Jeudi 26 août 2010 à 9:49

Actualité

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    Il y a des moments où j’ai l’impression que nous marchons sur la tête et que le bon sens n’existe plus en France, même parmi ses dirigeants ou ses hauts fonctionnaires.
    Le ministre de l’Education Nationale me paraît mériter la palme dans ce domaine.
    Mes parents, puis mes professeurs, ensuite mes patrons dans mon métier, m’ont tous appris qu’avant de décider de faire quelque chose, il faut examiner soigneusement si c’est possible, essayer de prévoir la réalisation de sa décision, de ses choix, les obstacles que l’on va rencontrer et les objections que cela risque de soulever. Et plus on a un poste élevé, plus les décisions sont lourdes de conséquences et donc il faut bien en peser les inconvénients.
    Enfin c’est ce que j’ai appris dans ma vie, mais le ministre n’est pas de cet avis.

    Ce que m’ont montré les reportages à la télévision et ce que m’ont rapporté des camarades de mes petits enfants m’ont scandalisé.
    On a vaguement parlé à la fin de la dernière année scolaire des modifications des programmes au lycée, qui devaient s’appliquer en seconde cette année, sans que l’on en sache vraiment le contenu précis et là, à la rentrée, on s’aperçoit que tout serait modifié au point qu’aucun des livres scolaires ne serait plus valable.
    On n’a pas fourni aux profs les spécimens des nouveaux manuels, les éditeurs n’ont pas eu le temps de les éditer, et surtout les familles doivent acheter de nouveaux livres neufs et ne peuvent plus vendre les anciens d’occasion et cela va se répeter les deux années suivantes puisque les programmes de première et de terminale changeront à leur tour, pour les mêmes enfants.
    C’est une charge financière importante.

    Sur la nécessité d’un changement, je ne suis pas forcément contre et de plus n’étant pas prof, je ne suis sans doute pas bon juge.
    Mais j’ai fait moi-même pas mal d’études, j’ai suivi celles de mes enfants, puis de mes huit petits-enfants, et il m’arrive d’aider dans leurs devoirs pas mal de jeunes y compris certains qui fréquentent ce blog.
    Je ne suis donc pas totalement ignare en matière de formation au lycée.
    J’admets volontiers qu’il faille revoir les programmes d’histoire-géographie périodiquement, mais on n’est pas à deux mois près.
    Les sciences certes évoluent, mais là je connais bien ce domaine, et ce n’est pas au niveau des programmes des lycées que cela change grand chose, même en SVT.
    En physique-chimie, rien n’a beaucoup évolué au niveau de ce que l’on peut enseigner au lycée, car les lois élémentaires n’ont guère changé (heureusement !) depuis 60 ans. En mathématiques, c’est encore plus vrai et le niveau enseigné est plutôt moindre, et si quelques noms ont changé (les triangles “isométriques” au lieu de “semblables” par exemple pour mes petits enfants), les théorèmes et les exercices sont restés les mêmes si ce n’est qu’on ne fait plus guère d’exercices et que, donc les élèves ne se rendent plus compte de ce à quoi les maths peuvent servir.
    Quant à la littérature, les auteurs classiques n’ont pas changé et on peut toujours lire un nouvel auteur moderne sans changer tous les manuels et, malgré les SMS, l'orthographe "officiel" est heureusement stable (et on peut faire faire des dictées au lycée sans manuel !!).

    Alors qu’on change les manuels de temps à autres, ce n’est pas plus mal, mais sans se presser et pas tous à la fois
    Quand je vois les conséquences de cette décision, je me dis que, ou notre ministre de l’Education Nationale est nul et inintelligent, ce qui me paraît excessif, ou bien il a une idée derrière la tête, bien éloignée du bien de l’Education Nationale et de ses élèves.
    Je crains qu’un telle décision ne relève du comble de l’hypocrisie, un peu comme les expulsions de Roms, en raison d’une délinquance marginale.
    Je pense qu’il y a plusieurs raisons :
    - d’abord la maladie des réformes et de l’hyperactivité de notre Président qui fait tout ce qui lui passe par la tête sans réfléchir et un ministre ne peut que l’imiter s'il vaut garder sa place.
    - ensuite la volonté de dégrader le service public au détriment du privé. Alors faire une grande réforme c’est montrer qu’il va mal, et faire en sorte qu’elle se réalise mal c’est jeter le discrédit sur lui.
    -et puis électoralement, les lycées dépendent des régions qui sont toutes de gauche. Alors cela va les obliger, ou à  aider en partie les familles qui ne pourront pas payer à financer la dépense, et cela va gréver les finances régionales, ou bien à les amener à refuser cette aide et donc à risquer de mécontenter des électeurs.
    - de plus, il y a peut être quelques amis dans les maisons d’édition et, renouveler tous les livres de tous les lycées, c’est certainement très appréciable au plan financier.

    Nos élus malheureusement n’ont plus aucun bon sens quand leur popularité baisse dans les sondages et beaucoup d’entre eux, président en tête, sont prêts à faire n’importe quoi pour se faire réélire, sans se soucier de l’intérêt des français et du pays.
    Certes cela a toujours été le point faible du suffrage universel, mais depuis quelques années l’inconséquence et l’hypocrisie sont venues s’ajouter à une honnêteté doûteuse, même quand elle reste tout à fait légale. Et j'ai l'impression désagréable qu'on nous prend pour des imbéciles.
Par Away-I-go le Jeudi 26 août 2010 à 19:33
je trouve tout cela malheureusement bien vrai.
Par Olivier Leven le Jeudi 21 novembre 2019 à 17:02
Tu fais de l’incroyable travail.
 

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