans ton texte !
Par kaa le Mardi 29 octobre 2013 à 13:17
Le niveau baisse-t-il vraiment ? Ou bien a-t-on tout simplement appris à nos jeunes de penser par eux-même plutôt que d’emmagasiner des tonnes de "par coeur" que l'on apprenait sans toujours en comprendre le sens ?
Par artemisrecovery le Jeudi 7 novembre 2013 à 15:22
Pour l'école primaire, j'imagine qu'il serait possible de bien travailler en ayant l'après midi pour s'amuser. Dans les pays germanophones, ils ont moins de vacances, mais plus de temps libre l'après midi qui permet de pratiquer un sport, un art, ou de s'amuser avec ses amis. Les élèves sont autonomes beaucoup plus tôt car ils ne sont pas encadrés toute la journée. En France, un enfant, puis un adolescent qui veut bien faire et avoir de bonnes notes ne peux pas s'investir dans une activité extra scolaire, il n'y a pas de temps pour ça. S'il n'a pas les capacités scolaires requises et qu'il se donne quand même dans son activité, il est surmené et se décourage pour l'école, s'il s'en sort tout de même, il y a de fortes chances que le travail soit bâclé, il a compris comme duper les professeur et faire croire qu'il est bon élève, alors qu'en fait il n'apprend rien non plus. Faut il se donner tout entier à l'école en France pour acquérir de réelles connaissances?
 

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