Mercredi 10 décembre 2008 à 8:36

Tristesse, désespoir



http://lancien.cowblog.fr/images/Fleurs1/P3310080.jpg

    Mon dernier article sur la tristesse a amené quelques commentaires contradictoires et j’ai reçu plusieurs mails qui parlaient davantage des commentaires que de l’article lui-même.
    Mes correspondant(e)s se posent finalement la question sur “l’échelle des tristesses et des souffrances psychiques”, en reliant celles ci aux événements qui les ont provoquées et d’autres me demandent si une tristesse permanente est une maladie.
    Ce sont ces questions, qui ont fait un peu polémique, que je voudrais discuter aujourd’hui, car je ne suis pas certain que ce soit le vrai problème et je pense qu’il faudrait voir ceci autrement.
   
    Je crois d’abord que la tristesse chronique n’est pas une maladie, mais qu’une maladie qu’elle soit physique ou psychique (dépression notamment), peut engendrer une tristesse presque permanente.
    A cela près cependant que si on est au bord du désespoir et qu’on ne réagit pas pour remonter la pente, on peut alors aller vers la dépression qui est une maladie temporaire.

    Il faut ensuite être conscient que, face à un même événement, les réactions des personnes peuvent être très différentes et donc le niveau de leur souffrance également.
    Il ne faut jamais évaluer la souffrance des autres d’après ce que serait sa propre réaction personnelle dans des circonstances analogues.
   
Je ne parlerai pas de ceux ou celles qui simulent la douleur, ou l’exagèrent volontairement pour appeler l’attention sur eux (ou elles), mais des personnes qui souffrent véritablement. Certes leurs paroles ou leurs écrits peuvent être inconsciemment éxagérés par rapport à cette souffrance, mais c’est alors une façon de se soulager en l’évacuant et en essayant de la définir.
    Raconter à quelqu’un ou à un cahier, un blog, ses problèmes et leurs conséquence est une façon efficace de diminuer leur emprise sur notre cerveau émotionnel, à condition de ne pas faire que cela car, dans ce cas, cela tourne à l’obsession.

    Donc, contrairement à ce que pensent certains de mes correspondantes, je ne crois pas qu’on puisse évaluer le niveau de souffrance à partir de l’importance du traumatisme subi.

    Certes il existe des événements graves qui entraînent toujours des traumatismes importants : agressions, viols, attentats, accidents, parte d’un être très cher, maladies...

    Mais selon les circonstances de l’événement et surtout en fonction de la personnalité de la personne qui l’a vécu, ainsi que de l’environnement humain autour d’elle (familial, amoureux et amical notamment), les conséquences psychologiques peuvent être relativement différentes en nature, en intensité et surtout en durée.
    L’oubli est rare, mais la pénibilité des souvenirs s’atténue plus vite par exemple, chez un optimiste que chez un pessimiste, et si la personne est entourée d’affection et d’attentions de gens qu’elle aime et qui l’écoutent et l’aident.
    Je sais donc quand une correspondante me parle d’un tel traumatisme, que la première chose à faire est de l’écouter pour évaluer l’ampleur des dommages, ainsi que sa volonté de remonter la pente et ce qui va l’y aider ou la freiner, mais je sais aussi qu’elle ne pourra pas sortir du gouffre et remonter la pente en quelques semaines. Mais ce pourra être plus ou moins difficile et long.

    J’ai souvent dit que les jeunes qui m’écrivaient avaient surtout des chagrins d’amour.
Souvent certaines avaient plutôt une attirance qu’un grand amour, d’autres se sont révoltées devant la méchanceté de leur ex-ami et leur amour s’est transformé en indifférence, voire en hostilité.
    La souffrance peut être vive sur le moment, mais elle disparaît assez vite.
    D’autres par contre ressentent une grande douleur et restent longtemps inconsolables, car leur amour était bien plus grand, bien que souvent, à mon avis, leur petit ami ne valait pas un tel attachement.
    Certaines même, sont au bord du suicide ou ont fait des TSA.
    Comme je l’ai dit plus haut, les capacités de réagir dépendent beaucoup de la personnalité de la personne en cause et de son environnement immédiat. Une famille attentive pourra apaiser sa douleur, alors qu'un manque d'attention et de tendresse la rendra plus sensible et la prolongera dans le temps.
    Les remords de ce qu’on a fait, les regrets de ce qu’on n’a pas su faire, tracassent de façon très différente un pessimiste  et un optimiste, qui saura tourner la page après avoir tiré les leçons des problèmes rencontrés et des erreurs commises.   

