Vendredi 31 août 2007 à 19:30

Stress, dépression, médicaments

    Beaucoup d'entre vous me demandent ce qu'est une “dépression” (sur le plan psychologique et physiologique bien sûr; il ne s'agit ni d'une vallée, ni d'un phénomène atmosphérique !).
         Si curieux que ce soit, la notion de dépression est floue et les médecins ne savent pas bien la diagnostiquer, sauf quand elle est sévère (et que leur patient ne cherche pas à les mener en bateau en leur racontant une histoire bien préparée, ce qui arrive plus souvent qu'on ne croit !!).

     Les médecins psychiatres diagnostiquent uyne dépression quand ils observent les symptômes suivants pendant plusieurs semaines :
     - une tristesse chronique; une anxiété permanente et un moral très bas.
     - une perte d'intérêt et de plaisir envers toute activité.
     - un sentiment d'impuissance et un repli sur soi;

 accompagnés de plusieurs des autres symptômes suivants :
     - sentiment de culpabilité;
     - autodévalorisation;
     -  crises de larmes et hyper émotivité ou au contraire émoussement des émotions;
     - troubles de la concentration et de l'aptitude à prendre des décisions;
     - ralentissement psychique et de l'aptitude à penser;
     - fatigabilité,; fatigue et perte d'énergie;
     - altération du fonctionnement social et professionnel;
     - idées morbides ou suicidaires;
     - gain ou perte de poids en l'absence de régime, variation de l'appétit.
     - troubles du sommeil : insomnies ou hypersomnie;
     - ralentissement ou agitation psychomotrice;
     - douleurs de dos, migraines.
    
     Il existe des tests sous forme de questionnaires pour diagnostiquer une dépression, mais, à mon avis, ils ne sont pas plus précis et surtout peuvent facilement être falsifiés par un patient qui veut se rendre intéressant ou faire croire à sa dépression, parce qu'il y trouve un avantage et ne répond donc pas sincèrement..

     En fait les dpressions peuvent être de forme assez différentes :
     Notamment la personne peut souffir de manque de sommeil et de manque d'appétit et donc maigrir ( c'est en général la matinée qui est la période la plus pénible) ou au contraire d'une hypersomnie et de boulimie et donc grossir; (c'est au contraire la soirée qui est la période la plus difficile).
     La première réagit en général peu aux stimulations émotives, alors que la seconde fera au contraire preuve d'hyperémotivité.

     Il existe aussi des dépressions saisonnières, probablement liées aux changements de rythmes journaliers dûs à l'allongement de la journée en été et sa diminution en hiver. qui entraîneraient des variations fortes de la production de mélatonine, hormone qui est impliquée dans la régulation de l'humeur et des rythmes biologiques.

     Une autre forme est le trouble bipolaire, dans lequel se succèdent des épisodes classiques pendant lesquels l'activité et l'humeur sont  fortement abaissées et d'autres périodes pendant lesquelles il y a au contraire hyperactivité et énergie décuplée ainsi qu'un moral au beau fixe.

     Chez les jeunes la dépression peut ne pas être très visible : la personne dépressive peut apparaître tout à fait enjouée aux yeux de ses proches, mais lorsqu'on y regarde de plus près on constate qu'elle a des comportements inhabituels, qui peuvent évoquer des manifestations de la dépression: par exemple une conduite dangereuse, des comportements à risques, un comportement impulsif (fugues, violence...), masochiste (la personne cherche à se faire du mal), des troubles alimentaires (anorexie, boulimie), un alcoolisme et/ou d'autres dépendances (drogues dures, cannabis, médicaments...), un refus d'aller à l'école et une baisse des résultats scolaires. Certains signes peuvent alerter l'entourage, par exemple une humeur triste, des troubles du sommeil, de l'appétit ou de la mémoire.

