Jeudi 13 novembre 2008 à 9:44

Tristesse, désespoir

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    Beaucoup de mes correspondantes qui discutent avec moi de leurs problèmes ont une préférence cérébrale “pessimiste” très marquée. Cela semble être aujourd’hui une orientation fréquente chez les jeunes.
    Elles ont tendance à voir plutôt le “verre à motié vide” que le “verre à moitié plein” et donc à voir plutôt le mauvais côté des choses plutôt que les avantages de la situation.
    Elles amplifient tous les ennuis au dela de leur portée réelle raisonnable, et sont donc soucieuses et stressées, au lieu d’essayer d’être gaies et sereines.   
    Elles sont tournées vers le passé, ayant beaucoup de regrets de ce qu’elles n’ont pas su faire et de remords de ce qu’elles ont fait insuffisamment bien à leurs yeux.
    Lorsqu’elles traversent une crise, le retour à la normale et au rationnel est lent et difficile.
    Bref elles n’ont pas confiance en elles et sont perpétuellement inquiètes.

    Il faut savoir que c’est d’abord une orientation innée, qui vient du fonctionnement de son cerveau.
    Entre le cerveau émotionnel et le cortex qui réfléchit et anticipe les événements, existent deux circuits de transfert des émotions.
    Un réseau “positif”, qui relie le cortex préfrontal (qui entre autres prévoit et évalue les conséquences de nos actes et intervient rationnellement dans la régulation de notre psychisme) et un petit “centre du plaisir”, le noyau accumbens, qui suscite de “bonnes sensations”
    Un réseau négatif qui relie également le cortex préfrontal , mais aux centres amygdaliens qui interviennent dans la peur, l’angoisse, la colère...
    Devant des images, des écrits ou paroles,des événements, des sensations choquantes ou angoissantes, l’information passe par les deux circuits, mais l’un d’entre eux est davantage activé : le réseau positif pour les optimistes, le réseau négatif pour les pessimistes.
    Donc on nait plutôt optimiste ou pessimiste.

    Mais notre éducation et notre instruction influent fortement sur cette orientation originelle.
    L’éducation et le comportement des parents d’abord.
    Un enfant a besoin d’être aimé, consolé, encouragé, aidé quand il a des problèmes. Des parents qui ont une éducation purement répressive, critiquant sans cesse et punissant leur enfant à la moindre péccadille, vont détruire sa confiance en lui et lui donner un stress permanent qui risque de faire progresser fortement le réseau négatif.
    Le parcours scolaire et supérieur ensuite.
    Apprendre à maîtriser ses émotions passe d’une part par une connaissance et une appréciation de celles-ci, que la communication avec autrui et la lecture (ou le spectacle) d’épisodes de vie enseigne peu à peu, à coté de son expérience personnelle.
    Cette maîtrise passe aussi par le contrôle du cortex frontal qui réfléchit et anticipe sur le cerveau émotionnel, qui lui, reste très subjectif. En particulier, je vous l’ai déjà dit dans d'autres articles, les pensées tristes ont tendance à “tourner en rond” dans le cerveau émotionnel et “à chaque tour”, les centres amygdaliens rajoutent leur réaction négative (on appelle cela le circuit de Papez).
    Une instruction qui développe le rationnel et la logique, (scientifique en particulier), augmente donc les capacités du cortex à réagir dans une analyse objective des situations et des émotions.
    J’ai remarqué que les élèves de S et surtout de prépas scientifiques, réagissent souvent de façon plus optimiste que ceux des classes de L et de prépas littéraires. Cela dit ma statistique n’est pas assez nombreuse.

    Mais on peut diminuer un optimisme trop exagéré qui nous masque les difficultés et surtout un pessimisme qui empoisonne notre vie, par l’angoisse qu’il engendre.
    Pour lutter contre le pessimisme, il faut essayer de privilégier le circuit “positif” et d’empêcher les pensées tristes de tourner en rond dans notre cerveau émotionnel, sans communication avec le cortex.
    Ce n’est pas facile certes, même pour ceux de préférence cérébrale de décision “logique L” et à fortiori pour ceux qui font leurs choix de façon subjective en fonction de leurs valeurs et de leurs goûts (préférence “valeur V”).
    La première chose c’est de ne pas se laisser aller dans ces pensées tristes et négatives, mais de forcer le cortex à intervenir, en essayant d’analyser logiquement rationnellement, objectivement situations et émotions, en se forçant à recenser les bons cotés, les avantages présents et futurs.
    Peu à peu l’exercice va activer davantage le circuit positif et il faudra l’exercer en se forçant à voir “le verre à moitié plein”.
    Il faut ensuite se forcer à ne plus penser au passé et changer de sujet de pensée, chaque fois que l’on pense à un regret ou un remord. Il faut tirer les leçons du passé mais tourner ensuite la page. Il faut se forcer à se tourner vers l’avenir et vers l’espoir.
    Enfin comme je vous l’ai déjà dit souvent, il faut bannir tout environnement triste : écrits, images, lectures, l’apologie de la violence, du sang et de la mort.

   
Un très fort pessimiste ne deviendra pas un grand optimiste, mais il pourra dompter la plupart de ses tristesses et de ses angoisses. Il faut qu’il sache que le bonheur est fait d’une part de l’absence de gros soucis et d’autre part de toutes les petites joies de tous les jours; on en a tous, mais encore faut il les voir, les reconnaître, et les apprécier.
Par monochrome.dream le Jeudi 13 novembre 2008 à 10:50
Tu dis qu'il y a une part de donné biologique ou d'instinctif là-dedans... Tu pourrais m'expliquer ce qui fait que spontanément, c'est tel ou tel réseau qui est sollicité en priorité ? Est-ce dû au hasard ? Ou à des particularités génétiques ?

J'en profite pour te souhaiter une bonne journée :)
Par glandeur-rockmantique le Jeudi 13 novembre 2008 à 16:44
Je ne savais pas qu'il y avait une part d'innée dans le fait de voir sa vie en mode positif ou négatif... c'est intéressant.
Mais comme tu le dis l'éducation joue un grand rôle là dedans, je refuse de croire qu'il n'y a que la nature derrière tout ça.
Avec un peu d'effort, l'optimisme se développe. Je crois même qu'il suffit d'avoir envie de sourire pour arriver à le faire sincèrement.
Par repermusiques le Vendredi 14 novembre 2008 à 18:57
J'apprends aussi beaucoup de choses en lisant votre blog. Ces récents articles sur le pessimisme ont attiré mon attention. Je le suis à l'extrême & je peux confirmer qu'on ne peut pas devenir optimiste, même avec de la volonté...

Bonne soirée & à bientôt
 

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