Lundi 12 octobre 2015 à 14:54

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

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Une correspondante me parle d’un article sur la mémoire où elle aurait lu que certaines personnes étaient « hypermnésiques » et se rappelaient tout ce qu’ils avaient vu ou lu et avaient tellement de souvenir qu’ils les mélangeaient.
    Les journalistes racontent beaucoup d’inexactitudes à ce sujet, en confondant des particularités différentes de la mémoire

    Nos 5 sens envoient au cerveau, via le thalamus des sensations et notamment des images, quarante fois par seconde et de plus nous avons des sensations internes sur l’état de notre corps. Si nous mémorisions cela, notre mémoire serait vite saturée. La plupart de ces sensations sont détruites dans les secondes qui suivent et le cerveau garde quelques instants des sensations que le thalamus juge plus importante et dont il informe le « chef d’orchestre », le cortex préfrontal. SI celui-ci juge l’événement important, notre attention et nos sens sont alors orientés sur cet événement pour recueillir de nouvelles perceptions.
    Mais celles ci pourront se révéler inintéressantes et les données seront effacées de la mémoire à court terme.
    Seuls certains événement que le cortex préfrontal, ou le cerveau émotionnel jugent importants, sont conservés et consolidés dans la mémoire à long terme.
    Ces souvenirs seront consolidés pendant le sommeil, ainsi que chaque fois qu’on se les remémorera. Mais si nous ne nous rappelons jamais l’événement, les neurones le concernant, seront peu à peu désactivé et le souvenir sera peu à peu oublié.

    De quoi nous souvenons nous.
    On le voit c’est la répétition qui consolide le souvenir. Donc nous nous rappellerons mieux ce que nous faisons souvent : l’apprentissage et la répétition provoquent la mémorisation. On sit très bien que, pour acquérir des connaissances, il faut les apprendre plusieurs fois, les appliquer sur beaucoup d’exercice : on paprend mieux la table de multiplication en faisant 1000 multiplications ou divisions, qu’en la relisant plusieurs fois.
    Pour les souvenirs « épisodiques », ceux de la vie de tous les jours, nous retenons des faits ou des mécanismes importants, parce que le cortex préfrontal l’a ordonné à l’hippocampe, mais aussi des faits, images, sensations, paroles qui nous ont touché émotionnellement et là c’est le cerveau émotionnel qui a agi sur l’hippocampe.

    Quelles sont les performances de notre mémoire ?
    Très variables : cela dépend des liaisons entres neurones dans notre cerveau et une part est innée. Certains ont une mémoire visuelle plus développées, d’autres la coordonnent avec une mémoire tactile, certains ont une très bonne mémoire auditive.
    Mais surtout cela dépend de l’entrainement que nous avons fait subir à notre mémoire. Si nous n’apprenons rien par coeur étant jeunes, notre mémoire sera peu formée. L’habitude va la développer éventuellement dans certains domaines : l’instrumentaliste a une bien meilleure mémoire des sons que ceux qui ont simplement écouté de la musique. J’ai connu une personne qui, ayant été insupportable en classe au début du siècle dernier, avait eu comme punitions, tout au long de sa scolarité, d’apprendre par coeur des milliers de pages de poésies ou de textes des grands auteurs. Elle se souvenait de beaucoup de ces textes et avait une facilité extraordinaire pour retenir tout ce qu’elle lisait.
    Le traitement que l’on fait subir aux données acquises influe également. Je me souviens de presque toute la correspondance reçue sur un sujet important, mais je serais incapable de citer les phrases de la lettre;; je ne me souviens que des idées qu’elle traitait.
    Certaines personnes qui se passionnent pour un sujet peuvent parfois faire preuve d’une mémoire étonnante pour ce sujet particulier : j’ai eu un camarade passionné des locomotives et de la SNCF (où d’ailleurs il a fait carrière), qui connaissait par coeur le « chaix » (l’annuaire des départs et arrivées des trains dans les différentes gares.

    Les surdoués de la mémoire :
    On parle souvent d’attractions données par des surdoués qui arrivent à mémoriser en peu de temps et à se rappeler ensuite de mots, de chiffres etc.
    Certains sont des charlatans et ont un « truc », mais d’autres sont sincères : ils se sont beaucoup entrainés et ont en général des méthodes mnémoniques pour assembler les données ou les faire correspondre à d’autres informations.
    Ce sont des cas de développement extrêmes, pas d’anomalies.

    Qu’est ce que l’hypermnésie.
    Ce n’est pas cette grande capacité ou facilité mémorielle.
    C’est en fait une anomalie rare, une sorte d’exaltation de la mémoire, et en fait une psychopathologie caractérisée par une mémoire autobiographique (les souvenirs personnels de sa vie) extrêmement détaillée et un temps excessif consacré à se remémorer son pass. Ces souvenirs sont principalement visuels, mais parfois sonores, olfactifs, tactiles, avec des souvenirs de sensations et sentiments qui leur sont associés.
    Ils ont, par rapport aux personnes qui n’ont pas cette particularité, des souvenirs beaucoup plus nombreux, précis et détaillés de leur enfance et adolescence.
    Mais si on leur fait passer des tests de mémorisation habituels, leur mémoire n’est pas différente de celle des autres personnes. Les tests d’intelligences, d’abstraction, de raisonnement n’ont rien d’exceptionnels.
    James McGaugh et Larry Cahill de l'Université de Californie Irvine ont effectué des IRM sur des personnes hypermnésiques et ont montré qu’elles faisaient bien sûr, comme nous tous appel au cortex frontal et à l’hippocampe, mais aussi à d’autres régions et notamment à des centres habituellement destinés à l’apprentissage d’automatismes.
    Les capacités hypermnésiques peuvent avoir, dans certains cas, un effet néfaste sur les capacités cognitives. D’une part certaines capacités de mémorisation, hors autobiographiques, peuvent être moindre et surtout les rappels incessants de souvenirs peuvent devenir insupportables.
    Une personne suivie par des chercheurs décrivait ses remémorations comme « incessantes, incontrôlables et totalement épuisantes » et comme « un fardeau »
Par http://www.cuisine-meridiana.fr le Mardi 19 avril 2016 à 3:31
c’est moins dangereux et plus rentable !!
 

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