Lundi 25 février 2013 à 8:05

Scarification, suicide

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(suite de mon article d'hier)

Le désir de mourir :
    On a souvent tendance à croire qu’une personne suicidaire veut mourir. C’est faux : elle veut plutôt cesser de souffrir et non arrêter de vivre. Elle a épuisé les moyens qu’elle connaissait pour mettre fin à sa souffrance.
Son problème l’aveugle et l’empêche de voir les autres solutions qui s’offrent à elle et celles-ci existent. C’est ce que j’appelle “l’overdose de tristesse”.
    Les adolescents peuvent épuiser très rapidement les moyens qu’ils connaissent pour tenter de diminuer leur souffrance d’où l’importance de rester à l’écoute lorsqu’un adolescent vit des difficultés.
 
D'après les statistiques, 80 % des jeunes suicidaires ne sont pas des dépressifs mais uniquement 10 % d'entre eux.
    S'il existe des caractères prédisposants, chaque ado peut avoir des pensées morbides, en raison de cette période de profonde mutation avec ses difficultés spécifiques, et même si apparemment tout va bien.
    Il existe toujours un accident initial :
        - un accident, une agression;
        - un chagrin d'amour;   
        - la perte de la personne aimée;
        - des difficultés relationnelles avec les parents,   
        - de mauvais résultats scolaires;
        - des relations conflictuelles avec ses copains.
 
Même s'il donne parfois l'impression d'être la conséquence d'un événement, la tentative de suicide est avant tout l'aboutissement d'un cheminement souterrain et douloureux.
    Les problèmes familiaux sont parmi les premières raisons évoquées et parmi ceux-ci :
        - les conflits parentaux et conjugaux ;
        - le manque de soutien des parents,
        - les familles recomposées;   
        - les conflits dans la fratrie.
            - dans certains cas, des violences physiques ou morales.
 
   L'environnement sentimental et émotionnel est aussi une source importante de désespoir :
            - la perte d'un amour, surtout le premier.
            - la rupture ou l'éloignement d'amis.
            - la mort de camarades.
            - un climat de violence;
            - les moqueries, critiques, brimades, le racisme.
            - les violences physiques ou morales, notamment le racket.
 
Des évocations au suicide qui sont fréquentes, peuvent être annonciatrices du geste. Il ne faut pas les prendre à la légère.
 
Des causes multiples s’additionnent :
    Il n’existe pas une cause unique expliquant pourquoi certaines personnes ont des idées suicidaires.
Une personne peut vivre des difficultés à différents niveaux dans sa vie ce qui la rend plus fragile. Elle peut rechercher des moyens pour résoudre ses problèmes et se sentir mieux. Lorsque les moyens qu’elle utilise ne sont pas efficaces, le suicide peut commencer à lui apparaître comme la solution lui permettant de mettre fin à sa souffrance. A force de ne pas trouver de solution, ses idées suicidaires deviennet de plus en lpus fréquente et la personne peut commencer à planifier son geste (comment, où, quand).
 
        Une goutte de trop et c’est l’overdose de tristesse :
    Lorsque le vase est trop plein et que la personne envisage le suicide comme la solution à sa souffrance, un événement précis, parfois banal, peut le faire déborder. La personne peut alors basculer et passer à l’acte. Le témoignage que je vous ai rapporté dans mon article du 17 février 2009 en est un exemple.
 
        L’alerte :
C’est effectivement difficile de repérer un jeune ayant des pensées morbide s’il n’en parle pas. On peut cependant indiquer quelques symptômes : dans le monde réel, le mal-être avec l'agressivité et la souffrance ; dans le monde imaginaire : l’adolescent est absent, distant, froid, dans une totale indifférence. Ce sont ces aller-retours d'un état à l'autre qui sont symptomatique de l'entrée dans la trajectoire suicidaire.
    Mais très souvent l’adolescent cache son mal-être sous une insouciance joyeuse pour donner le change et ne pas inquiéter.
 
    L’important, si un(e) de vos camarades à des idées morbides, c’est d’abord de l’écouter de lui montrer que vous tenez à elle, que vous êtes là pour l’aider, mais si vous voyez que cela persiste, il faut alerter des personnes plus expérimentées que vous : l’infirmière du lycée, le professeur principal, vos parents...
    Il ne faut pas laisser le mal progresser
 
            Je continuerai mercredi et jeudi à parler des brimades en classe et de l'aide qu'on peut dire à quelqu'un qui pense trop au suicide.

 

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