Jeudi 6 janvier 2011 à 14:36

    Quelle est la localisation des diverses mémoires et de l’administrateur central.
    C’est très complexe car plusieurs centres sont le plus souvent concernés  et doivent travailler de concert et par ailleurs des connexions multiples existent entre tous les centres et des rétroactions existent, que d’ailleurs nous ne connaissons pas toutes.

    Parlons d’abord de l’administrateur central et des mémoires à court terme;
    L’administrateur pense, réfléchit, prévoit, organise, contrôle, oriente et donne des ordres. Nous reconnaissons là une tâche dévolue aux cortex frontal et préfrontal.
    Il est aidé dans ses fonctions par les mémoires tampons de la boucle phonologique et du calepin visuo-spatial. On peut localiser ces deux centres à l’arrière du cortex préfrontal.
    Pour le relais de recherche/transfert, c’est plus complexe. Il semble que pour les données de mémoire sémantique le cortex frontal ait la possibilité de faire remonter directement beaucoup d’informations (il a les adresses des connexions, en quelque sorte, pour comparer à un ordinateur); pour les données épisodiques, il semble que le plus souvent le relais soit l’hippocampe, et pour les données de perception que ce soit le thalamus.
   
    La mémoire procédurale repose essentiellement sur le cervelet..
    Au moment de l’apprentissage, le cortex frontal dirige les opérations avec le concours des diverses mémoire comme je l’ai expliqué dans mon dernier article. Puis lorsque l’apprentissage est terminé c’est le cervelet qui joue le rôle de chef d’orchestre et a mémorisé le processus opératoire. Mais il s’appuie sur les centres de mémorisation de la vison et de l’ouie, et sur les centres sensitifs et de coordination motrice des muscles dans le cerveau, au sommet du crâne.

    La mémoire perceptive est contituée de celles associées aux zones d’interprétation des perception de nos sens et se trouvent proches de ceux-ci et que l’on appelle des “centres associatifs” car ils regroupent ou relient des perceptions différentes d’une même chose ou événement.
    Pour la vue, les centres d’interprétation occupent tout la partie arrière (occipitale) du cerveau, et plus en avant deux centres mémorisent à gauche les images des objets en liaison avec leur nom, et à droite les catographie de position, où se situent les objets les uns par rapport aux autres. Les neurobiologistes appellent ces centres le “quoi” et le “ou” (voir schéma de droite ci dessous).
    Le centre d’interprétation de l’ouie est très central et les centres du toucher sont au sommet du crâne, dans la zone pariétale.
    Au milieu de ces centres des centres qui assi-ocient ces mémorisations et les relient aux mots du centre de Geswind voisin.
    Mais il y a un chef d’orchestre de la mémoire perceptive, le Thalamus (voir mon article du) qui coordonne les perceptions de nature différentes, concernant un même objet et faites au même moment. Il sert probablement aussi de relai lorsqu’on veut accéder à un souvenir perceptif, car il doit en avoir les coordonnées.

    La mémoire sémantique est complexe car très répartie.
Le chef d’orchestre qui la forme et qui lui pose les questions est nos cortex frontal et préfrontal.
    Il s’adresse pour faire remonter les informations à l’hippocampe d’une part, mais surtout au cortex temporal gauche qui semble jouer le rôle de “table des matière” de la “base de données” des éléments mémorisés et de leurs connexions logiques.
    Les mémorisations semblent ensuite très réparties, dans l’hémisphère droit pour les images, dans le centre de Geschwind, associé aux centres de Wernicke et de Broca pour les mots représentant des objets (voir mes articles sur la parole), qui sont dans l’hémispère gauche.
    En fait on ne sait pas grand chose sur le mémoire sémantique, qui en fait est assez prodigieuse quand on songe à la quantité de choses que nous retenons en les liant entre elles de façon logique et hiérarchisée. On a peu d’idées sur la façon dont sont conservées les notions abstraites par exemple : probablement sous forme de mots, qui déclenchent ensuite un processus où intervient  le centre de la parole de Broca, qui nous “récite mentalement” une “définition” de cette abstraction.
    La mémoire sémantique fait aussi appel à notre “expérience” c’est à dire à des souvenirs de notre vie, donc de la mémoire épisodique, mais qui ont été “sémantisés”, c’est à dire transformés en connaissances logiques : causes, effets, conséquences, explications et reliés aux autres connaissances.

