Lundi 23 avril 2012 à 7:58

Biologie, santé.

 
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Une application abusive et regrettable du principe de précaution dont je parlais il y a quelques articles.
 
            Le 9 juin 2011 quatre voix seulement, auraient suffi pour que le Sénat rejette, l'un des articles les plus controversés de Ia loi de bioéthique, celui interdisant les recherches sur l'embryon et sur les cellules souches embryonnaires. Mais, sous la pression du gouvernement, ces voix ont fait défaut.
            Je suis d'accord pour qu'on fasse des réformes, le pays en a besoin, mais malheureusement, le gouvernement Sarkozy, s'il a la volonté de les faire, les fait toutes de travers en prenant les mauvaises solutions et en mettant à chaque fois, la France et les français dans une mauvaise position.
            Heureusement, on va bientôt en être débarrassé !.
            La nouvelle loi de bioéthique n'a donc pas apporté le changement espéré par beaucoup de chercheurs : les recherches sur les embryons et les cellules souches embryonnaires restent interdites, sauf dérogations spéciales, alors que la plupart des pays les autorisent. La France risque donc de prendre du retard dans ce domaine.

  Ci-dessous, des cellules souches
embryonnaires vues au microscope

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            Qu'est ce que les cellules souches embryonnaires?
            Elles proviennent d'embryons au stade "blastocyste", c'est-à-dire âgés de 5 ou 6 jours qui mesurent 150 microns environ, groupes de 4 à 16 cellules non différenciées encore et qui peuvent donc être capable de se transformer en n'importe quel type de cellule du corps humain.
            Par la suite lorsqu'à un stade ultérieur on a un blastocyste d'une quarantaine de cellules, elles sont déjà spécialisées et chacune ne peut plus donner lieu qu'à certains types de tissus d'organes.
            ces cellules sont appelées cellules "ES" (embryon stem cells).
            D'où proviennent ces embryons : d'interventions médicales de procréation assistée pour des couples ayant des difficultés à avoir des enfants naturellement (environ 15% de la population et 2% des bébés des pays riches sont issus de fécondation artificielle in vitro ou F.I.V).
            Dans une fécondation naturelle, l'ovocyte quitte l'ovaire grâce au mouvements du conduit qui le mène à l'utérus (la trompe de Fallope) et il y rencontre les spermatozoïdes qui ont été capable de traverser tout l'utérus et de remonter la trompe. Après fécondation l'ovule poursuit sa progression dans la trompe et le blastocyste se multiplie en chemin et finit par s'implanter dans l'utérus au bout d'environ une semaine.
            Dans la fécondation in vitro, (après stimulation pour favoriser la production d'ovules multiples au bout de 6 cycles environ), on prélève des ovules sur la mère, que l'on féconde in vitro avec des spermatozoïdes, (en général traités pour améliorer leur pouvoir fécondant), et on congèle ces embryons. On en prélève pour les implanter ensuite dans l'utérus de la mère.
            Les premières interventions datent de 1978 en Angleterre et en France en 1982. 
                                                                                                             Ci-dessous, un blastocyste

