Vendredi 18 janvier 2013 à 7:51

Sexualité, Homosexualité

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               Aujourd'hui, diverses études sociologiques permettent d'affirmer que l'homosexualité existe dans toutes les sociétés. Le pourcentage de personnes à orientation homosexuelle est à peu près le même dans toutes les sociétés et à travers toutes les époques. En clair, le comportement homosexuel est universel et a toujours existé. Selon les statistiques, l'homosexualité exclusive touche environ 3 % de la population, mais il est probable que devant les critiques et les tabous qui entraînent une certaine réticence à se dire homosexuel leur nombre est sans doute plus élevé.
             Ces statistiques recensent uniquement les adultes ayant un comportement net et non les “essais” de l'adolescence.


           Maintenant que je vous ai rafraîchi la mémoire sur le rôle de l'hypothalamus, voyons ce que les chercheurs disent sur les raisons de l'homosexualité.
 
            Il faut distinguer au plan sexuel, deux choses différentes : le désir et l'acte lui même.
 
            En ce qui concerne l'acte, les processus mettent en jeu les mêmes centres du cerveau chez l'homme et la femme, mais avec des conséquences différentes, notamment au plan physiologie des centres moteurs commandant les muscles.
            Mais ils restent les mêmes quelque soit le sexe du partenaire.
 
            Le problème de l'homosexualité est au niveau du désir.
            On ne trouve pas facilement des études sur ce problème, elles sont surtout américaines. C'est vrai que c'est très difficile à étudier car l'expérimenattion animale n'est pas possible sur un tel sujet , et on ne peut expérimenter (heureusement !) sur l'homme comme sur un animal.
              D'une part le nombre d'homosexuels sur lesquels on peut faire une étude est très limité et d'autre part il faut attendre leur mort pour pouvoir examiner leur cerveau (et que la famille l'autorise!).
         Enfin ces études sont faites sur des personnes adultes et souvent âgées (lors de l'autopsie) alors que la formation du cerveau dans ce domaine intervient dans l'adolescence. Les explications sont donc délicates. Cela dit certains circuit nerveux se modifient la vie durant et surtout la production d'hormones est éminemment variable.
 
 
              En ce qui concerne les adultes, j'ai trouvé trois explications générales de tendances homosexuelles, mais rien n'indique qu'on ait ainsi fait le tour du problème.
 
              Chez les femmes, on a noté une activité relativement très supérieure à la normale des glandes surrénales, induisant des taux anormalement élevés d'hormones androgènes.
         Des études ont fait état de taux de testostérone élevés chez des lesbiennes, mais d'autres lesbiennes ne présentaient pas cette caractéristique.
             Par ailleurs on ne sait pas si le fait d'être homosexuel a une influence sur les taux d'hormones (ce pourrait être une conséquence et non une cause).
              Ces femmes présentent dans leur enfance des comportements de “garçon manqué” et devenues adultes, ont souvent tendance à nouer des relations homosexuelles.
              Par analogie avec des études menées sur des rongeurs, il est possible que ces niveaux élevés d'androgènes circulants, aient “orienté” les circuits cérébraux à l'origine dimorphes (notamment au niveau de l'hypothalamus), dans un sens masculin plutôt que féminin, avec pour conséquence, des jeux plus agressifs et finalement, le choix d'un partenaire sexuel féminin.
         Mais ce n'est pas prouvé. Injecter de la testostérone à un bébé guenon n'induit pas de comportement sexuel mâle et un singe castré (qui n'en produit plus) peut rester très actif sexuellement surtout s'il est entouré de femelles et même s'intéresser aux mâles.
    Raisonner en opposant l'action de la testostérone à celle des œstrogènes est une vue simpliste qui ne correspond pas à la réalité biologique», dit le chercheur Catherine Vidal, rappelant qu'hommes et femmes produisent chacun ces deux hormones, mais en proportions différentes. Tout est donc une subtile question de dosage... et d'interprétation par le cerveau.
 