    L'âge aussi est un facteur important. 
Un ado supporte beaucoup plus mal la perte d'un être cher qu'un adulte; ce dernier a sans doute autant de peine, mais il sait mieux la dominer, trouver des dérivatifs, raisonner ses émotions, faire face à un destin auquel il ne peut rien.

    La peine, le stress les plus difficiles à évaluer sont ceux de ceux qui ne savent pas les raisons de leur
souffrance, ou qui n'en n'ont qu'une idée très floue. Souvent d'ailleurs ce handicap est très variable dans le temps, pouvant passer sans raison évidente, d'une certaine joie à une crise majeure de détresse.

    Pour en revenir aux questions soulevées dans les commentaires et les mails, je ne pense pas qu’il faille faire une classification de la gravité des malheurs que l’on a subis. Il n'y a pas d'échelle graduée dans ce domaine ! Chaque cas est un cas particulier, car aucun d’entre nous n’est identique à son voisin et son environnement est différent.
    Il ne faut donc jamais juger quelqu’un qui souffre. Il faut examiner si sa souffrance est simulée ou réelle, au moins en partie, et dès lors l’écouter pour savoir ce que la personne ressent face à ses problèmes, avant de les analyser avec elle et d’essayer de trouver des solutions et d’atténuer ainsi cette souffrance.

Par Maybe.Be le Mercredi 10 décembre 2008 à 9:59
Comme vous le dites ici. Chacun réagit comme il peut, avec la force qui lui reste ou non, à un évènement plus ou moins grave. Certains, optimistes, auront la force de surmonter chaque épreuve qui se présentera à eux. D'autres le feront avec beaucoup plus de difficultés et de souffrances. Chacun a souffert ou souffrira un jour où l'autre de toute je crois. J'espère juste que tout le monde a, au fond de lui, la force et le contexte qui lui permettra de s'en sortir. C'est tout.
Par kaa le Mercredi 10 décembre 2008 à 20:02
mais cette tristesse, certains ne se la créent-ils pas ? un peu comme une mode ...
Je ne me rappelle pas de tous ces phénomènes à mon époque (oui, je sais je suis vieux)
Par Maybe.Be le Jeudi 11 décembre 2008 à 12:29
J'sais pas.. Moi j'dirai plutôt que si y a plus de jeunes tristes maintenant qu'avant.. C'est juste que v'là.. P'tet que l'avenir est plus dur que il y a quelques années peut-être... Fin j'sais pas.. Souvent maintenant on entend les parents dire que v'là ils ont peur pour l'avenir de leurs enfants vu comment le monde devient maintenant.. Ou alors les gens qui justement ont peur d'avoir un enfant pour la même raison.. Fin v'là j'sais pas j'étais pas là y a quelques années donc v'là.. J'sais pas si avant les parents s'inquiétaient autant ou quoi.. J'parle pas d'il y a longtemps comme pendant ou juste après la guerre ou quoi.. Mais la génération de nos parents par exemple... Fin v'là ce n'est que mon avis mais d'après ce qu'on entend au jour d'aujourd'hui quoi... Pis surtout avant y avait pas les mêmes moyens s'expression que maintenant.. Fin j'sais pas quand on écrit ou quoi [sur un blog comme ici par exemple] c'est juste pour fin évacuer les p'tits trucs tristes sans pour autant aller mal tout le temps.. Fin comme avant on le faisait sur un journal intime à mon avis sauf que là c'était pas lu.. J'pense que c'est juste ça.. Juste qu'on écrit moins facilement j'pense quand on va bien que quand on va mal quoi.. [ La chanson de Zazie le dit bien "Sur Toi" ] Bref. Ce n'est que mon avis hein..
 

Ajouter un commentaire









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

La discussion continue ailleurs...

Pour faire un rétrolien sur cet article :
http://lancien.cowblog.fr/trackback/2743055

 

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Page suivante >>

lancien

sortir de la tristesse

Créer un podcast