Lundi 9 novembre 2015 à 9:01

Notre cerveau : intelligence; langage

           J‘ai souvent dit dans mes articles que le cerveau continuait à se former au cours de l’adolescence notamment au niveau du cortex préfrontal, qui est le chef d’orchestre du cerveau, le siège de la réflexion, de la prévision, de l’organisation et de la conduite de l’action. Cette maturation est à la fois physiologique, mais aussi due à l’apprentissage, notamment engendré par la vie et l’instruction.
            C’est la raison pour laquelle les adolescents ne savent pas bien prévoir les conséquences de leurs actes et se prémunir contre les dangers, surtout si les actes correspondants sont source de plaisir.

            L’IRM, qui permettait de voir si certains centres du cerveau étaient actifs ou non, permet maintenant de mesurer l’importance des connexions entre deux centres. Par ailleurs, de même qu’on applique la théorie des graphes pour résoudre des problèmes de communication, on peut l’appliquer aux connexions entre centres cérébraux.
            De récentes études mettent en lumière de nouveaux résultats, qui montrent d’une part l’étonnante plasticité du cerveau humain, mais aussi que celui ci évolue favorablement encore longtemps après l’adolescence.
            On croyait en effet que les performances cérébrales diminuaient à partir de 25 ans, ce qui n’empêchait pas de continuer à accroître ses connaissances et son expérience. Cela tenait du fait que les neurones ne se reproduisent pas et que donc leur nombre diminuera tout au long de notre vie ? On pensait donc que la performance du cerveau baissait en même temps que le nombre de neurones.
            Il reste exact que les aires cérébrales notamment frontales, croissent encore à l’adolescence et que le nombre de neurone diminue ensuite avec l’âge. Mais ce n’est pas l’évolution la plus importante.
             Les récentes recherches ont montré que les communications entre groupes de neurones s’intensifiaient surtout entre 12 et 30 ans. Comme le montre la figure ci dessous, empruntée au magazine « Pour la Science », les connexions entre certains groupes de neurones s’intensifient (lignes noires qui s’épaississent sur le schéma), et certaines zones deviennent davantage interconnectées  entre leurs propres neurones (cercles verts qui s’agrandissent sur le schéma) et ceci non seulement dans le cerveau frontal, mais aussi au niveau du cerveau émotionnel.
            Ces renforcements permettent à l’individu de s’adapter en se spécialisant, aux tâches auxquelles il est confronté, non seulement celles intellectuelles et de réflexion, mais aussi dans la vie relationnelle en société, ainsi qu’aux problèmes psychiques qui lui sont propres.http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/plasticite.jpg


            Le renforcement des connexions se réalise de plusieurs façons : d’une part il y a augmentation des connexions dendrites-axones, mais aussi un renforcement des connexions privilégiées entre deux neurones par augmentation de la quantité de neurotransmetteur disponible et abaissement du seuil de déclenchement de l’influx nerveux.

            Mais globalement on constate une augmentation de la matière « blanche ». C’est le résultat d’une myélinisation des fibres nerveuses : la myéline est une substance graisseuse, constituée à partir de cellules astrocytes, et qui entoure les axones, les isolant électriquement. Elle permet d’augmenter la vitesse de l’influx nerveux d’un facteur 10 à 100. L’information circule plus vite de ce fait entre neurones et donc un centre peut recevoir davantage d’information.
            Il semble qu’il y ait un ajustement particulièrement précis des temps de parcours entre neurones connectés, car un neurone recevant des influx de plusieurs autres ne donnera lui même un signal que si la somme des influx entrants est supérieure à un certain seuil, mais ceci pendant un laps de temps très court. Comme les influx entrants viennent de neurones à des distances différentes, la synchronisation exige que les temps de parcours soient adaptés pour que les signaux arrivent au même moment.
           Et si les connexions qui servent souvent sont renforcées et optimisées, celles qui ne servent pas sont supprimées.
           Notre cerveau se modifie donc toute notre vie, mais il évolue beaucoup d’abord dans la prime enfance par apprentissage de l’environnement et de son propre corps, avec une augmentation de la matière grise, puis à l’adolescence mais cette fois avec une diminution de la matière grise (élimination) et une augmentation de la matière blanche (myélinisation).
          La quantité de matière grise culmine au début de l’adolescence pour les centres des sensations, mais elle ne sera maximale pour le cortex frontal qu’en fin d’adolescence

En fait le cerveau d’un adolescent s’adapte énormément à l’environnement et à son devenir. C’est pourquoi il est très préjudiciable si les apprentissages qui devraient le former n’ont pas suffisamment lieu, que ce soit éducation ou instruction.
          De même les perturbations physiologiques : tabac, cannabis, drogues, alcool, sont davantage préjudiciables, car elles entravent la formation du cerveau.

Enfin un problème important perturbe l’adolescence et notamment empêche les adolescents de mesurer les risques qu’ils prennent.
          Leur cerveau émotionnel évolue en premier alors que leur cortex préfrontal n’a pas encore suffisamment évolué.  C’est comme si, à un moment donné leurs émotions étaien en avance pour ler âge, alors que leur raisonnement était en retard.
         Ce phénomène est schématisé ci dessous (le schéma étant aussi emprunté à « Pour la Science ») .

 http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/cerevauado.jpg

Un autre problème apparaît de nos jours : les adolescents actuels passent beaucoup de temps sur les moyens multimédias et sont donc confrontés à un nombre énorme d’informations, certaines bénéfique, mais de nombreuses non pertinentes ou inutiles et certaine même nuisibles. Le problème est que ces informations sont susceptibles de provoquer chez eux des émotions, mais que leur cortex préfrontal a des difficultés pour en faire le tri.  Les adolescents sont donc plus exposés qu’autrefois aux dangers de l’environnement et cela d’autant plus que l’influence éducative des parents a considérablement diminué.

Par http://www.jamessenese.it le Mardi 19 avril 2016 à 3:24
c’est moins dangereux et plus rentable !!
 

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