Jeudi 8 novembre 2018 à 16:14

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     Les professeurs des écoles et ceux des collèges et lycées se plaignent souvent de la difficulté des jeunes à faire attention de façon soutenue à un sujet ou une tâche, et à se concentrer sur ce qu’ils devraient faire.
    Mais je constate dans mon entourage que des moins jeunes qui ont entre 30 et 40 ans sont atteint de la même « maladie ».
    Est ce un manque de volonté comme on le croit souvent ou est ce un phénomène plus complexe.?

    Quel est le rôle de l’attention ?
    Nous vivons dans un monde surchargé d’informations, qu’elles soient visuelles, auditives, dans des livres et journaux ou surtout numériques. Les écrans obnubilisent jeunes et moins jeunes, que ce soient les informations, les jeux, les réseaux sociaux ou les messages pour le travail.
    Notre cerveau est surchargé et ne sait pas comment mener son activité.
    L’attention c’est d’abord un mécanisme de sélection qui va orienter les centres du cerveau vers un sujet donné pour lui réserver un créneau de temps au milieu d’occupations multiples, en se détournant momentanément de ces autres occupations et cela en fonction de nos objectifs et de nos intentions.
    C’est donc un mécanisme qui met en jeu de nombreux centres du cerveau, et qu’on ne peut pas commander par un simple effort de volonté.

    L’attention est par nature instable, car elle résulte d’un équilibre en plusieurs centres du cerveau. Elle est donc difficile à maintenir.
    Plusieurs acteurs risquent de mobiliser l’attention.
    D’abord les centres amigdaliens, gardiens de notre sécurité. Les signaux sensoriels (surtout vue et ouïe) sont transmis directement, avant toute analyse, pour éventuellement alerter le corps pour faire face à un danger. Dès lors, un bruit, une lueur, une image vont fixer quelques instant notre attention et nos sens pour analyse.
    J’ai décrit dans un article le circuit de récompense, qui analyse le plaisir apporté par des événements et libère de la dopamine pour les événements hédonistes. ce qui nous plaît est apprécié et appelle l’attention, d’autant plus qu’on est incité à renouveler ce qui apporte du plaisir. Ce peut être à la limite une capture systématique de l’attention, qui aboutit à une habitude, puis une addiction (drogue, sexe, jeux, téléphone, nourriture….).
    Le cortex préfrontal, qui est chargé de réfléchir, de planifier, de mener les rapports sociaux, va lui orienter volontairement l’attention vers un but : réfléchir, lire, écrire, discuter avec quelqu’un, agir sur une tâche.
     Un autre centre très important est le cortex cingulaire antérieur, qui joue un rôle important dans le contrôle cognitif : la capacité de la personne à prendre conscience de ses opérations mentales, à les mobiliser ou à les bloquer, à changer de stratégie quand c'est nécessaire. Il influe donc la motivation et l'attention.    
     En outre de nombreux centres sont en fonctionnement dans le cerveau lorsqu'on accomplit une tâche donnée et le fait de faire attention renforce leur activité. En particulier rien ne se fait sans la mémoire qui met en jeu de nombreux centres et également les deux mémoires tampons, linguistique et images, qui permettent au cortex frontal de stocker momentanément des informations. Si l'on n'exerce pas sa mémoire et ces deux centres, les performances du cerveau sont moindre y compris celles de l'attention et de la concentration.


    Mais l’une des difficultés la plus courante dans le monde actuel est que nous voulons faire plusieurs actions à la fois.
Chacune va pendre des ressources du cerveau. Pour deux tâches, les deux hémisphères du cerveau vont coopérer et, au prix d’un ralentissement notable et d’un risque d’erreur plus imporatant, le cerveau arrivera à faire face si les tâches ne sont pas trop complexes. Mais au delà de deux, l’opération est catastrophique.
    L’attention ne se partage pas : elle est orienté vers un but unique.

    Mais le monde actuel fourmille d’événements qui captent notre attention ou s’efforcent de le faire : publicité qui essaie de capter nos centres amygdaliens par des perceptions brusques, très vives ou hors du commun, les jeux trépidants qui ne laissent pas une seconde libre, les réseaux sociaux, messages et SMS, qui plaisent à notre système de récompense, internet ou Google et les multiples acteurs commerciaux traquent nos recherchent et nous abreuvent de propositions, ou ceux moins agréables du travail, mais qui impactent notre cortex préfrontal.
    Il n’y a plus un instant de repos pour notre cerveau et même la durée de notre sommeil est en diminution, et donc notre fatigue croit.

    Si beaucoup d’entre nous n’arrivent plus à fixer leur attention, ce n’est pas uniquement par manque de volonté, mais parce que, submergés par une multitude d’informations, nous subissons ce flot passivement, au gré de nos sensations et de nos envies, et que nous ne savons plus couper les liens pendant un certain temps, pour prendre un peu de repos et de recul, pour se concentrer et réfléchir.
    Il faut réapprendre à faire le tri dans nos occupations, à éviter les distractions, et devenir conscients que nous ne pouvons faire qu’une chose à la fois.
    L’enseignement de la maîtrise des nouvelles technologie à l’école devrait être essentiel pour cet objectif, car l’attention est essentielle pour apprendre.



Par autresrimes le Samedi 10 novembre 2018 à 10:40
un poétique bonjour Jean-pierre
eh oui la concentration et l'attention sont importantes
A+ du troubadour Emmanuel
 

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