Lundi 24 mars 2014 à 7:42

Psychologie, comportement

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     Il m’arrive souvent de critiquer l’esprit moutonnier qui fleurit de nos jours et le fait que l’on ferait n’importe quoi, pour appartenir à un groupe, dont on copie toutes les habitudes, ce qui s’accompagne d’un souci absolument démesuré de l’opinion que les autres peuvent avoir de soi.
    Mais nous ne sommes pas totalement maître de notre indépendance d’esprit : un mécanisme ancestral cérébral ajuste les pensées de l’individu à celle de la majorité.
    Si le cerveau humain s'est doté de structures qui le prédisposent au conformisme, c'est que ces structures sont favorables, voire indispensables, à sa survie, comme le postulent les théories de l’évolution.
    Effectivement, lors des temps préhistoriques, l'être humain ne pouvait subsister qu'au sein d'un groupe, et adopter les pratiques et les façons de penser du groupe était
le plus sûr moyen de se faire accepter et d’affronter la nature hostile.
    Aujourd'hui, tout a changé, car l’ère industrielle et la relative autonomie de l'individu l’ont affranchi de l’appartenance obligatoire au groupe et chacun pourrait donc avoir une relative indépendance d’esprit, ce qui, au pays de Descartes et des Lumières, paraît une évidence.

    Mais l’évolution ne permet au cerveau d’évoluer que très lentement. Et comme on va le voir le cerveau est câblé pour adopter la pensée majoritaire. C’est ce qu’a montré une étude publiée en 2009 par l’université de Nimègue aux Pays Bas : nous avons dans notre cerveau un « senseur » de l'idéologie dominante.
    Ce circuit cérébral s'active lorsque nous formulons un jugement qui s'écarte de la majorité, et nous conduit à réviser nos opinions pour mieux nous ajuster à l'avis ou aux goûts dominants. Tant que l'avis de l'individu correspond à celui de la majorité, rien à signaler. Mais si un écart apparaît, deux zones cérébrales s’activent, le noyau accumbens et une partie du cortex cingulaire antérieur, qui constituent ce que les neuroscientifiques nomment le « circuit de détection des erreurs ».
    Rien ne se passe tant que les personnes croient leur jugement correct et tant
qu'ils ne connaissent pas l'avis de la majorité.
    Quand on le leur communique et si cet avis n’est pas conforme au leur, alors le circuit d’erreur se déclenche, afin d’essayer de leur faire admettre qu'ils se sont trompés et qu'il leur faut réviser leur jugement. Ils le feront souvent sous la pression ce ce circuit.
    Qu'il s'agisse de la mode, des archétypes ou du discours médiatique, voilà localisée dans le cerveau la source de nos conformismes et de l’esprit moutonnier.
   
    Il est certain que ce circuit nous rend influençable et entrave notre liberté d’action, en nous faisant adopter le point de vue du plus grand nombre, nous enlevant une partie de notre créativité, de notre originalité et de notre indépendance.
    D’un autre coté, il nous empêche de nous mettre trop en marge de la société et des règles et des lois, et à ce titre est bénéfique.
    Ce circuit a cependant, une utilité permanente : ce circuit s’active d’abord quand nous constatons une erreur, par exemple quand en classe un  élève répond à une question et que son professeur le reprend parce qu’elle est fausse : c’est alors un constat.
    Mais il peut aussi anticiper : lorsque nous avons une opinion, mais qu’elle entre en conflit avec d’autres données que nous avons en mémoire, ou contient des éléments contradictoires, ce circuit nous alerte inconsciemment que quelque chose ne va pas, et nous amène, si nous l’écoutons à creuser davantage et à amender nos idées.
    C’est ce circuit d’erreur qui nous alerte quand nous pensons avoir commis une faute d’orthographe ou de grammaire.

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    Les signaux d’erreurs émis par le cortex cingulaire antérieur ont été étudiés chez le primate, puis chez l’homme. Ils sont couplés avec le noyau accumbens qui fait partie du « circuit de récompense et d’apprentissage » et émet de la dopamine lorsque nous réussissons une épreuve, ou diminue cette émission lors d’une erreur. Ces circuits d’erreur sont donc essentiel dans tous nos apprentissages.
    Ces centres cérébraux sont étroitement liés avec les zones du cortex préfrontal (le chef d’orchestre du cerveau), qui essaient de prévoir les conséquences de nos actions. Il semble que des scénarios mis sur pied, à la fois par le cortex frontal et par le cerveau émotionnel, soient soumis à l’arbitrage de ce circuit d’erreur. Il évalue en quelque sorte la probabilité et le coût d’obtention d’une récompense.
    Le cortex cingulaire antérieur, notamment dans sa partie rostrale, (voir schéma),  est donc en quelque sorte un « détecteur d’erreur de prédiction ». Ils signale au cortex préfrontal que les événements consécutifs à une action sont plus mauvais que ceux attendus, et qu'il lui faudra changer de stratégie dans les situations identiques ultérieures
Par alyane le Mardi 25 mars 2014 à 11:38
Difficile de s'affranchir de milliers d'années de vie en communautés.
Il est encore mal vu de se démarquer des autres, même à l'heure actuelle.
 

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