Lundi 29 décembre 2008 à 10:14

Drogue, alcool, addictions

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    A la suite de mes articles sur les addictions, plusieurs correspondantes me demandent de parler des tatouages et piercings et des problèmes psychologiques correspondants.
    “Tokiodécadence” en particulier m’écrit :
“..Une petite question pour toi, que penses-tu des personnes qui se tatouent/percent? Je ne parle pas des occasionnels (un petit bijou au nez), je parle des fans de bods mods, ceux qui commencent à les collectionner... Pour toi, est-ce une déviance? une addiction? une forme d'exprimer sa souffrance? une manière de s'approprier son corps? ou une simple forme d'art?...”.

    Je n’aime pas parler d’une question que je connais peu. Bien sûr je sais ce que sont piercing et tatouages, mais je n'avais pas lu grand chose sur les aspects psychologiques, si ce n'est l'image" que nous avons de notre corps, qui est un sujet connu en psy ! Alors je n’ai pas traité tout de suite ce sujet pour me donner le temps de me documenter un peu et de voir ce que j’avais dans les articles et livres en ma possession ou sur internet.

    Ayant vu lors de voyages en Egypte, que les pharaons et notables pratiquaient déjà des modifications corporelles, j’ai cherché d’abord à faire un peu d’historique sur le sujet, ce qui sera l’objet de ce premier article.
 
    Le piercing, le tatouage, les scarifications et les implantations sont des pratiques ancestrales.
    On a constaté l'utilisation de tatouages dès la préhistoire néolithique en Europe. A la même période, en Afrique, des petites pierres (des labrets) étaient insérées au niveau de la lèvre inférieure ou dans les lobes des oreilles.
    En Égypte, le corps tatoué et scarifié de la momie de la prêtresse Amunet et des boucles d'oreilles en or sur des corps masculins datent de plus de 4000 ans.
    Plus tard, en Afrique, les scarifications ont supplanté les tatouages, car ils sont plus visibles sur les peaux sombres.
    Les Indiens mayas avaient des anneaux dans la langue, les Papous des osselets dans les narines, les Massaïs se perçaient les oreilles et les légionnaires romains le sein.
    On trouve des traces de piercing sur des images peintes et dans des textes des XIV, XV et XVIème siècles. Sur les visages et sur les corps, des anneaux, des pendeloques et des chaînes traversant la chair montrent que le piercing contemporain est issu d'une longue tradition.
    Puis le tatouage apparaît d'abord en marge de la société, dès le XVIIème siècle, chez les matelots, les soldats et les bagnards.

    Quant au piercing occidental moderne, il serait né avec le mouvement Punk dans les années 1970. Il était associé, il y a quelques années encore à la musique techno, mais il s'est aujourd'hui élargi à la notion de bijou, beau et original.
    Imposé autrefois comme une marque d'infamie que l’on cachait, le piercing ou le tatouage sont aujourd'hui des actes volontaires et revendicatifs. La marque est devenue démarque : une originalité pour de faire remarquer.
    Je parlerai peu des implants qui relèvent d’une opération chirurgicale et sont donc peu répandus. Peu pratiqués en France, ils se sont surtout développés aux États-Unis et en Grande-Bretagne,
    En définitive, l'image du corps est modifiable, par l'imagination, mais aussi par toutes les techniques corporelles (gymnastique, danse, méditation, piercing, mutilations) et par les vêtements (qui font aussi partie de l'image du corps).

    Quelles sont les personnes qui se font tatouer, percer, implanter?
    Le piercing attire une clientèle variée plutôt jeune de toutes conditions sociales. La peau ou certaines muqueuses sont percées à l'aide d'une aiguille, et le bijou est implanté. Les localisations les plus prisées sont le nez, les oreilles et le nombril.
    En France, on ne dispose pas d'enquête officielle fiable sur le piercing et le tatouage, mais il en existe une réalisée en 2001, au Canada.
    On y apprend que 23% des adolescents âgés de 12 à 19 ans avaient un piercing et 8% un tatouage, et que près d'un adolescent sur quatre souhaitait en avoir un tatouage.
    Les filles ont plus de piercings que les garçons (69 %) et plus de tatouages (61%). Celles qui souhaitent avoir un piercing (29 %) sont plus nombreuses que les garçons (13 %). Les filles qui désirent se faire tatouer sont aussi nombreuses que les garçons (21 %).   
    Ces pratiques commencent à 13 ans, progressent vers 15 ans et surtout vers 18 ans (majorité) pour presque cesser à l’âge adulte.
    On estime à environ 100 000 le nombre d'actes réalisés chaque année en France, et à environ deux millions le nombre total de personnes ayant un piercing.
   