http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/images-copie-3.jpg            Dans le monde plusieurs centaines de milliers de tentatives ont lieu chaque année avec une réussite d'environ un tiers; en France il y a environ 12 000 naissances par an de "bébés éprouvette".
            Les embryons ainsi obtenus et qui ne sont pas implantés, sont conservés dans des conditions strictes fixées par la loi. Le couple peut les garder pour une implantation ultérieure.
            S'il n'a plu de projet de procréation, la loi dit qu'il a le choix entre les donner à un autre couple (rare), les donner à la recherche, ou des détruire.
            En fait les embryons qui ne peuvent être utilisés pour la recherche sont détruits, ce qui est une perte regrettable.
            Il y avait fin 2009 en France 165 600 embryons congelés, dont 110 000 en projet parental et donc 55 600 "abandonnés" dont 13 800 donnés par les parents à la recherche, et seulement 1160 dérogations de recherche ont été accordées.
Il n'est pas question de "créer" des embryons pour les recherches, mais seulement d'utiliser, ceux en bien assez grand nombre au lieu de les détruire.
            Bien sûr toute recherche peut être déviante, et il ne faut pas autoriser la recherche à faire n'importe quoi et si la loi autorisait pleinement ces recherches , un contrôle de l'Académie de Médecine resterait indispensable.
            Il ne s'agit pas, par exemple, que l'on se mette à fabriquer un fœtus dans une machine (un utérus artificiel - lire le "Meilleur des Mondes" de Huxley). Cette technique que l'on appelle "ectogénèse" est cependant étudiée au Japon et aux USA sur des animaux (souris, chèvres).
            Le laboratoire d'endocrinologie de l'Université de Cornell a même fait quelques essais sur un embryon humain (pour améliorer l'efficacité des FIV), mais a abandonné compte tenu du scandale provoqué !).
            Par contre il est très important de voir comment, à partir de cellules souches qui ne savent pas encore quel type de cellule elles vont créer, de rechercher comment les inciter à créer tel ou tel type de cellule, puis, si cela est possible, de fabriquer des cellules spécialisées (globules blancs, rouges, plaquettes....), de régénérer des tissus, voire de développer alors un "morceau" de corps humain : un membre, un cœur, un foie, un pancréas.... à des fins de chirurgie réparatrice, voire même des solutions pour triter des maladies comme parkinson ou Alzeimer à partir de cellules neuronales..
            De telles recherches seraient importantes au plan des connaissances notamment des mécanismes de reproduction et différenciation cellulaires, et elles sont intimement liées aux recherches sur le génome et donc l'étude des anomalies génétiques et des maladies correspondantes.
 
            Les japonais et les américains, en outre ont été les premiers en 2007, à étudier les possibilités d'un autre type de cellules souches : celles qui se trouvent, partiellement indifférenciées, à l'intérieur d'un tissu donné et qui sont là pour en permettre un renouvellement naturel. Elles sont capables de donner naissance à différentes lignées cellulaires d'un tissu donné. Elles ne sont pas omnipotentes" comme les cellules souches ES, mais seulement pluripotentes.
            Ces cellules sont appelées iPS (induced pluripotent stem cells)
            Les chercheurs partent d’une cellule adulte prélevée chez une personne, c’est-à-dire une cellule de dent, de peau, de sang, etc., dans laquelle ils introduisent un cocktail de gènes grâce à des rétrovirus. Une fois la cellule adulte reprogrammée, celle-ci est alors capable de s’auto-renouveler indéfiniment et de se métamorphoser à la demande en diverses cellules de l’organisme, de la famille des tissus où elles ont été prélevées à l'origine.
            On peut même programmer des cellules iPS "malades" afin d'étudier la maladie et comment la guérir.
 
            Cette avancée est très intéressante, mais il ne faut pas croire que le fait de ne pas prélever sur des embryons résoudra les problèmes éthiques.
            Dans de nombreux cas les cellules iPS sont prélevées sur des fœtus ou des enfants décédés (avec bien entendu l'autorisation de la famille). Et même si elles sont prélevées sur un homme vivant, il n'est pas question de faire ensuite n'importe quoi avec elles.
            Par ailleurs l'utilisation de rétrovirus favorise l'apparition de tumeurs cancéreuses.
 
            Toutes ces recherches sont extrêmement importantes pour la médecine et notamment la guérison de maladies génétiques actuellement incurables.
            Certes il faut encadrer ces recherches pour éviter des conséquences nuisibles, mais il ne faut pas non plus les freiner par des peurs tatillonnes ou par l'ignorance de dirigeants incompétents et plus soucieux de leur réélection ou du profit des riches, que du bien être de leurs concitoyens.
Par coldtroll le Lundi 23 avril 2012 à 17:44
je ne sais pas si on sera bientôt débarassé de sarko comme tu l'espères en début d'article, la droite totalise plus de voix que la gauche à ce premier tour...
 

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