Mercredi 16 juillet 2014 à 8:57

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

  Une opération chirurgicale nécessite presque toujours une anesthésie.
    Selon l’importance et la nature de l’opération, elle pourra être locale ou générale.


   Le schéma ci dessous résume le chemin de la douleur dans le cerveau :

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/douleurcerveau.jpg

    Dans le cas d’une anesthésie locale, les agents anesthésiques vont localement agir sur les nerfs pour supprimer la douleur, car ils bloquent la transmission de la douleur entre la partie du corps opérée et le cerveau.
    Le signal douloureux est créé par des récepteurs de la douleur (les nocicepteurs périphériques) localisés dans la peau, les muscles, les os et les viscères : lors de l'opération, le bistouri crée des lésions dans les tissus, qui déclenchent la libération de substances nommées prostaglandines, lesquelles activent les nocicepteurs périphériques. Un influx nerveux est émis dans le nerf, remonte le long de la moelle épinière par plusieurs voies à des vitesses différentes selon la nature de la douleur, (voir mon article du ), jusqu’au cerveau, où la douleur est perçue par de très nombreux centres : le thalamus joue un rôle d’aiguillage; des signaux sont envoyés au cortex somatosensoriel (sur le dessus du crâne), au cerveau émotionnel (cortex cingulaire, insulta, amygdale), vers l’hypothalamus, et en définitive au cortex préfrontal.
    Les aspects négatifs de la douleur sont à la fois physiologiques (système sensoriel notamment), et cognitifs (cortex cingulaire et préfrontal).
    De façon naturelle, des opioïdes sont libérés dans le cerveau, et un mécanisme de rétroaction est organisé par l’insola, l’hypothalamus et le tronc cérébral et va bloquer en partie la transmission des informations de douleur au niveau de la moelle épinière.
    Les anesthésiques utilisés en anesthésie locale ont une action analogue de blocage. L’analgésie agit soit d’une façon analogue, soit, comme l’aspirine, en bloquant la production des prostaglandines.

    Dans une anesthésie générale, le phénomène est beaucoup plus complexe encore. Les produits utilisés sont en général des mélanges d’un produit pour vous endormir, (en réalité pour vous enlever votre conscience), d’un analgésique pour ôter la douleur et d’un myorelaxant, qui paralyse en partie les muscles afin d’empêcher les mouvements en empêchant les muscles de se contracter.
    L’anesthésie générale agit surtout au niveau du cerveau, mais elle a aussi des effets sur les nerfs, le cœur, le système respiratoire, la circulation du sang, et sur les muscles.
    En fait l’anesthésie générale est plus proche d’un coma provisoire provoqué, que d’un sommeil. Les zones de notre cortex, impliquées dans les mécanismes de la conscience, (principalement cortex préfrontal et cortex cingulaire et insula), sont au repos.
    Alors qu’on peut réveiller un dormeur en le secouant, pour sortir de son état un anesthésié, il faut attendre que le produit ait considérablement diminué ses effets.
    Des études ont été faites en étudiant sous IRM, les effets sur le cerveau d’animaux, puis d’hommes, soumis à des doses croissantes d’anesthésiants (sans analgésique ni myorelaxant, et en limitant les doses pour les humains afin de ne pas courir de risque respiratoire). L’état de conscience est étudiée également par communication orale, demande d’exécuter des gestes, étude des réflexe, et mesure de l’activité électrique.
    L’étude fait le même type de constatations au réveil.

    Durant la période d’inconscience, qui durait environ une heure, les zones du cerveau nécessaires à la perception de signaux extérieurs (notamment l’ouïe et la vue) demeurent actives. Les sons et les images cheminent dans le thalamus et dans le cortex.
    Le cortex préfrontal et le cortex pariétal (notamment l’insola), sont presque totalement au repos. Il semble que ce soit le thalamus qui ait cet effet inhibiteur.
    Les chercheurs pensent que cette zone fronto-pariétale est divisée en deux parties.     La première, plus centrale, serait liée à la conscience de soi et la seconde, plus latérale, serait liée à la conscience du monde extérieur, et il semble que ces deux zones soient anticorrélées. Quand la première est active, la seconde est inhibée et inversement. Donc si on est focalisé sur soi-même, on ne peut penser à son environnement et inversement. Mais la façon dont ces deux zones combinent leur activité pour atteindre - ou non - le niveau de conscience est encore très mal comprise.
La perte de conscience serait provoquée par des coupures de communication entre différentes régions du cerveau. L’activité électrique montre que les ondes devient beaucoup plus lentes, n’agissant plus que localement.
    L’anesthésie générale est voisine d’un coma réversible.

    Lorsqu'on subit une anesthésie générale, on ne ressent aucune douleur, et l'on ne se rend compte de rien. Mais le corps souffre quand même !
    Par ailleurs une anesthésie générale comporte divers effets secondaires, et certains risques. J’en parlerai demain.
Par alyane le Mercredi 16 juillet 2014 à 18:35
Très intéressant comme toujours!
Par Leon Patrie le Samedi 4 avril 2020 à 19:38
Coucou,
Mes félicitations pour ce travail que vous faîtes.
 

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