Lundi 27 octobre 2008 à 8:06

Violence

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     Hier je vous expliquais pourquoi vous n’auriez pas commis des violences dans les rues, et vous me posiez la question, pourquoi d’autres le font ils ?
    Je voudrais parler des jeunes, le plus souvent mineurs, et même parfois très jeunes, qui certes, ont commis des actes très regrettables et répréhensibles comme incendier des voitures ou agresser police et pompiers, mais il me semble nécessaire, au dela de leur conduite, de s’interroger sur leurs motivations.

Ces jeunes (et moins jeunes), il faut que nous l’acceptions, n’ont ni les mêmes règles morales, ni le même esprit critique que nous.
    Ils vont donc obéir à des pulsions très différentes.
    
    Les plus jeunes vont voir dans l’affrontement avec la police, dans ce jeu de cache cache, et même dans l’incendie de voitures, une espèce de jeu, de défi, de façon de manifester leur indépendance, et aussi de faire parler d’eux.
    Leurs héros sont souvent ceux des films de violence américains, de séries télévisées ou de jeux sur ordinateur. Cet affrontement est comme un jeu de combat où il faut se montrer le plus fort, où l’on passe à la télé et  l’on montre aux copains (ou à la bande rivale d’un autre quartier), qu’on est plus fort qu’eux.; et c’est l’engrenage de faire “mieux” que le voisin (notamment de brûler davantage de voitures !).
    Dans certains cas, cette violence ludique est canalisée et exploitée par d’autres, peu recommandables et volontairement malfaisants (les voitures qui alimentaient systématiquement les jeunes en cocktails molotov, n’étaient pas conduites par des jeunes!).

    Pour certains de ces jeunes, un peu plus âgés, le climat social est une cause de révolte.
    J’essaie d’apporter dans mes activités bénévoles, une aide à des chômeurs pour qu’ils trouvent du travail. Je me rends compte chaque semaine de la difficulté qu’ont certains d’entre eux à pouvoir s’en sortir, parce que leur niveau d’instruction est faible, mais aussi parce qu’ils ont un nom à consonnance étrangère, ou sont noirs de peau, ou ont une adresse ou des coordonnées scolaires, qui les font considérer comme peu recommandables.
    Au bout d’un certain temps, si malgré tous vos efforts rien n’aboutit, non seulement vous vous découragez, mais vous finissez par avoir une aversion, une haine pour la société qui vous entoure et pour ses représentants.
    Les gens que j’ai aidés n’auraient pas eu recours à la violence, mais ces paroles amères, je les entends souvent.
    
    Un autre phénomène est l’entraînement du groupe. Seul on ne ferait sans doute pas de telles bêtises. Masi en groupe, il y en a toujours un qui, pour faire le malin, propose une ânerie et on ne veut pas avoir l’air de se dégonfler devant les autres et on fait tous ensemble, cette ânerie.
    Et puis en groupe on se sent plus fort, on s’encourage, on délire, on s’éclate ensemble et on oublie que le sujet du délire est une énorme bêtise et un délit.
    L’alcool et la drogue font aussi parfois oublier la raison.

    Enfin des provocateurs ont appris des techniques de manipulation de groupes, pour les empêcher de réfléchir et pour focaliser leur attention sur des incidents affectifs et des rumeurs subjectives et en général inexactes.

    Il y a sûrement bien d’autres raisons à ces incidents, mais il faudrait aller sur place, discuter avec les jeunes en cause, pour se faire une opinion plus exacte de leurs préoccupations et de leur mentalité lors de ces incidents.

Certes, ceci n’est pas une raison pour ne pas appliquer la loi, mais il faut expliquer à ces jeunes pourquoi et ne pas s’étonner qu’ils ne comprennent pas la sanction qui va être prise contre eux. Et un simple séjour en prison n’apportera sans doute rien de bon.et risque de les faire basculer encore plus dans la révolte et la délinquance.
    Il faudrait les prendre en main et refaire entièrement leur éducation : tâche longue et ardue, car il faut arriver à les convaincre de collaborer à cette opération et ce n’est pas la moindre des difficultés.

Par mamour44444 le Lundi 27 octobre 2008 à 8:15
autant dire que le problème est vaste et compliqué
difficile à aborder
malgré tout il ne faut pas baisser les bras je pense
:)
Par javier le Vendredi 31 octobre 2008 à 11:05
"Il faudrait les prendre en main et refaire entièrement leur éducation" le problème n'est peut-être pas tant éducationnel mais plutôt un problème d’identité.. Je m’explique, tu nous parle ici du fait de bruler des voiture, en activant volontairement le stéréotype des « jeunes de banlieue » (véhiculait par les médiats) je te dirais que la population pratiquant ce genre de délit est du type magrébine, composé de garçon entre 14 et 18 ans.
Ses personnes, le plus souvent, sont partagé depuis leur enfance entre une identité magrébine, donnée à leurs parents, et une identité française, ils sont né en France. Leurs parents étant arrivé en France, en ne parlaient pas le français et même s’il le parlait à en dehors de chez eux, la langue pratiqué au sein du foyer est bien souvent la langue natal je présume. La première langue que ces jeunes ont donc du apprendre été donc de consonance arabe, alors que dès leur entré à l’école, ou même dès la maternelle, il devait parler le français. S’ils n’avaient jamais entendu de français auparavant cela pose le problème de l’appartenance à un groupe, par exemple « je parle marocain donc je suis marocain » qui s’oppose à « je vis en France donc je suis français ». Ce problème d’appartenance est accentuer par la société, ou plutôt les médiats, qui souvent stigmatise les groupes en faisant de cas isolés des généralité amenant à la stigmatisation de tout un groupe d’individu, phénomène accentué ET accentuant des traits tel que le racisme..
Je pense que c’est de là que part le problème, l’identification à un groupe est le premier pas vers la construction d’une identité propre, cette personnalité correspondant aux critères d’appartenance de ce groupe. Lorsque ceci ne peut pas être fait de manière « normal » le problème de l’identité de soi dans une société apparaît donc à posteriori, « je suis marocain ? Français ? Demain j’aurais 18 ans, je suis toujours un enfant ? ou un adulte ? »… Ceci pouvant amener à la création de ses propres normes, de bien et de mal, par exemple…
Enfin, ce n’est que mon avis sur cette question, et je ne pense pas avoir le savoir et la culture nécessaire pour aller plus loin pour le moment, mais ceci est bien en accord avec ce que tu dis dans un autre article, à savoir que la définition de bien et de mal dépend des sociétés.. Et surtout, tu l’a très bien dis, les phénomènes de groupes (adhésion à la norme, meneur, …) sont également clairement en cause..
 

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