Dimanche 29 juillet 2007 à 22:04

Scarification, suicide

     J'ai reçu plusieurs mails à la suite de mon dernier article, dans lesquels vous me posez des questions sur le suicide. Je vais donc essayer de vous répondre.
     J'ai été plusieurs fois appelé à l'aide par des jeunes qiu avaient l'intention de se suicider.  Je ne crois pas qu'elles l'auraient fait, mais évidemment, comme on n'en est pas certain, on ne prend jamais de risque dans ce domaine et on cherche avant tout à les aider.

    Mais je reste persuadé qu'une personne qui raisonne encore correctement ne se suicidera pas !  Parce qu'elle tient instinctivement à la vie et que son cortex lui donne encore quelques bonnes raisons de ne pas le faire : la peur et l'incertitude de la mort, la peur de souffrir, la peine que l'on fera aux parents et amis ou petit(e) ami(e), les projets que l'on avait faits et les espoirs que l'on a, malgré son désespoir.

    Alors pourquoi y a t'il tout de même des suicides ?
    Je vois plusieurs circonstances possibles :

        - Il y a d'abord des tentatives qui sont des appels à l'aide comme la scarification en est aussi un : on veut attirer l'attention sur soi, sur sa souffrance et on pense que ceux ou celui (celle) dont on veut attirer l'attention, sera impressionné, ému(e) par cet acte et fera désormais attention à vous, qu'il vous considèrera (à nouveau) comme le personnage principal de son entourage.
    Alors on pense à cet acte spectaculaire, à faire celui (ou celle), dégouté(e) de la vie et qui est fort(e), qui n'a pas peur de mourir....., mais on calcule vraiment son geste (le plus souvent la nature et la quantité du médicament qu'on avale), pour que l'on ne meure pas et même on fait en sorte de prévenir, pour être sûr que l'on vous sorte de là.

        - mais il peut y avoir l'accident : on a mal calculé la dose, certains médicaments se renforcent l'un l'autre, on est plus sensible à l'un d'entre eux.
    Le pire est qu'on peut ainsi rester paralysé(e) toute sa vie !
    L'un des accidents qui ne découle même pas forcément d'une envie de disparaître est l'over-dose de drogue, mais qui résulte seulement du fait que la personne, sous les premiers effets de la drogue, ne se rend plus compte des quantités qu'elle s'administre.

        - on a là, le premier exemple des conséquences de la neutralisation du cortex, et donc de l'absence de réaction rationnelle et raisonnable.
    La personne qui est en proie au désespoir et qui s'enivre ou se drogue, même au cannabis, ne se rend absolument plus compte de ce qu'elle fait et, quelle que soit la peur de la mort qu'elle aurait en temps normal, ou l'amour qu'elle peut avoir pour ses proches, elle pourra se suicider de diverses façons, sans qu'il soit possible, ni de prévenir son geste, ni de l'aider ou de l'en empêcher.

        - et, à mon sens, cette absence de raison, même si elle n'est pas dûe à l'alcool ou à la drogue est la principale raison des suicides.
    J'ai recueilli plusieurs témoignages que je ne publierai pas pour des raisons de confidentialité, mais qui me montrent tous que, à un moment donné de grande tristesse, mais aussi de grande fatigue, on n'en peut plus et les émotions, le sentiment de désespoir, de “ras le bol”, se mettent à tourner dans votre cerveau émotionnel. Vous ne vous rendez peu à peu, plus compte de ce que vous faites, votre cortex décroche, il n'est plus là pour raisonner, pour vous garder logique, pour vous garder en vie.
    Alors votre cerveau émotionnel vous souffle “ pourquoi pas ?...”
    On va jusque l'armoire à pharmacie en faisant attention à ne réveiller personne, puis on revient dans la chambre avec des médicaments, les larmes coulent ...On revoit le visage des gens que l'on a aimé et qui sont morts, ce qui donne envie d'aller les rejoindre, cela fait tellement longtemps que on ne les a pas revus ...
Alors on avale le premier cachet ... puis le deuxième , puis tous les autres.Les larmes sont encore plus grosses, il n'y a plus personne pour vous sauver  et on attend dans la souffrance au moins morale.
    J'appelle cela une “overdose” de tristesse et là, la personne qui ne raisonne plus du tout, peut effectivement se suicider.

