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   Il m’arrive souvent de discuter avec mes correspondant(e)s de l’inconscient et de son rôle, car lorsqu’on essaie de comprendre les problèmes, les causes que l’on peut avancer ne sont pas toujours ce dont es consciente la personne qui les rencontre.
    Mais cela n’a rien à voir avec la psychanalyse, dont même Freud, écrivait à Jung, qu’elle n’apportait que bien peu de chose dans le traitement des malades.
    Bien que les cours de Psycho en France fassent encore une grande part à Freud et ses disciple, alors que ce n’est plus le cas ni dans les pays anglo saxons, ni même en Allemagne, la notion d’inconscient et de ses modes d’influence, a totalement évolué et ne correspondent plus aux théories de Freud, qui certes étaient ingénieuses, mais ne tenaient pas compte du fonctionnement physiologique du cerveau, alors presque inconnu.

    La théorie de Freud avait le mérite d’être simple : il voyait trois instances régissant le comportement de l’homme :
    Le « moi » désigne la partie de la personnalité assurant les fonctions conscientes : ancré dans la réalité, et en partie dans le rationnel, il assure la stabilité de la personne, l’empêchant de céder à ses pulsions.
    Le « ça », au contraire, est  le non conscient, inorganisé et sans volonté rationnelle, il s’efforce de satisfaire les besoins pulsionnels, en se conformant au principe de plaisir, même si parfois il réalise ses pulsions de façon détournée en les sublimant (comme l’artiste); c’est le réservoir des instincts humains, des désirs inavoués et refoulés au plus profond de nous mêmes.
    La neuropsychologie moderne si elle admet les pulsions inconscientes, tempère énormément l’importance des refoulements (que de plus Freud considérait comme essentiellement sexuels), et surtout a montré que la théorie de Freud sur l’enfance et les parents et notamment le complexe d’œdipe, est fausse.
    Le « surmoi » enfin représente les règles, notamment morales que l’on a acceptées, mais il les voyait comme une conséquence des interdits parentaux, une sorte de loi morale qui agirait sur nous sans que nous comprenions son origine.
    La théorie de Freud était simple et ingénieuse, mais elle avait le défaut d’être bâtie à partir de constatation sur des malades mentaux, dont beaucoup étaient des viennois(es) ayant des problèmes sérieux au plan sexuel, alors qu’elle aurait dû avant tout tenir compte de la mentalité des personnes normales.

    Pour la neuropsychologie moderne, l’inconscient est avant tout un réservoir de tout ce que le cerveau enregistre de nos sensations, mais qu’il ne juge pas utile de transmettre au cortex préfrontal, siège de la pensée et donc de la conscience.
    En effet tous les quarantièmes de seconde, le thalamus coordonne les sensations provenant de nos cinq sens, relatives à notre environnement et à ses perceptions. Mais la plupart n’ont pas d’intérêt pour l’orientation de nos actions et donc, soit le cerveau les élimine, soit les conserve pendant une durée assez brève, soit même les stocke, au cas où elle pourraient se révéler utile par la suite, mais en général il les élimine au cours des sommeils suivants.
    De même le cerveau reçoit des informations de nos membres, de nos muscles, de nos viscères, mais ils ne sont pas transmis au cortex préfrontal, sauf lorsqu’il y a problème, par exemple souffrance ou anomalie de fonctionnement et nécessité d’action pour y remédier.
    Enfin, notre cerveau émotionnel est le siège de très nombreux échanges internes, émotions et sentiments, simulation des conséquences de projets d’action, intentions qui en découlent, voire pulsions plus immédiates et violentes. Ce ne sont pas des processus rationnels comme dans le cas du cortex préfrontal, mais les propositions et actions qui en découlent, ne sont pas pour autant forcément néfastes pour l’individu et elle interviennent souvent en complément de processus réfléchis et rationnels.
    En fait la quantité d’information inconscientes est des millions de fois plus importante que les informations consciente. Par contre la plus grande partie d’entre elles n’est pas mémorisée.

    La psychologie actuelle, quand elle est basée sur l’observation neurophysiologique, a relégué le Ça et le Moi aux oubliettes de la psychanalyse, et adopté une vision plus pragmatique de ce qui définit le soi non conscient : la différence entre ce que nous faisons de façon automatique et ce que nous controIons de façon rationnelle, grâce à notre cortex préfrontal.
    Les processus de pensée automatiques doivent être rapides, efficaces et hors du domaine de la pensée consciente, dépourvus de délibération ou de planification qui sont lents. Ils ne requièrent qu’un simple stimulus, alors qu’un mécanisme de réflexion qui nécessite des aller-retour entre de nombreux centres du cerveau.
    Par exemple la lecture de cet article et la compréhension des mots, se font de façon fluide, automatique, presque inconsciente, alors que notre attention est centrée sur la compréhension des phrases et des idées qu’elles contiennent.
    De même quand vous rédigez, vous pensez rationnellement et lentement à ce que vous voulez dire, à l’organisation de vos phrases, mais ensuite votre main écrit ou tape sur le clavier, les lettres de façon automatique, tellement inconsciemment que vous faites des fautes de frappe sans vous en apercevoir, notamment en inversant des lettres si vous tapez trop vite.
   
      Tout comme le Ça et le Moi de Freud, le système automatique et le système contrôlé se complètent mais, dans le même temps, ils s'opposent parfois.
    J’étudierai demain avec vous quelques uns de ces processus, pour montrer l’importance dans notre comportement des processus inconscients, même dans nos décisions courantes.
Par Doc.Jpeg le Vendredi 27 juin 2014 à 9:44
J'aime beaucoup ce genre d'articles, car il me rassure en ce qui concerne ma façon de stocker l'information.
J'ai déjà eu plusieurs fois des discussions avec des gens en ce qui concerne les associations d'idées. Souvent on ne me comprend pas quand j'explique que l'information perçue, qu'elle soit visuelle sonore, olfactive, gustative, émotionnelle etc. est automatiquement associée puis cette association est elle même comparée à d'autres schémas puis stockée mais de façon floue, comme si c'était un résumé. Plus tard, stimulé par un autre schéma ayant des similitudes, je vais ressentir le déploiement de ce qui s'en rapproche et vais directement l'y associer. Ca se passe instantanément, c'est automatique. Je ressent parfaitement ce mécanisme mais c'est incontrolable. Je n'arrive pas a shunter ce mécanisme et c'est perturbant lorsque, par exemple, quelqu'un me raconte une anecdote et se met en scène en recréant directement le dialogue. Ce dialogue aura pour moi le "défaut" qu'il contient la seconde personne du singulier. Ce qui fait que je vais avoir beaucoup de difficulté a associer correctement les données issues du dialogue car je n'arrive pas a dissocier le sujet "tu" avant que l'information soit associée puis stockée. Je suis obligé de filtrer ce dialogue, d'extraire ce que je viens de classer et de le reconstruire en remplaçant ce "tu" qui ne m'est pas adressé par le bon sujet. Cette extraction puis reconstruction d'information est bien plus facile si je me trouve dans un endtroit calme, sans bruits, sans odeurs fortes et que je ne fait rien de particulier. Si on me raconte une anecdote construite avec ce terrible "tu" dans un supermarché qui est un endroit plein de mouvements, de couleurs, de bruits et d'odeurs celà peut même devenir angoissant car il y a trop d'informations a filtrer.
 

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