Mercredi 23 janvier 2013 à 8:49

Notre cerveau : émotions

             Je voulais refaire quelques articles sur les émotions, leur compréhension et leur maîtrise. Alors comme chaque fois que je reprends un sujet que je n'ai pas abordé depuis longtemps, je vais sur les sites des universités que je connais, je lis quelques revues scientifiques, pour actualiser mes connaissances.
            J'ai lu un article, qui m'a beaucoup étonné, car j'avais toujours appris jusqu'à présent que les émotions concernaient de nombreux centres dans le cerveau qui y participaient tous et que, à par les centres amygdalien pour la peur, le stress, la colère et des centres des cortex insulaire et cingulaire pour les "émotions pures" c'est à dire sans cause ou quelle que soit la cause, il n'y avait pas de centre spécialisé.
            Et là, un article de Sylvie Berthoz, chargée de recherches à l'INSERM et psychologue pour jeunes à l'hôpital de Paris-Montsouris, décrit au contraire la spécialisations de centres dans les diverses émotions.
           
            Je vous ai déjà parlé du classement psychologique des émotions, celui le plus connu étant dû au chercheur américain Plutchik avec sa célèbre "roue des émotions" (ci dessous et mon article du 27 octobre 2009). Mais c'était un classement théorique sans base physiologique.
Il semble que maintenant on sait que les grandes émotions primaires sont traitées par des centres spécialisés (mais qui ne font pas que cela !).
 
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            Les études d'imagerie cérébrale fonctionnelle sur les émotions ont été d'abord menées chez des patients déprimés, anxieux ou victimes de lésions cérébrales. Mais il est difficile de distinguer un état dépressif majeur et un état transitoire de tristesse, qui fait partie du vécu émotionnel du sujet en bonne santé. Ces deux états peuvent être traités par des réseaux neuraux en partie communs, quoique distincts et ce n est qu'en multipliant les études sur des personnes malades, d'une part, et chez le sujet sain, que cette connaissance a pu progresser.
            Mais les études sont complexes, car les réactions émotionnelles comportent différents stades, notamment la formation d'une émotion, son expression, l'expérience subjective qui lui est associée dans notre mémoire et l'adaptation du comportement aux circonstances émotionnelles particulières. Ces différentes opérations mettent en jeu des processus complexes au cours desquels les mécanismes de représentation mentale et d'action évoluent.
            Pour essayer de déterminer les processus cérébraux les chercheurs exposent les personnes à un stimulus émotionnel, en leur faisant voir des images accompagnées de sons et paroles ou racontent une histoire qui déclenche une émotion.
            On peut aussi créer un processus interne en leur demandant de se remémorer des événements personnels en relation avec tel genre d'émotion.
            On compare ensuite les résultats de toutes ces études pour essayer de faire ressortir les résultats communs les plus saillants.
            C'est ainsi que l'on peut aujourd'hui localiser certaines régions du cerveau qui semblent plus particulièrement impliquées dans la perception de telle ou telle émotion et notamment les émotions primaires.
            Par contre. il ne semble pas exister de dominance de I'hémisphère droit du cerveau dans le traitement des émotions, ni une spécialisation des zones antérieures dans les émotions positives ou des zones postérieures dans les émotions négatives, contrairement à ce qui avait été suggéré dans les modèles précédents issus de la neuropsychologie.
 
 
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            Toutefois, si certaines activations cérébrales de centres particuliers semblent dépendantes de la nature de l'émotion, d'autres ne le sont pas. Ainsi quelle que soit
l'émotion induite, qu'elle soit plaisante ou déplaisante, et indépendamment de la méthode d'induction (externe ou interne), une structure cérébrale située dans Ie lobe frontal - Ie cortex préfrontal dorsomédian - est systématiquement activée. Cette région cérébrale jouerait un rôle clé dans « l'intégration émotionnelle », pour associer l'émotion, son contexte et ses conséquences. (par exemple si vous voyez un méchant molosse menaçant, ce n'est pas la même intensité d'émotion si vous êtes derrière une vitre ou si lui est dans une cage, que si vous êtes face à lui, sans protection.
 
            D'autres équipes se sont intéressées au déroulement dans le temps des émotions en enregistrant les "courants magnétiques" provoqués par la propagation de l'influx nerveux.
            ils ont montré que les scènes déplaisantes focalisent davantage notre attention et que par ailleurs notre cerveau effectue une analyse très rapide des réactions émotionnelles des visages de nos interlocuteurs, résultat probable de l'évolution et de réactions ancestrales de survie.
 
            La tâche se complique, dès qu'on veut étudier des réactions plus complexes que les émotions primaires. Certains chercheurs l'abordent en étudiant l'activation dans le temps de divers sites cérébraux et donc en étudiant les connexions successives
            Ils ont montré notamment que, en plus de centres des émotions primaires, des centres intervenaient sur des tâches lus générale : le cortex cingulaire dans la prise de conscience de nos émotions, des zones temporales s'il y avait partage de l'émotion, empathie, et le cortex préfrontal qui servait de filtre émotionnel afin de mieux contrôler nos émotions, cela dans un optique de réaction volontaristes.
            Mais un second mécanisme relativement automatique existerait aussi impliquant l'amygdale, l'hippocampe (mémoire) et tout le circuit de Papez dans le cerveau émotionnel.
 
 
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            Enfin les chercheurs semblent avoir montré que les personnes qui étaient plus ou moins émotives (contrôlant plus ou moins leurs émotions) devaient leurs caractéristiques en particulier à des gênes contrôlant d'une part la production de sérotonine, neuromédiateur qui contrôle l'humeur et, d'autre part, la connexion plus ou moins grande entre les centres amygdaliens et le cortex préfrontaL.
 
            Ces études sont intéressantes car elle permettent de comprendre peu à peu le mécanisme des émotions et donc d'une part de pouvoir imaginer des thérapeutiques en cas de dérèglement mental dans ce domaine, mais aussi de mieux savoir comment une personne en bonne santé, pourrait mieux ressentir, identifier et contrôler ses émotions.
 
 
 
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