        - je dois aussi parler d'un cas particulier : celui des “couples” (d'amants ou d'amis) qui se suicident. Là aussi les deux personnes ne raisonnnent  plus normalement, entraînées par le désespoir, mais elles peuvent encore garder en partie des idées rationnelles. Cependant leur envie commune de mourir, leur excitation sentimentale, leur amour ou leur amitié mutuelle, font qu'il y a une certaine surdité vis à vis du raisonnable, une certaine émulaton, un crainte de décevoir l'autre si on n'est pas capable depasser à l'acte. Cela  fait l'objet de plusieurs films et de faits divers soit d'un garçon et d'une fille qui s'aiment sans espoir d'avenir, soit de deux amies qui désespèrent ensemble..

    A quoi bon, me direz vous une telle analyse, si on ne peut rien faire ?
    
    Alors dans les prochains articles je voudrais d'abord m'adresser à celles et à ceux qui, ayant malheureusement été témoin d'un suicide d'une personne qu'ils aimaient, se reprochent de n'avoir pas su l'en empêcher et conservent un regret dont ils ne se défont pas.

    Je voudrais ensuite réfléchir à ce qu'on peut faire vis à vis de quelqu'un qui manifeste l'intention de se suicider, pour arriver à le détourner de ses intentions.

    Je pense aussi à ceux ou celles qui ont eu l'intention et n'ont pas donné suite, ou ont fait une tentative. Comment s'en sortir ensuite ?

    
Par Oc.iAnne le Dimanche 29 juillet 2007 à 22:08
En ne pas oubliant le mal que l'on a fait a son entourage.
On s'en sort ainsi apres une tentativ. du moins pour moi
Par Heart.Of.St0ne le Lundi 30 juillet 2007 à 7:27
pour la scarification j'suis pas Ok avec toi, enfin peut être que dans certains cas c'est vrai ce que tu dis surement même, je pense que si une personne fait ça c'est parce qu'elle va mal qu'elle veut se faire mal, sans pour autant montrer qu'elle va mal, sans afficher ses cicatrices pour que les autres se penchent vers elle, au contraire même je pense qu'on à plus honte de le faire.. mais ce n'est que mon point de vue
Par ARMCHAIR.OF.SWELL le Lundi 30 juillet 2007 à 11:16
" la peur et l'incertitude de la mort, la peur de souffrir, la peine que l'on fera aux parents et amis ou petit(e) ami(e), les projets que l'on avait faits et les espoirs que l'on a, malgré son désespoir."

J'ai eu envie de me sucider, mais ce n'est pas cela qui m'a retenue, c'est ma croyance, c'est Jah, c'est la nature.
Et puis, l'homme deviens n'importe quoi. Un animal ne se sucide pas, je suis un animal. Et si on ose me dire que l'homme a une concience, je serais ravi de vous contredire.
Par ARMCHAIR.OF.SWELL le Lundi 30 juillet 2007 à 17:04
En bat de la page: Navigation : << Page précédente ¦ 1 ¦ 2 ¦ Page suivante >>O u bien choisis une page : Lui écrire

Et la concience que les autres existent, l'a t'on vraiment?

Par les autres je ne sous entends pas les humains.
Par Angel.or-and.Demon le Mardi 11 septembre 2007 à 21:12
Je pense personellement que les personnes qui risquent le plus de passer à l'act sont celles qui n'en parlent pas, celles qui donnent l'impression d'aller bien voir très bien alors que c'est tout l'imverse au fond d'elles même...
Par nono7 le Lundi 25 juillet 2011 à 23:43
j,ai 64ans divorcé alcoolique sobre ex fumeur mais totalement ecoeuré de cette vie de merde car jour apres jour toujour la meme merde plus aucun intéret dans quoi que se soi la vie est d,une platitude comme j,ai toujour pensé depuis que j,avais 14ans. voudrais en finir mais trop lache.
 

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