Mercredi 24 août 2011 à 8:40

Politique, économie, religion.

    Il est une arme stratégiquement aussi puissante que le feu nucléaire, et pourtant, elle ne fait l'objet d'aucun traité de non-prolifération. Cette arme ne tue directement personne. Mais elle peut déclencher une guerre, contribuer à la victoire, à la défaite ou démolir l’économie, contraindre les gens au chômage ou les amener même jusqu’à la misère.
    C’est un homme politique, un ministre et notamment un président de la République (ou le dirigeant d’une autre nation !).

    En cherchant de la doc dans le domaine de la neurobiologie et de la psychologie, je suis tombé sur des articles sur la psychologie des hommes au pouvoir et notamment sur une comparaison Sakozy, et Ségolène Royal. (Pascal de Sutter : “Ces fous qui nous gouvernent; comment comprendre la psychologie des hommes politiques”. Ed. Les Arènes, Paris, 2007)
    Cela m’a amusé et j’ai pensé que cela pourrait intéresser certains de mes lecteurs ou lectrices.

    Quelques mots sur la méthode utilisée,  la méthode Millon, du nom d'un psychologue américain qui a établi les règles de cet étude.
    On part de documents écrits accessibles au public.
    D’abord le contenu d’interviews, puis de multiples livres et articles consacrés à la personne étudiée, qui contiennent une foule d'anecdotes intéressantes pour le psychologue, mais ces éléments sont à prendre avec précaution, quelques dirigeants aimant notamment censurer certaines descriptions de leur personne.
    Puis il faut répondre à un questionnaires de 230 items établi par Millon. En général plusieurs psychologues établissent ce test indépendemment l’un de l’autre puis discutent leurs résultats avant d’arriver à une solution commune.
    Ces multiples questions portent sur 12 dimensions de personnalité, encore nommées axes de personnalité :
        - Axe 1a : Domination, autoritarisme, agressivité...
        - Axe 1b : Intrépidité, audace, précipitation, impulsivité, impétuosité...             - Axe 2  Ambition, confiance, prétention, orgueil, vanité, arrogance, narcissisme...
        - Axe 3 : Extraversion, sociabilité, excitation, théatralisation, ...
        - Axe 4: Soumission, adaptation, coopération, dépendance, incompétence...
        - Axe 5a : Humilité, sobriété, ascétisme, auto-dénigrement, défaitisme...
        - Axe 5b : Opposition, non-conformisme, individualisme, entêtement, obstination...
        - Axe 6 : Méticulosité, discipline, organisation, rigidité, raideur, autoritarisme...
        - Axe 7 : Inhibition, prudence, hésitation, timidité, irritation. inquiétude...
        - Axe 8 : Retrait-schizoïde. solitude. asociabilité, ennui, inertie...
        - Axe 9  Méfiance, soupçons, vigilance, attitude paranoïde...
        - Axe 10 : Instabilité, changements brusques d'humeur, caprices, tendance borderline.

    Je vous livre ci-après les deux profils établis sur Sarkozy et sur Ségolène Royal
http://lancien.cowblog.fr/images/Photosactualite1/Sarkozy-copie-2.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Photosactualite1/Royal.jpg



    Le psychologue se livre à quelques considérations générales sur les hommes politiques, et notamment sur les psychoses du pouvoir :
     On ne peut définir des traits de personnalité qui garantissent d'avoir affaire à un excellent dirigeant, mais il en existe de réellement dangereux, que l' on retrouve chez presque tous les leaders sanguinaires. Le plus important est la tendance à la paranoïa. Certes, la méfiance est indispensable à la carriere politique, car le jeune élu naif qui croirait que tout le monde I'aime, ne survivrait pas longtemps dans I'arêne politique. Mais lorsqu'une saine méfiance dégénère en délire paranoïaque, il est temps que I'homme politique soit évincé du pouvoir.         Une autre dérive psychique inquiétante est si répandue chez  les dirigeants de tous les pays, que I'on pourrait parler de “maladie professionnelle”. Il s'agit de la mégalomanie. Il est difficiIe de savoir si ce trait est présent au départ, ou si les premiers symptômes apparaissent seulement suite aux assauts de flatteries de leurs courtisans et à l'isolement du pouvoir.
    Ce dernier point entraîne en outre un risque élevé de pathologie mentale. La solitude des sommets peut entraîner une forme de retrait. Dans ce cas, le dirigeant se coupe de la réalité et n'écoute plus personne ou seulement un cercle restreint de conseillers proches.
    En outre, les hommes politiques présentent souvent une personnalité bipolaire. C'est-à-dire que l'entbousiasme, l'hyperactivité et l'optimisme nécessaires au succès politique s'accompagnent presque toujours de phases de doute, d'épuisement et de pessimisme. La dépression guette pratiquement tous les grands leaders de la planète. Le stress perrmanent, les responsabilités énormes et les pressions de l'entourage constituent de puissants facteurs qui peuvent aboutir à de mini-dépressions.

Par serpe-hier le Mercredi 24 août 2011 à 14:10
j'ai adoré lire ça, c'est très instructif! (j'allais ajouter: une fois de plus ;) )
Je me demande ce que ça donnerait pour nous-mêmes... voir quel(s) trait(s) domine(nt) sur les autres, sans être politicien ou quoi... Ca pourrait être une expérience enrichissante :) Mais bon, il faut les payer tous les psys qui réfléchissent ensemble, et puis... il faut faire des interview lol
 

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