Jeudi 19 août 2010 à 8:36

Zoologie, botanique, évolution


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    Hier nous avons vu les performances des perroquets éduqués par Irène Peppenberg de l’université d’Harward, en matière de reconnaissance de diverses propriétés d’objet et d’association de propriétés ou de comptage d’objets.
    Aujourd’hui nous allons voir qu’Alex était capable d’exprimer certaines idées, certains désirs, en utilisant des verbes et leur complément, et en ayant ainsi une certaine “conscience de soi”.

    Les perroquets gris disent par exemple « Veux pomme» quand ils voient une pomme, et par la suite même s’ils ne la voient pas mais ont envie de manger.
    On les a habitués à regarder ce qui se passait dehors et quand ils voulaient le faire ils savaient dire : « Veux aller fenêtre ».
    Bien entendu, entraineurs obéissent a ces souhaits pour que les oiseaux ressentent les conséquences de leurs phrases. Quand on tend un mauvais objet, l'oiseau refuse avec un « Non» et répete sa demande initiale. Quand il est conduit au mauvais endroit, il refuse de quitter le bras de l'entraineur, et renouvelle aussi sa demande.

    Un autre exemple des capacités cognitives de ces oiseaux loquaces est la permanence de l'objet :  un objet continue d'exister même quand on le change de place ou même lorsqu'il est caché.
    Ce concept n'est pas aussi évident qu'il y parait : chez les bébés, cette capacité n'apparait que progressivement. Bien que les chiens, les chats, les pigeons adultes, aient une notion rudimentaire de la permanence des objets, elle est beaucoup moins élaborée que chez l'homme.   
    Si on cache un objet sous l'un des trois gobelets posés devant l'animal, puis on le cache sous un autre gobelet, seuls les grands singes adultes et les perroquets font aussi bien que I'homme adulte dans ce type de test.    
    Les études sur de jeunes perroquets ont révélé que le développement de la permanence de l'objet passe par les mêmes stades que chez l'enfant humain.

    Alex a même “inventé” des mots appropriés pour certains objets.
    Par exemple, lorsqu'il dut apprendre le mot pomme, il connaissait déja les noms de banane, cerise et raisin. L'entraineur lui présenta alors une pomme en lui demandant, sans lui citer aucun nom : «Qu'est-ce que c'est? » ; Alex répondit “banarise” en croquant dans le fruit.
    L'entraineur essaya de le corriger en répétant plusieurs fois le mot pomme. Alex répétait “banarise”, et ceci avec la même intonation distince et lente que celle des entraineurs quand ils lui apprennent un nouveau mot.
    Par la suite, il a obstinément utilisé ce nom pour toutes les pommes qu'on lui présentait et il le classait dans les fruits. Il l’a probablement construit à partir des mots banane et cerise qu'il connaissait déja. Peut-être les pommes ont elles pour lui, un goût un peu similaire à celui de la banane, et certaines pommes à peau rouge, ressemblent un peu à une grosse cerise.

    Un jour Alex regardait son image dans un miroir, et il a demandé à son entraineur “Quelle couleur ? " en pointant sa tête. Il posait une question que personne ne lui avait apprise avant.  L’entraineur lui répondit : “ Gris. Tu es un perroquet gris” . Alex reposa la même question cinq fois et obtint chaque fois la même réponse. A partir de ce jour-Ià “gris” fit partie de son vocabulaire.

   
Ces exemples montrent que les perroquets ne sont pas des animaux uniquement guidés par leurs instincts. lIs ont une excellente mémoire. sont capables d'apprendre des formes de communication élaborées, ont une vie sociale riche et une curiosité impressionnante.
    Leur intelligence devrait au moins égaler celle des singes anthropoïdes et des dauphins, considérésjusqu'a présent comme les animaux les plus intelligents.
Par maud96 le Jeudi 19 août 2010 à 11:13
Je trouve que les petits perroquets gris ont en effet une tête nettement plus intelligente que le gros Ara photographié dans l'article d'avant (qui en plus fait des fautes de conjugaison !)
Par Dalya le Jeudi 19 août 2010 à 22:19
Pour avoir profondément aimé et pris soin de l'un de ces animaux étant petite, je me souvient de leur intelligence. Mais je dois reconnaître que là, je suis émerveillée de leur perspicacité. Le notre ayant d'abord été maltraité par les humains (sans doute attrapé en Afrique malgré qu'on l'ait vendu à mes parents comme élevé en France) il avait malheureusement préféré s'attacher à notre chienne, et s'est laissé mourir de faim quand elle est morte, à 10 ans... J'ai toujours eu au fond de moi l'envie de retrouver cette relation si particulière que j'avais avec ce gris du Gabon, mais plus j'en connais sur lui, plus cette envie se fortifie.
 

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