Vendredi 17 octobre 2008 à 11:20

Architecture



    J'ai finalement trouvé, dans ma documentation, beaucoup d'articles sur les rapports entre la musique et la neuropsychologie ou la médecine.

    Mais j'avais surtout lu ceux concernant le fonctionnement du cerveau, sujet qui m'intéresse beaucoup.
    Je vous avais décrit d'ailleurs très résumé, le fonctionnement de l'ouïe et son interprétation (voir dans mon blog, rubrique vue - ouie...).

    Je vais essayer d'abord de poser un autre problème : la musique que l'on écoute reflète t'elle notre personnalité ?
    Je citais lles propos d'un psychologue anglais, Adrian North de l'université d'Edimbourg, qui a fait une étude sur plus de 36 000 personnes sur 104 styles musicaux et sur leur personnalité (grâce à des questionnaires et une corrélation statistique; il a publié un livre sur ce sujet en mai 2008)
    Je cite quelques uns de ses propos :

"Nous avons toujours soupçonné qu'il existait un lien entre les goûts musicaux et la personnalité", a expliqué M. North. "C'est la première fois que nous avons été capables d'observer cela en détail. Personne ne l'avait fait sur une telle échelle auparavant...
....Les amateurs de heavy metal ont plutôt un tempérament doux.
   Ils ne sont pas les plus ardents au travail et manquent de confiance en eux.
    Les amateurs de musique classique ont une bonne opinion d'eux-mêmes.....
       Les passionnés de country sont travailleurs et timides, ceux de rap sont sociables, et ceux de jazz ont l'esprit d'innovation et sont animés par une forte estime de soi, tandis que que les fans de rock indépendant manquent d'amour-propre et ne sont pas très faciles à vivre. Quant à ceux qui aiment la soul ils sont créatifs, extravertis, doux, bien dans leur peau et ont une bonne estime d'eux-mêmes.......”

    J'avoue que je ne crois qu'en partie à ces résultats.
    Les corrélations statistiques cela indique qu'il y a un lien entre des phénomènes mais nullement que ce soit un lien de cause à effet.
    Notre tempérament (personnalité), notre éducation (et instruction), notre vécu (expérience) influent sur nos choix (pourquoi pas musicaux) et il y a donc un lien entre ces données, mais c'est, à mon avis,  bien plus compliqué que ne le dit monsieur North !!

    Certes la musique a un effet sur notre humeur. On cite souvent des bienfaits divers qu'elle nous apporte.
    La musique, c'est festif, délassant, agréable… mais pas seulement ! C'est aussi une source de bienfaits qui permet de se réconcilier avec soi-même… A condition peut-être de ne pas écouter n'importe quoi !
    Lorsque vous êtes stressé, énervé, vous mettez un bon disque de musique classique, et vous voilà apaisé. Au contraire, vous manquez d'énergie… un bon vieux rock des familles, et vous voilà fringant ! Nul doute que la musique a un effet sur le corps et l'esprit !
    L'une de mes correspondantes qui est un peu hyperactive et a beaucoup d'énergie à dépenser, se transforme à chaque concert de rock en kangourou à ressort, et cela lui fait beaucoup de bien (sauf peut être aux oreilles !).
    Certains psychiatres pratiquent de la “musico-thérapie”

    Des études ont montré que le foetus ne réagissait au sons qu'après sept mois de gestation et qu'il réagissait à une musique forte. Mais si on sait que l'enfant s'habitue à la voix de sa mère et à des sons familiers de son entourage, par contre cela ne le rendra ni mélomane, ni plus intelligent !!

    Chez l'enfant l'influence de la musique paraît plus important.
    Ecouter de la musique (qui ait un air et pas seulement des sons) développe l'oreille et la partie du cerveau qui interprète les sons.
Si on apprend à jouer d'un instrument, cet exercice développe la mémoire et des études ont montré que l'apprentissage de la lecture était accéléré et par la suite les enfants apprenaient plus facilement les mots et en retenaient davantage. Pour les chercheurs, l'apprentissage de la musique provoquerait une réorganisation du lobe temporal gauche du cerveau, qui améliorerait les performances intellectuelles.
       Des chercheurs américains ont fait suivre, par des enfants du primaire : des cours de musique, pour les uns, théâtre pour les autres… ou rien pour un troisième groupe (pour faire un groupe test) e ils ont observé que les enfants qui avaient bénéficié des cours de piano avaient un quotient intellectuel plus élevé directement corrélé au temps passé à jouer de l'instrument.
    Ils ont étudié sur les mêmes groupes d'enfants leur capacité à percevoir les émotions dans les paroles : les enfants qui avaient fait du théâtre avaient de très bons scores dans l'écoute et la perception des intonations dans les paroles; mais les enfants qui avaient étudié la musique avaient les mêmes scores, ce qui veut dire qu'en développant leur oreille musicale, les enfants deviennent plus sensibles au ton de la voix et à ses variations.