     II existe une autre forme, la dépression dite masquée. Cette forme se manifeste essentiellement par des symptômes attirant l'attention sur un organe précis. C'est une dépression qui n'est pas reconnue par la personne, convaincue qu'elle n'est victime que de troubles physiques. C'est peut-être aussi parce qu'elle perçoit inconsciemment sa dépression comme honteuse, et qu'il est plus facile de faire admettre des symptômes physiques que des manifestations psychiques. Dès lors, la personne atteinte de ce type de dépression a tendance à exprimer plus que les autres sa souffrance morale au moyen de son corps.
 La dépression est « maquillée” en une maladie du corps. Les plaintes du sujet peuvent alors être variées: maux de tête, fatigue générale, fatigue musculaire, troubles de la sensibilité, douleurs abdominales, troubles digestifs divers, diminution de la libido, etc. Toutefois, ces symptômes sont généralement plus flous que lorsqu'il s'agit d'une maladie physique réelle.

     Voici donc un bref résumé de ce que l'on peut dire sur le plan médical.
     Dans un prochain article, je vous indiquerai ce qui se passe au niveau du cerveau puis dans les suivants, je vous parlerai de l'effet des médicaments utilisés en cas de dépression, et dans un autre article, de ce que j'appelle des “mini-dépressions”.

Par Le.Chat.De.Chester le Dimanche 2 septembre 2007 à 15:03
Ah, cet article me rends triste...mais c'est tout de même très instructif! meric encore pour ces articles si complets...
Par les-mots le Lundi 10 septembre 2007 à 19:14
Si on met de côté "les troubles de la concentration et de l'aptitude à prendre des décisions", "ralentissement psychique et de l'aptitude à penser"...tous les symptômes sont au complet, ou du moins l'étaient il y a un an, cette dernière année a été différente, ces symptômes décrits ici, surviennent de temps en temps pendant deux ou trois semaines, puis finalement repartent pour revenir deux mois pus tard. J'ai été en dépression pendant trois années, j'ai réussis à remonter la pente sans anti-dépresseurs, juste avec quelques tranquilisants et des rendez vous chez la psychologue. Je me sens vraiment beaucoup mieux dans ma tête et dans mon corps, je suis moins fatiguée, je suis beaucoup plus forte psychologiquement, je tombe moins souvent malade, j'ai un peu moins de migraines.. etc, mais c'est pas encore tout à fait ça. Je sais que ça prend du temps, j'ai vraiment sorti la tête de l'eau, mais parfois je retombe en apnée. Après avoir tellement évoluée, j'ai l'impression de stagner...J'ai plus la force de me battre comme je me suis battue, j'aimerai juste que tout redevienne normal et que je puisse vivre tout simplement. Qu'est-ce que je dois faire? Je ne sais pas...retourner chez la psy? Je n'en n'ai plus envie.
Par Angel.or-and.Demon le Mardi 11 septembre 2007 à 21:38
Très complet comme article, vraiment très instructif.
Par Boulevard.clandestin le Mercredi 11 mars 2009 à 17:45
Si jamais, un jour, quelqu'un venez a vous poser des questions sur le trouble bipolaire,sur la depression quel qu'il soit, je peux aider aussi. :)
Par Boulevard.clandestin le Mercredi 11 mars 2009 à 23:56
Je suis tellement impressionnée, de voir tout ces commentaires et que quelqu'un lisent toutes ces pages. Moi je n'y retourne pas.J'avance maintenant. On retombe un peu, de temps en temps, mais on se relève. J'ai la "chance" d'être avec des personnes bien plus malades que moi (je suis dans un centre d'accueil thérapeutique) et qui subissent de tres lourd traitement. Moi j'ai un traitement normal, des envies qui commencent a se dessiner, des passions qui s'accentuent. Je vais bien, je vais aller de mieux en mieux. Au depart, mon blog etait une façon de m'exprimer mais aussi pour tenir au courant mes amies de mon état (j'avais tendance a ne plus donner de nouvelles des que ça allais pas), en lisant vos commentaires je retombe sur les articles, et oui j'ai beaucoup avancé. Au tout debut, on m'annonçais que j'étais bipolaire.Et c'est remis en question maintenant.Mais j'ai arrête de m'attacher aux mots, de toutes façons. Et sinon, j'étais étudiante en architecture. Merci de votre attention, comment fait on pour aider autant les gens?
Bonne soirée, Camille.
 

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