Jeudi 14 mai 2009 à 9:35

Notre cerveau : émotions

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    Je sais que quelques un(e)s d’entre vous ont l’esprit curieux et s’intéressent à des explications scientifiques si elles ne sont pas trop complexes et longues.
    Que dire sur les regrets ?

    Il nous arrive souvent d’obtenir un bon résultat, mais de nous apercevoir que si nous avions fait un choix autre, nous aurions obtenus mieux encore et nous avons des regrets de ne pas avoir fait le “meilleur choix” ou de voir à postériori que nous avons même fait un mauvais choix qui nous a mené à l’erreur et parfois à des situations pénibles.

     Les neurologues ont pu déterminer que ce sentiment prenait naissance dans une région particulière de notre cortex frontal. Cela est curieux car le cortex frontal est en principe le siège des raisonnements et non des sentiments.

        Les personnes dont cette région est lésée, ont moins de regrets, mais on constate qu’elles se trompent beaucoup plus souvent et prennent rarement les bonnes décisions.
En fait ce centre “anticipe en permanence les regrets que risquent de nous causer nos décisions” et est donc chargé de minimiser les risques de regrets et de guider ainsi nos choix.
    C’est donc bien un centre de “réflexion”.


    D’un point de vue neurobiologique, le regret pourrait être défini comme “l'émotion associée à la capacité de se représenter des situations hypothétiques”.
    Le regret étant un sentiment désagréable associé à une notion de responsabilité, notre cortex frontal doit tirer les enseignements de nos expériences afin de minimiser les risques que ce sentiment ne réapparaisse lorsqu'une nouvelle décision devra être prise ou parce que la décision prise aurait été mauvaise.
    Chacun se projette inconsciemment dans l'avenir lorsqu'il est confronté à des choix, et sélectionne l'alternative qui lui laissera le moins de regrets.
    En des temps préhistoriques, le cerveau humain aurait développé cette capacité qui lui aurait conféré un avantage pour prendre des décisions, par rapport à ses congénères animaux.

    Les regrets sont donc des réactions émotionnelles qui se manifestent lorsqu'on anticipe une décision, et qui nous préviennent des conséquences probables du choix qu'on s'apprête à faire.
    C’est le cortex frontal qui fait la réflexion d’anticipation et le cerveau émotionnel qui ensuite apporte une aide à la réflexion, en fournissant  au cortex une réaction sentimentale d’évaluation des résultats de ses hypothèses d’anticipation.
    Ce processus est contrôlé en premier lieu par le cortex orbitofrontal. Cette zone cérébrale est devenue très importante pour gérer toutes les situations de choix, notamment par la production en liaison avec le cerveau émotionnel, de « regrets anticipés ».
    Un choix “rationnel” est donc une collaboration entre le cortex frontal qui réfléchit de façon logique à l’avenir et aux conséquences des décisions et le cerveau émotionnel qui fournit une réaction sentimentale devant les hypothèses élaborées.
Le choix se fait ainsi par approximations successives.


    Evidemment le cerveau compare ensuite les résultats aux prévisions et ajuste à postériori le contenu de nos regrets.
    Quand les résultats ne sont pas conformes aux prévisions, à ce qu’on en attendait, alors le cerveau émotionnel réagit comme lors de la décision, mais à postériori, et suivant qu’il se reproche d’avoir pris de mauvaises décisions ou au contraire de ne pas avoir agi lorsqu’il fallait le faire, il génère alors remords ou regrets, et en général de façon plus violente que lors de la prise de décision, car lors de celle-ci, il ne s’agissait que d’hypothèses, alors qu’après il s’agit de la réalité, du présent et du passé.
    Comme je l’ai dit dans mon article précédent, les remords d’avoir mal agi, de s’être trompé dans l’action sont vifs dans le présent, mais s’atténuent peu à peu et deviennent moins préoccupants.
    Au contraire, les regrets de ne pas avoir agi, de ne pas avoir fait à temps ce qu’il aurait fallu faire, sont beaucoup plus long à décroître et nous poursuivent longtemps.
    C’est une réaction normale d’un cerveau, construit par l’évolution pour agir, alors que l’on sait qu’en agissant on fait forcément quelques erreurs.
    Notre cerveau émotionnel minimise donc les conséquences des erreurs au profit de l’action et nous reproche davantage l’inaction.

    Ainsi les remords et les regrets seraient un « effet secondaire » de notre capacité de prendre des décisions.
    Inversement, les personnes incapables de regretter prennent des décisions qui les mettent souvent en difficulté.    

        Il est donc nécessaire d’avoir des regrets, mais il faut savoir les maîtriser afin qu’ils ne se transforment pas en une peine insoutenable.
    C’est ce que nous essaierons de voir ensemble dans le prochain article.

Par invidia le Jeudi 14 mai 2009 à 12:56
Comme d'habitude c'est un article intéressant. J'attends le suivant avec impatience, vu que j'ai tendance à regretter quasiment tout ce que je fais. J'aurais peut-être plus de commentaires à faire sur la "maîtrise des regrets" que sur cette partie-là.
Par plop-maw le Jeudi 14 mai 2009 à 23:26
chouette xD. On dit mieux vau des regrets que des remords. Moi je trouve mieux vaut des remords que des regrets dans certaines circonstances. Enfin tout est une question de point de vue.
Par jazz le Vendredi 15 mai 2009 à 11:54
bonjour Jean-pierre
comme toujours un article bien interresant par ici

un article sur la chanteuse Madeleine Peyroux en mon blog posté en ce jour
te souhaitant un bon w end , A+ de Emmanuel
Par maud96 le Vendredi 15 mai 2009 à 17:33
Le regret, pour moi, est d'un autre ordre que le remords. Le remords implique la référence (juste ou erronée) à un ordre des valeurs à accomplir, un idéal de soi à atteindre.
Le regret c'est de n'avoir pas, par mes actes ou par un fait de nature, pu atteindre certains "canons" imposés par la "normalité" ou le fait que d'autres, eux, par leurs qualités, y parviennent : je regrette de ne pas savoir bien dessiner, mais n'en ai pas de remords.
J'aurais des remords si, inscrite en école d'Art et acceptée parce que je serais "douée", et "séchant" sans cesse les cours, je me faisais rétamer à l'examen. Il est vrai que souvent les deux sont mêlés : j'échoue à la fin de prépa de Médecine, où il n'y a que 15% d'admis par décision "supérieure"... je peux toujours me dire que je n'ai pas assez travaillé, c'est vrai ! Mais les 85% qui ont échoué avec moi et l'aspect en partie aléatoire de la notation me feront vite comprendre que c'est là un sentiment de culpabilité mal placé.
 

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