    La mémoire épisodique et chronologique de nos souvenirs (on pourrait aussi l’appeler autobiographique), est mieux connue, car on peut plus facilement l’étudier en IRM (les images des scanners) en demandant à des personnes de se rémémorer leurs souvenirs.
    Là encore notre cortex frontal est le chef d’orchestre, car sans lui nous n’aurions pas conscience de nos souvenirs et nous ne pourrions les examiner mentalement.
    Mais il fait appel à l’hippocampe qui intervient dans la formation et le rappel de nos souvenirs anciens et surtout récents (la maladie d’Alzeimer est surtout une dégénérescence de l’hippocampe). Il est probable que ce centre joue un rôle dans le rappel des informations stockées dans les diverses régions du cerveau et l’assemblage de celles constituant un souvenir, l’interprétation et la reconstitution ultime se faisant dans le cortex frontal.
    Il semble toutefois que pour les souvenirs autobiographiques “sémantisés”, le cortex frontal ne passe plus par l’hippocampe mais se  sert comme intermédiaire du cortex temporal gauche.
    La mémoire épisodique s’appuie évidemment sur les centre associatifs perceptifs que nous venons de décrire, car elle fait beaucoup appel aux images, mais également sur les centres de mémorisation des mots, car un objet est associé à son nom d’une part, et d’autres part nos souvenirs sont aussi constitués de parole, de phrases de notions dont l’interprétation est liée au langage.
    Mais la mémoire épisodique s’appuie également sur des centres du cerveau émotionnel, notamment le gyrus cingulaire et le précunéus (voir schéma).
    Le gyrus cingulaire intervient dans tout ce qui est émotions et sentiments et notamment leur mémorisation, et le précunéus semble être impliqué dans la conscience et notamment la “conscience de soi”.
    Le gyrus lingual dans l’hémisphère droit, , qui fait partie des aires d’interprétations visuelles précise les “cartographie” et la localisation des scènes intervenat dans les souvenirs (il fait partie du “Où?”).

    Les différents types de mémoire participent à l'édification du soi et déterminent le rapport à autrui.
    Les psychologues appellent “Self”, une composante de la personnalité constituée de sensations, de souvenirs conscients ou inconscients à partir desquels l'individu se construit, structure sa personnalité et vit sa relation à l'autre.

    Le Self est une représentation mentale de sa propre personnalité ou identité, formée à partir d'expériences vécues, de pensées encodées en mémoire, tout ce que notre mémoire épisodique a emmagasiné d'expériences, de relations avec d'autres personnes, de succès ou d'échecs, de ce que nous avons vécu et de la façon dont nous l'avons vécu.
    Toutefois, la mémoire sémantique pafticipe aussi à son élaboration. Nous utilisons notre mémoire sémantique pour parler de nos goûts, des études que nous avons réalisées, de notre famille......
    Mais Ia mémoire se forme également, en grande partie, en relation avec les autres. Notre capacité de distinguer nos propres pensées de celles d'autrui se développe au même moment que nous apprenons à nous remémorer consciemment certains épisodes du passé ou à imaginer des épisodes futurs.
    Par exemple, vers l'âge de cinq ans, I'enfant commence à comprendre que les adultes ne savent pas forcément à quoi il pense, et réciproquement, que ces mêmes adultes ont également des pensées que lui-même ignore. L'enfant acquiert alors ce que l'on nomme une théorie de I'esprit.
    C'est aussi à cet âge que les enfants peuvent se projeter par Ia pensée un an en arrière, pendant leurs vacances d'été, ou imaginer un événement qu'on leur annonce pour Ie mois suivant, par exemple NoëI.
    En comprenant que certaines pensées leur appartiennent en propre, ils peuvent commencer à classer des souvenirs comme étant leurs souvenirs privés, et se constituer une mémoire autobiographique, un registre de la mémoire qui participera à l'édiflcation d'un soi clairement démarqué des autres.

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