    Se faire faire un piercing, voire un tatouage, (je ne parle pas de ceux par décalcomanie), présente un certain danger.
    En 1980, on comptait quatre boutiques de tatouage en France; il y en avait près de 50 en 1990, il y en a aujourd'hui plusieurs centaines (entre 800 et 1500). Aucune qualification spéciale, aucune condition n'est requise pour exercer.
    Les conditions techniques de sécurité nécessaires à un piercing « sécurisé » sont exigeantes : locaux et matériel médical adapté (pince, aiguille, cathéter, stérilisateur, gants), asepsie du site de piercing, procédures du geste analogue à celles d’un médecin.
    Face aux risques de contamination par les virus de l'hépatite, du sida ou de l'herpès notamment, une réglementation sanitaire a été mise en place en 2004: elle concerne les mesures d'hygiène à respecter en cas d'effraction cutanée et de perçage.
    Mais le contrôle des tatoueurs et perceurs est loin d’être efficient.
    Il faut donc être très prudent sur le choix de l’intervenant.

    Le piercing est aussi une agression du corps qui fait éprouver sinon du plaisir ou de la douleur, du moins une sensation particulière. Mais surtout, lors d’un piercing ou d’un tatouage inséré dans la peau et donc indélébile, le corps est marqué par le bijou ou le “tableau” et, aux yeux du “porteur”, son corps décidera s'il accepte ou s'il rejette cet objet qui transperce la peau. S'il n'est pas rejeté, le bijou ou le tatouage s'intègre produisant des modifications physiologiques et psychologiques chez le sujet qui le porte.

    Ce sera l’objet de mon prochain article.
Par TokyOdecadence le Lundi 29 décembre 2008 à 11:16
(mon pseudo est avec un "y" lol mais merci)
Pour être une adepte, je connaissais déjà l'histoire de ces modifications corporelles. En revanche j'avoue que les statistiques m'ont un peu étonnées, et encore une fois le fait qu'il y ai plus de filles que de garçons tatouées et/ou piercées. J'attend ton prochain article pour en savoir plus, mais merci déjà monsieur l'ancien !
Par Maybe.Be le Lundi 29 décembre 2008 à 13:12
Mouaip... Je sais pas... Je vois pas le piercing [je ne parle pas du tatouage parce que je n'en ai pas et je ne m'y connais pas donc aucune raison de juger...] Mais en tout cas, pour le piercing, je ne pense pas personnellement que ce soit fait pour ressentir une sensation particulière comme la douleur ou le bien être ou quoi.. Fin je sais pas... Personnellement, si j'en ai fait un au menton et à l'acarde c'est juste que je trouvais ça joli c'est tout.. Rien de plus... Fin j'sais pas c'est p'tet moi qui suis bizarre mais bon...
Par MiMiNe le Mardi 30 décembre 2008 à 15:00
C'est clair qu'il faut être prudent, je me souviens d'une fois où j'ai accompagné une copine chez un soit disant perceur, le genre de mecs qui a fait son cabinet dans son salon familial à la limite rien de très grave mais déjà tu te poses des questions quand tu vois le niveau hygiène c'était son choix remarques. Je préfère largement mon perceur c'était peut être plus cher mais c'était pas la même qualité.
Niveau tatouage j'en ai pas alors mon avis est juste superficiel j'ai des amis qui en ont, dont un qui en a plusieurs bien voyant mais je pense qu'à 28 ans on a plus de maturité sur ce sujet que toutes les personnes qui veulent absolument un tatouage à 18 ans ou moins...
Un jour, on m'a dit "un tatouage ça se fait à un moment précis d'une vie".
Personnellement je repense souvent à m'en refaire un mais le prix a tellement augmenté que cela m'arrête.
Par xXx.Hinag3shi-San.xXx le Mercredi 31 décembre 2008 à 10:42
Je ne pense pas qu'on se fasse piercer pour avoir une sensation particulière. Moi spécialement, je suis piercé et tatoué, et tout est une question d'esthétisme. Une "pseudo" amie m'a dis:" un piercing, c'est juste un trou de plus, ça t'apporte quoi?" Je ne sais pas si ça apporte vraiment quelque chose, mais je sais que depuis que je l'ai, j'ai l'impression de me sentir mieux, parce que je ressemble aujourd'hui à la personne que j'ai toujours voulu être... Enfin, moi aussi j'suis p'être un peu cinglée (Non tu crois?!) mais voila.

Ps: je ne connaissais pas ton blog, mais j'adore!!!
 

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