    Enfin on ne saurait parler de musique sans parler de danse.
    Les rythmes trop lents apaisent et endorment. Les rythmes moyennement rapides, accompagnant une belle mélodie, excitent, produisant plaisir et joie (rythme des danses européennes avec de 40 à 70 mesures par minute). Au-delà de 90 à 100 temps forts par minute, comme dans les danses afro, la musique excite et exalte, au point de produire la transe, mais il semble bien qu'il faut pour cela avoir un tempérament qui y prédispose.
    La musique apporte dans l'oreille interne des quantités d'énergie qui déclenchent des flux nerveux qui empruntent différents circuits pour être analysés, identifiés, comparés etc.
    Leur passage modifie l'état électrique et chimique de ces circuits qui ensuite se restaurent pour pouvoir recueillir les impulsions suivantes. Si la fréquence est trop grande, certains circuits n'ont pas le temps de récupérer avant l'arrivée de nouvelles ondes, aussi leur conduction finit par se bloquer : c'est la tétanisation. Il s'ensuit que certaines parties du cerveau (les organes servant à la perception fine des sons, par exemple) se coupent du monde extérieur, qui cesse d'être perçu et reconnu. Pendant ce temps où la perception est comme suspendue, annihilée, le cerveau droit émotionnel continue à être stimulé par certains battements (qui sont des informations plus grossières) dont les voies de conduction restent, elles, actives. Bref, la transe serait un état de conscience altérée où le cerveau intellectuel est perturbé puisque coupé du monde extérieur et le cerveau émotionnel excité au maximum.
     Cet état peut aboutir à une énorme et brutale stimulation du centre du plaisir et sécrétion d'encéphalines et d'endorphines (qui interviennet dans le mécanisme de la douleur pour l'apaiser; d'où l'insensibilité à la brûlure et aux blessures par armes blanches. Il est souvent suivi d'un oubli total de la crise. C'est d'autant plus grave que, pendant la transe, l'individu peut se livrer à des actes de violence.
   

    En effet la musique a aussi ses dangers et ses inconvénients et il me semble normal d'en parler. Ce sera mon sujet probablement demain ou dimanche.


Nota : Justine m'a demandé des renseignement sur Adrian North, mais elle n'a pas de blog où je puisse lui répondre par “lui écrire”. Peut elle m'envoyer par le “lui écrire” de mon blog, une adresse où je puisse la joindre et lui donner la mienne.

Par welcometomymind le Vendredi 17 octobre 2008 à 15:29
et si on aime et qu'on écoute de tout, on est skysophrène ?
En ce qui me concerne, la musique est avant tout un art, donc une recherche esthétique pour mes petites oreilles, et comme dirait le critique dont j'ai oublié le nom dans Ratatouille, tout le monde ne peut pas être un génie mais le génie peut jaillir de partout (bon je paraphrase ^^)
Par INC le Vendredi 17 octobre 2008 à 16:51
Ouais, en même temps ce psy anglais, il avait intérêt à dire des choses un peu plus élaborées que "le heavy métaleux est un gros asocial aux cheveux long qui ne sera jamais plus qu'un petit informaticien parce que son physique ne le rend pas présentable devant le client. Le rappeur est une racaille rasée qui aime bafouiller plein de conneries qui ne veulent rien dire et qui ne sera jamais plus qu'un petit mécanicien parce que rien ne l'intéresse dans la vie. Le classique souffre d'un narcissisme profond qui le met au bord du suicide quand il voit quelque chose de mieux que lui et ne sera jamais rien de plus qu'un comptable étriqué... etc".

Comment J'AIME donner dans le cliché ! ^^

Oui, forcément que la musique reflète certains aspects de notre personnalité ou certaines humeurs parce que les goûts en matière de musique évoluent souvent. Et parfois, quand la musique est trop présente, elle créé une personnalité (souvent dans le gothique et le satanisme) et c'est pas vraiment bon. Tout n'est pas que musique même si la musique est bien connue pour nous faire ressentir tout un tas de choses...
Par loindupiano le Samedi 18 octobre 2008 à 21:11
J'aime beaucoup cette réflexion qui est très intéressante. Je dirais que pour me détendre, j'aime beaucoup les enregistrements de chant grégorien par les moines de l'abbaye de Solesmes...

Certaines musiques du répertoire peuvent tout de même être stressantes... Je pense à la musique contemporaine & à certaines créations de Pierre Henry. Même si j'aime beaucoup, certaines pièces comme "Dieu", pour ne citer que cet exemple, deviennent angoissantes si on les écoute fort & dans l'obscurité... On peut décliner cela avec d'autres compositeurs naturellement (Xenakis avec "La légende d'eer", par ex.).

La musique de chambre, pour des pièces plutôt dans une tonalité majeur sont relaxantes. Je pense à un trio de Beethoven que j'ai écouté hier soir pour me détendre ou à mon cher Schubert & son quintette "La truite". Mais les pièces pour piano seul de Claude Debussy (avec pour ma part une préférence pour l'interprétation faite par Samson François), tout comme Maurice Ravel le sont... C'est du moins un ressenti personnel...

Par contre, les lieder (pensons à Wolf, Schumann, Schubert...) n'en font pas partis... Certains cycles tourmentent & rendent mal à l'aise si on est pas en forme...

J'ai supprimé mon compte en éclair pour quelques raisons... Je vous laisse mes coordonnées si vous souhaitez me répondre : philippe.lacorne@hotmail.fr

A bientôt, je reste évidemment lecteur !

En toute sympathie,

Philippe
Par Justine- le Lundi 20 octobre 2008 à 4:13
Merci, mais en cherchant, j'ai trouvé les articles rédigés par ce Monsieur. Je les lirai quand j'aurai le temps.
 

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