Jeudi 21 juin 2007 à 16:46

Préférences cérébrales

    Nous avons examiné dans un des précédents articles les préférences cérébrales de perception “S” ou “G”, qui orientaient la prise d'information consciente et réfléchie par notre cerveau.
    Mais il existe une autre forme de prise d'information, plus inconsciente et surtout extrèmement rapide qui a la caractéristique d'être “émotive”.
    Là encore intervient une préférence de notre cerveau car nous sommes plus ou moins sensibles et cette perception est plus ou moins longue et tenace.
    Elle précède la prise d'information consciente et rationelle et objective qui met en jeu les préférences S et G.
    Dans un premier temps nous expliquerons le phénomène et dans deux prochains articles nous en décrirons les conséquences.

- Les temps de réaction cérébrale.

    Le cerveau a des temps de réaction très variables.
    Un signal émotionnel inconscient est transmis par nos sens, via une plaque tournante que l'on appelle le “thalamus”, à des centres nerveux particuliers du cerveau (les centres amygdaliens) qui sont responsables des réactions de peur, de colère et de déclenchement d'émotions, et des réactions physiologiques correspondantes notamment de sauvegarde de l'individu.Cette transmission est faite en quelques millisecondes.

    Au contraire une réaction logique et sensée de la pensée n'est possible qu'au bout de quelques secondes.
    Il est donc normal qu'en matière de perception notre cerveau ait d'abord une perception immédiate instantanée d'ordre affectif, et que ce ne soit qu'ensuite, qu'il puisse analyser et interpréter logiquement les sensations.
    Toutefois cette sensibilité de perception instantanée émotive est variable en durée et en intensité selon les individus.


- Cycle "perception, décision, action" de Plutchik (voir schéma)

    Plutchik est un neuropsychologue américain qui a étudié tout particulièrement les émotions et leurs implications cérébrales.
    La première réaction que nous avons face à une perception (image, son, toucher, discours, lecture), est émotionnelle et affective et en grande partie inconsciente, ou du moins, qui intervient sans que nous puissions agir dessus dans un premier temps, car elle provient des centres amygdaliens et notre cortex n'en est pas encore averti..
    Ce n'est que dans un deuxième temps que l'on commence à réfléchir, à avoir un comportement rationnel et à prendre une décision, qui entraîne l'action.

    Le déroulement courant du cycle est celui représenté par les grandes flèches (C) :
    émotion -> perception rationnelle -> décision rationnelle ->action
    Mais on peut obliger un individu ou un groupe à passer directement de la perception affective à l'action, en suivant un processus en sens inverse de la flèche. On obtient alors des comportements violents ou émeutiers (V). Un individu peut, dans certaines circonstances, inverser lui même le sens du cycle.
    émotion --> passage direct à l'action
    Il est arrivé que des meneurs reçoivent une formation spéciale pour leur enseigner à inverser le sens du cycle et donc du comportement d'un groupe, en le "gavant" d'affectif" et en l'empêchant de réfléchir. De tels meneurs sont dangereux car capables de manipuler un groupe ou une foule pour les conduire à la violence.
    Pour contrer leur action, il faut arriver à ramener le groupe sur le chemin du rationnel.



- Lien entre le cycle de Plutchik et les préférences cérébrales :


    On notera « A » la tendance à une grande sensibilité de longue durée, (A comme altruiste) et « O » la tendance à une faible sensibilité émotive et de courte durée, qui cèdera le pas à la perception contrôlée par notre cortex et orientée par notre cerveau frontal, qui réfléchit et pense.
    Le schéma ci-dessus représente le cycle de Plutchik, complété par le processus des préférences cérébrales de perception S et G puis de décision L et V, avec également l'intervention de notre préférence J ou P.

    Nous avons chacun une sensibilité A ou O, plus ou moins grande : on ressent plus ou moins l'émotion initiale et on passe plus ou moins vite à la perception orientée.
    La succession dans le temps est donc la suivante :
    - Nous avons d'abord une perception émotionnelle de l'environnement (image, son, conversations, lectures....) et nous ressentons d'autant plus cette émotions que nous avons une préférence “A” et cette émotion dure d'autant plus longtemps
    Au contraire elle est moins forte et plus courte chez une personne de préférence “O”.
    - Puis nous passons à une perception rationnelle orientée par notre cortex et là interviennent nos préférences de perception “S” et”G”.
    - La durée du stade 'perception orientée” par rapport à celui de “décision” dépend de notre préférence J ou P. Une personne de préférence J passera plus vite à la décision qu'une personne de préférence P qui cherche à accumuler les informations avant de décider.
    - Les critères de décision dépendent ensuite de notre préférence L ou V.
    - Puis une fois la décision prise nous passons à l'action.
    Ces phases de perception orientée et de décision peuvent durer plusieurs secondes voire plusieurs minutes.

    Nous examinerons dans le prochain article les conséquences pratiques de ce processus.

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