Dimanche 9 mars 2014 à 10:38

Psychologie, comportement

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Nota du 10 mars : je republie cet article, que la panne de Cow hier, avait transformé en hiérogliphes peu compréhensibles.

    Hier je vous donnais quelques caractéristiques de la procrastination.
    Là je vais essayer de vous expliquer en partie son origine.

  
 La procrastination est liée à une préférence cérébrale de comportement (ce que les psys appellent une « attitude »), la préférence « Jugement J / Perception P » (voir mes articles des 13, 14 et 15/3/2010; 23/8/2008).
    Dans notre vie de tous les jours notre cerveau perçoit et fait des choix, en utilisant notamment ses mécanismes préférentiels correspondants (S/G et L/V).
   Mais dans le monde extérieur qui nous entoure et où évoluent les autres hommes, nous avons deux type d’attitudes différentes :
           - soit nous préférons anticiper sur les événements, essayer d’avoir barre sur eux concevoir des projets qui soient réalisables et les réaliser conformément à nos prévisions : ceci implique certes de percevoir les faits, d’avoir de l’information, mais encore plus de faire au préalable des prévisions et en permanence des choix.
Une personne qui a ainsi une préférence « jugement J », passe plus de temps, dans le monde extérieur, à décider qu’à percevoir.
          - soit nous préférons nous adapter aux événements, en faisant évoluer nos projets en fonction des réactions extérieures, afin d’avoir plus de chance de les réaliser ensuite : ceci implique beaucoup mois de prévisions et de choix, mais par contre une collecte permanente de l’information pour adapter ses attitudes et ses actions.
   Une personne qui a ainsi une préférence « perception P », passe plus de temps, dans le monde extérieur, à prendre des informations qu’à décider.

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    En général, une personne de préférence Jugement (J) :
        - travaille mieux quand elle peut planifier son travail et suivre un plan; prend souvent "de l'avance" dans son travail;
        - aime mener les choses à bien;
        - n'aime pas s’interrompre pour faire une chose plus urgente;
        - ne remet pas à plus tard les choses déplaisantes à faire;
        - n'a besoin, pour débuter un travail, que des choses essentielles;
        - est satisfaite de s’être forgée une opinion sur une chose, une situation ou une personne ;
        - mais peut décider des choses trop rapidement.

    En général, une personne de préférence Perception (P) :
        - s'adapte bien aux changements de situations;
        - n'aime pas prévoir et planifier ses occupations;
        - veut tout connaître d'un nouveau travail;
        - est curieuse de toute nouvelle opinion, situation ou personne ;
        - mais peut remettre à plus tard les choses déplaisantes à faire;
        - peut laisser les choses à moitié finies;
        - a quelques difficultés à prendre des décisions, voire à l’extrême n’en prend pas;
        - peut commencer plusieurs choses à la fois, et avoir du mal à terminer.

    Donc, le « J » planifie ses occupations ses projets, réfléchit à ce qui peut se passer , liste les choses à faire et fait des plans; il part très en avance pour ses rendez vous et arrive souvent trop tôt; il aime faire longtemps à l’avance les tâches dont la fin est prévue pour une date donnée.
A l’inverse, le P ne planifie pas ses tâches et les décide au dernier moment; il part au dernier moment et est souvent en retard à ses rendez vous; il fait les travaux prescrits à la dernière minute.
La procrastination est donc la conséquence d’une préférence cérébrale « P », donc de notre personnalité.
Cette préférence est au départ innée, mais l’éducation et l’expérience de la vie peuvent ensuite la conforter ou en diminuer l’importance
Toutefois la procrastination n’est pas liée qu’à la préférence J/P.
Une personne consciencieuse essaiera de faire au mieux son travail et dans les délais; au contraire une personne peu consciencieuse n’a pas de remord à remettre son travail à plus tard.
Les individus impulsifs ne peuvent pas s'obliger à poursuivre un but, sur le long terme si on les distrait avec la promesse d'une gratification immédiate. C'est pourquoi ils sont aisément détournés par une tentation surgissant au milieu d’une tâche.
    La procrastination est aussi liée à la tendance à l'anxiété, notamment la peur de l'échec, chez des personnes qui repoussent leur passage à l'action par peur d'échouer, quelle qu’en soit la raison. Certains ont peur de rater un projet, et pour cette raison ne s'y attellent jamais, d'autres ont peur de ne pas le faire parfaitement,d'autres enfin ont peur de le réussir, redoutant que leurs patrons, professeurs ou amis, attendent alors encore plus d’eux.

    Certains neurobiologistes avancent une explication partielle de la procrastination : celle de l’intervention du circuit de récompense et donc du neuromédiateur dopamine.
    Le généticien moléculaire Edward Ginns a bloqué partiellement la production d’un récepteur de la dopamine dans une région du cortex du singe qui associe des indices visuels à l'obtention d'une récompense, de telle sorte que que les singes ne pouvaient plus prévoir s’ils obtiendraient une récompense après tel ou tel essai. Ils ont alors cessé de faire des suppositions, travaillant dur tout le temps, ou au contraire ne consentant que peu d’efforts, même si le moment de la récompense approchait.
    La procrastination serait donc liée (comme la préférence J/P), à l’état de notre système cérébral de récompense et d’apprentissage, (voir mon article du 12/1/2009 sur ce système) et à une production plus ou moins grande de dopamine.
    Toutefois l’homme est plus évolué que le singe et il possède un cortex préfrontal plus évolué ayant des capacités de prévision et un cortex cingulaire antérieur rostral permettant d’évaluer les probabilité de faire erreur ou d’obtenir satisfaction (voir mon article de jeudi dernier).

    En définitive, je crois que la procrastination est davantage une source d’ennuis que de bénéfices et qu’il vaut mieux essayer de s’en corriger. Ce sera évidemment plus difficile pour les personnes de préférence P, dont c’est la nature même.
    L’idéal serait d’essayer d’être « ambidextre J/P », c’est à dire de maîtriser les événements comme un J, mais de pouvoir s’y adapter comme un P, quand ils ne sont pas conformes à nos prévisions, et donc de commencer à l’avance les tâches importantes ou difficiles, afin de trouver le temps de nous adapter aux difficultés rencontrées.
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