              Chez les hommes, des chercheurs (notamment LeVay aux USA) sont arrivés à la conclusion que certains noyaux de l'hypothalamus pouvaient être en relation avec l'orientation sexuelle.
              Ils ont montré notamment qu'un noyau de l'hypothalamus (appelé dans leur jargon NIHA3) était deux fois plus gros chez les hommes hétérosexuels que chez les homosexuels et que, au contraire, un autre noyau (dit suprachiasmatique car il est localisé dans l'hypothalamus juste au dessus du chiasma optique, le croisement à l'entrée du cerveau des nerfs optiques droit et gauche), était deux fois plus gros chez les hommes homosexuels que chez les hommes hétérosexuels et les femmes.
              Je n'ai pas trouvé dans la littérature d'explication valable de ces constatations. Les hypothèses sur le développement de ces noyaux sous l'effet des hormones androgènes sur les gênes sont assez contradictoires.
         Il existe diverses études s'appuyant sur cette constatation de différence de formation de l'hypoothalamus, qui prônent que l'homosexualité est héréditaire, (notamment une étude portant sur de vrais jumeaux, et une autre publiée en juillet 2006 portant sur la probabilité d'être homosexuel si on est le plus jeune d'une série de garçons dans une famille).
         Les  statistiques portent en général sur des populations très faibles et particulières et les chiffres sont très peu convaincants et très critiqués par les experts en statistique.
De plus une étude statistique permet de trouver des corrélations mais ne renseigne pas sur les relations de causes à effets
            En fait bien que le génome soit maintenant mieux connu, aucune explication n'est venue étayer cette théorie. On n'a pas trouvé le ou les gènes de l'homosexualité.
 
 
              Des psychologues ont également mis en lumière l'influence de l'éducation sur l'orientation sexuelle.
          Ils ont montré qu'un certain nombre d'homosexuels avaient été élevés par leurs parents comme un enfant de sexe opposé, (parce qu'ils désiraient un enfant de ce sexe opposé à celui qu'ils avaient eu réellement).
     Cependant ils n'ont jamais pu montrer la relation de cause à effet entre les deux faits, relation qui reste une hypothèse.
 
 
              Nous n'avons pas de certitude d'explication physiologique ou psychologique de l'homosexualité, mais ce qui est certain, c'est qu'il est aussi absurde de reprocher à quelqu'un cette orientation, (pire encore de la considérer  comme immorale et de l'exclure de la société), que si on excluait ainsi un gaucher par rapport aux droitiers, ou quelqu'un qui souhaitait être scientifique, auquel on aurait donné une instruction littéraire (ou inversement).
         Certaines personnes homophobes s'appuient sur la théorie de Freud selon laquelle l'homosexualité était due à un “complexe d'Oedipe inversé” et elle a été incluse comme maladie mentale dans le guide de diagnostics psychiatrique DSM jusqu'en 1973. Depuis 1973, ce n'est plus considéré comme maladie mentale.
            Les neurobiologistes ont montré en effet que les hypothèses de Freud sur les refoulements sexuels de l'enfant, notamment dans ses rapports aux parents, étaient tout à fait erronés l'enfant n'ayant pas (sauf s'il était agressé sexuellement) de blocage sexuel avant la puberté et que le complexe d'Oedipe n'existait pas.
 
    
Par alyane le Vendredi 18 janvier 2013 à 8:04
Situation qui n'est pas très simple.
Et les transexuels?
Par MiMiNe le Vendredi 18 janvier 2013 à 9:23
Homosexualité "légale" mais réprimée c'est vraiment... il y a pas de mots !
Par a-strange-girl le Vendredi 18 janvier 2013 à 14:28
Un article bien complet !
Ce que je retiens :le problème de l'homosexualité est au niveau du désir...
Par maud96 le Vendredi 18 janvier 2013 à 21:06
Toutes ces études qui entendent chercher une cause anatomo-cérébrale à l'homosexualité me laissent dubitative !
Je pense qu'il s'agit d'un problème qu'on ne pourra étudier vraiment tant qu'il y aura des zones "rouges" ou "rosées" sur la carte du monde qui illustre ton article.
Les progrès sont lents : il n'y a pas seulement l'ostracisme, mais dans certaines cultures le refus de simplement "voir". Cf un article significatif que j'ai trouvé ici sur un journal burkinabé : http://burkina24.com/news/2012/05/homophobie-a-quand-le-debat-sur-la-table-au-burkina-faso/
Par Louisa Ferrand le Mardi 27 août 2019 à 19:54
Bon job, merci beaucoup pour ce boulot que vous faîtes
 

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