Lundi 26 novembre 2012 à 7:54

Notre cerveau : intelligence; langage

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             Je suis toujours étonné de la capacité des humains à croire n'importe quoi. On pourrait croire que cela résulte d'une insuffisance d'intelligence ou d'une éducation et instruction trop sommaires : c'est en partie vrai. Mais des gens intelligents et instruits gobent aussi des tas de balivernes.
            On peut aussi dire que les jeunes n'ayant pas en mémoire assez d'expérience de la vie sont plus crédules : c'est en partie vrai aussi, mais le nombre d'arnaques auxquelles succombent des adultes est impressionnant.
            C'est même étonnant : alors que le niveau moyen d'instruction a régulièrement augmenté depuis cent ans, ce que l'on appelle "le bon sens" semble s'être dégradé. Mon grand père, qui était paysan et n'avait que son certificat d'études, n'aurait jamais cru le dixième de ce qu'avalent sans sourciller la plupart des adultes aujourd'hui.
            Qu'est-ce qui provoque cet effondrement des capacités de jugement?
            La psychologie n'en est qu'à ses débuts, quand elle cherche à expliquer ce qui nous fait croire une information ou en douter, et les études sur le sujet sont rares.
 
            Les informations pouvant susciter une forte crédulité sont celles pour lesquelles le cerveau humain est placé face à une affirmation dont il ne peut vérifier rapidement la véracité, car il lui faudrait mener une enquête personnelle longue et laborieuse. 0r la rapidité de décision est un paramètre essentiel dans la façon dont nous forgeons nos convictions           
            De plus l'esprit critique a tendance à s'affaiblir si une affirmation est reprise par beaucoup de personnes', si par exemple on trouve cette affirmation sur plusieurs sites du Web. En outre, i on trouve agréable de se faire le relais de telles rumeurs, ce qui constitue, pour Ie cerveau, une "incitation à croire".
            Le but des études menées serait d'identifier et de décrire les états neurophysiologiques qui sous-tendent nos croyances, ainsi que les mécanismes qui, chez un individu et dans les relations entre individus, règlent leur dynamique. Par "croyance", on entend une représentation tenue pour vraie par un individu, représentations qui jouent un rôle crucial puisqu'elles modulent continuellement nos raisonnements et nos comportements..
            Ce que les psychologues appellent donc des "croyances" peuvent avoir trois grandes origines :
                        - percevoir (voir, sentir, goûter, etc.) une information qui ne nous était pas encore connue.
                        - déduire d'un raisonnement une conclusion à laquelle nous n'avions pas encore pensé.
                        - recevoir d'une autre personne, une proposition qui nous apprend quelque chose de nouveau.
            Chacun de ces mécanismes est susceptible de provoquer de fausses croyances.
            Nos sens, les premiers, peuvent nous tromper et on peut être conduit à admettre la conclusion d'un raisonnement faux parce que l'on a été victime d'un biais de raisonnement.
            Mais il ne s'agit pas vraiment de crédulité.
            Les cas les plus marquants de crédulité apparaissent par l'intermédiaire de ce qui nous est communiqué : autrui, mais surtout les médias, et puis évidemment tous ceux qui cherchent à vous arnaquer, notamment sur internet..
            Dans les cas où il s'est "fait avoir", le crédule ressent une forme de honte, qui indique que, contrairement aux sensations erronées ou aux biais de raisonnement qui, d'une certaine façon, nous dépassent, la crédulité est associée à une forme de responsabilité : si le crédule s'en veut, c'est qu'il sent rétrospectivement qu'il y était pour quelque chose, qu'il a bien voulu croire ce qui lui était conté.           
 
            Nous sommes naturellement entraînés à croire ce qu'on nous dit.
            La communication comporte autant d'avantages que d'inconvénients, du point de vue de l'acquisition de croyances fiables et utiles. Du côté des avantages, il est indéniable que Ie langage a permis aux humains d'emmagasiner des idées pertinentes et des techniques utiles. Les enfants ont intérêt à acquérir cette culture assez rapidement afin de s'intégrer à leur groupe d'appartenance et de profiter des "bons trucs" qui leur ont été socialement transmis. Il est donc important d'être en mesure de croire ce que l'on nous transmet ainsi par apprentissage.
            Mais en fait, très tôt, un enfant apprend à se méfier des informations qu'il reçoit.
            Dès 2 ans, ils rejettent ce que disent des personnes qui donnent des noms erronés aux objets familiers. Vers 3 ans, ils ne suivent pas aveuglément un informateur apparemment fiable s'il contredit ce qu'ils ont pu percevoir par eux-mêmes. Par contre, ils leur est difficile de se remémorer la façon dont ils ont acquis une information, et oublient même qu'ils ont pu posséder une croyance différente dans le passé.
            Si, globalement, les recherches en sciences cognitives montrent que notre cerveau possède certains mécanismes fondamentaux pour vérifier la cohérence des informations que nous recevons, elles insistent sur le fait que notre esprit n'a pas les moyens ni surtout le temps nécessaires pour être exhaustif, et qu'il utilise par conséquent de nombreux "raccourcis cognitifs" pour se forger une opinion, lesquels ne sont pas toujours dénués de risques d'erreurs.
            Ce sera le sujet de mon article de demain : pourquoi sommes nous crédules ?
Par coldtroll le Lundi 26 novembre 2012 à 16:02
si on est crédule, c'est plutôt bon signe, même si les conséquences peuvent être désastreuses : c'est que quelque part, on garde un peu d'espoir... non ?
Par Doc Jpeg le Vendredi 6 septembre 2013 à 15:56
Je viens donner mon avis sur la crédulité due à une cognition particulière. Le syndrome d'asperger.
Je suis aspie, étant jeune et même encore maintenant je me faisais souvent berner. Le problème vient de deux "défauts". Premièrement je suis presque incapable de mentir, cela me demande trop d'effort. Etant jeune je n'imaginai pas que c'était une chose tellement facile pour la plupart des gens. Deuxièmement je décode très difficilement les intentions des gens. Les petits signes qui peuvent montrer que la personne se moque ouvertement, même s'ils sont très "voyant" pour tout le monde, pour moi ce n'est pas du tout évident.
A l'école certains prenaient un malin plaisir à se jouer de ma crédulité.
 

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