Vendredi 20 mars 2009 à 10:01

Tristesse, désespoir


    Je suis toujours frappé par le nombre de correspondantes qui sont stressées notamment par les regrets de ce qu’elles n’ont pas osé faire, ou les remords de ce qu’elles ont fait et qui n’a pas réussi.
    Je sais que c’est une caractéristique des caractères pessimistes, mais je pense qu’il faut cependant attirer l’attention sur ce problème.

     Quand enfant, j’étais soucieux, ma grand-mère me disait “tu n’as pas fini de ruminer comme une grosse vache !”
     Elle n’avait pas tort, c’est mauvais pour le moral !


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    J’ai lu récemment l’article d’un psychiatre de l’hôpital Ste Anne, Christophe André, sur les “états d’âme” et il utilise le mot “rumination”.
    Les anglo-saxons emploient “brooding”, qui représente l’action de couver.
    C’est vrai, ruminer, c'est  se focaliser, de façon répétée et stérile, sur les causes, les significations et les conséquences de ses problèmes, de sa situation, de son état , c'est s'enliser dans des “ pourquoi ? “ flous et sans fin...
    Dans la “rumination”, on reste inactif, assis sur ses problèmes que l'on garde bien au chaud, enfermés sous soi, en les laissant se développer.
   
    Quand je vous vois ainsi ruminer et m’expliquer vous problèmes et vos angoisses, je constate que ce que vous m’expliquez ce sont des pensées inachevées, des bribes mises bout à bout en longue énumération, qui ne s'accomplissent pas, ne vont pas jusqu'à leur terme, car elles s'arrêtent à la porte de toute décision éventuelle.
    Vous vous répétez que vous n'auriez pas dû agir comme ceci ou comme cela, au lieu de prendre des décisions pour changer le cours de votre vie; ou encore, vous doutez de vous au moment de passer à l'action, et vous vous rappelez toutes les fois où vous avez échoué pour des raisons mal identifiées, mais qui empêchent l'action et la réflexion présentes.

    La “rumination” est sans objectif précis : elle n'a donc pas de fin. Les états d'âme y sont perpétuellement recyclés, n'évoluent pas et reviennent sans arrêt au même point de départ. C’est ce que je vous ai plusieurs fois expliqué : les pensées tournent en rond dans notre cerveau émotionnel (le cyle de Papez) sans communication avec notre cortex frontal et la réflexion est donc purement “sentimentale” et émotionnelle.
    Un des éléments qui expliquent la difficulté à mettre fin à cette ronde des pensées tristes, c'est qu'en l'absence de but précis et conscient (qui pourrait être “ trouver une solution, mais ne pas trop m’épuiser ni me faire de mal avec ce problème “), efles ont tendance à prendre l'état émotionnel comme un démonstration de l'existence d'un problème et d’inverser ainsi le causes et les effets : “ Si j'ai peur, c'est qu’il y a un danger; si je suis triste, c'est qu’il y a un malheur; si je suis inquiet, c'est qu'il y a des ennuis qui arrivent... !”
    Vos états d'âme négatifs deviennent ainsi chroniques, et leur dimension émotionnelle persiste longtemps après la disparition des éventuels problèmes, si tant est qu’ils aient jamais existé. D'où l'aggravation des éventuels ennuis, qui pourra ensuite justifier quevous vous disiez ensuite : “ Je sentais bien que j'avais raison de me faire du souci “ !   
    Si vous n’y prenez pas garde, vous serez piégées et prisonniers de votre ronde des pensées obsédantes jusqu’à ce que l'épuisement, un événement plus important inattendu ou l'usure du temps vous en arrache...
    Il faut vous empêcher de perdre un temps long et précieux à ruminer sur les causes éventuelles de vos ennuis au lieu de chercher des remèdes. Quand je vous vois ainsi, j’essaie de corriger vous “erreurs d’aiguillage” et de vous empêcher de vous focaliser sur un problème et ses conséquences, mais plutôt sur les solutions possibles à imaginer et à mettre en œuvre.

    Cela dit, il ne s’agit pas de supprimer ces états d’âme, mais d'en limiter les dérapages. Ne pas avoir d'états d'âme reviendrait à mettre sa vie, son existence spirituelle entre parenthèses.
    D'ailleurs, c'est impossible.Tout juste peut-on les réprimer, les dissimuler, les refuser, mais en se privant de ce qu'ils nous apportent peut- être de meilleur : la connaissance de notre moi profond et d’un peu de notre inconscient.
    Ces grandes tristesses qui ont traversé le plus profond de nous-même changent beaucoup de choses en nous,et nous transforment profondément.

    Nos efforts vers davantage d'équilibre intérieur nécessitent donc l’acceptation de nos états d'âme négatifs, mais aussi attention et efforts envers les positifs
    Les études des psychologues et des sociologues sur le sentiment d'avoir une vie heureuse montrent que ce sentiment est lié à une fréquence et à une répétition de petits états d'âme agréables, à des bouffées de “petits bonheurs “, plutôt qu'à de grands mouvements émotionnels, qu’aux forts moments de succès ou d'accomplissement.
   
C'est, comme je vous le dis souvent dans mes articles sur le bonheur, ce sont nos instants de bonne humeur qui composent l’essentiel de notre bonheur : moment passé avec notre famille, nos amis, balade dans un bel endroit, lecture agréable ou qui nous intéresse, musique qui nous touche...
Par glandeur-rockmantique le Vendredi 20 mars 2009 à 11:38
Et puis...
"La chance sourit à ceux qui ne lui font pas la gueule." Alors morts aux vaches, et vive les sourires ensoleillés !
Par alixxxounette le Vendredi 20 mars 2009 à 12:24
Absolument fascinant. Je n'ai pas tout à fait compris le passage qui explique que les pensées ont tendance à prendre l'état émotionnel comme démonstration de l'existence d'un problème. Parce que l'état émotionnel est bien là, du fait d'un affect extérieur (exple : il pleut, je suis morose). Et alors du fait, la rumination tendrait à expliquer cette morosité par un problème qui n'en était pas un ? J'ai sans doute mal compris, mais il faut dire aussi, je m'y connais pas trop en cycle de Papez.

Moi la question que je me pose c'est si c'est si bien que ça de lutter contre la rumination. Car si les pensées tournent en rond, et étant donné le besoin inné de l'Homme de donner des causes à tout, la rumination n'est-elle pas un moyen de lutter contre une submergence d'émotions troublantes qui n'auraient plus aucun sens, et ne pourraient plus être gérées ? Finalement, la rumination serait un mécanisme de défense, et comme tout ce ne serait vraiment que dans l'excès pathologique qu'elle serait vraiment néfaste.

Je connais vraiment très mal mon sujet, je suis tombée sur ton blog par hasard, alors je m'excuse si mon commentaire est tout bidon, mais je serai curieuse de ton avis sur tout ça.
Par jazz le Vendredi 20 mars 2009 à 17:43
coucou Jean-pierre
"vachement les photos !!
un voyage musical assuré avec en découverte sur mon blog le
groupe "sunday driver uk" aux diverses influences et la voix de la chanteuse un régal !!!!
te souhaitant un bon w end , A+ de Emmanuel
Par Violette le Vendredi 20 mars 2009 à 21:14
Vos articles actuels me sont vraiment d'une grande aide.
Je peux vraiment prendre du recul/de la hauteur et essayer d'être plus objective face aux évènements.

Merci. ^^
 

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