Dimanche 18 septembre 2016 à 16:58

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    Une correspondante me demande ce que sont les « blockchains » et a l’air effrayée des bouleversements annoncés. Elle me demande mon avis à ce sujet
    Je suis un peu embarrassé pour lui répondre car je ne suis pas informaticien; je me suis seulement beaucoup servi depuis longtemps d’ordinateurs petits et très gros et je ne suis pas un spécialiste de la sécurité des programmes.
    Par ailleurs je ne suis ni économiste, ni futurologue.
    Je vais quand même essayer de répondre dans un  premier article. Si des personnes que je connais peuvent ensuite me fournir d’autres données, je pourrai faire une seconde mouture. Pour le moment ce sera donc un avis personnel et non celui d’un  expert.
    Vous pouvez également vous reporter à deux articles que j’avais faits sur le bitcoin, la monnaie virtuelle qui utilise une blockchain, les 16 et 17 juin 2014.
    Le bitcoin n’a pas connu une grande réussite comme l’espéraient ses créateurs, car comme une monnaie étrangère, il n’a pas un cours fixe, mais celui ci varie en fonction de son utilisation et donc au gré des spéculateurs, comme pour la bourse.
    Mais ce qui est intéressant ce sont les programmes existants et leur fonctionnement au sein d’un réseau, qui sont analogues à ceux des blockchains.

    Qu’est ce qu’une blockchain ?

    Supposez une énorme banque de données où chacun pourrait écrire ce qu’il veut, mais qui serait alors daté, définitif, ineffaçable et infalsifiable. que votre « droit d’auteur » c’est à dire votre droit d’accès à la banque de données et d’y écrire, soit protégé par une « clé privée », mais que tout le monde ait accès au contenu la banque de données par des « clés publiques » (chacun possède une clé privée pour sa production propre et une clé publique pour son accès au réseau..   
    La clé publique permet aussi de retrouver l’auteur et donc d’empêcher de publier n’importe quoi, (des insultes par exemple), d’autant plus que les données infalsifiables peuvent servir de preuve devant des tribunaux. Par ailleurs un moteur de recherche permet de rechercher les diverses catégories de données (comme dans Google).
    On pourrait certes y déposer des textes, des poèmes et des chansons, des faits que l’on veut rendre « historiques » pour ses descendants, son dossier médical, mais aussi des contrats d’acquisition, de travail ou d’association, des reconnaissances de dettes qui resteraient valables tant que le remboursement n’aurait pas été inscrit, des inventions et brevets des transactions financières, et des paiements virtuels, comme avec le bitcoin, etc….
    Evidemment l’accès à certaines données pourraient ne pas être publique, mais réservée à certaines personnes (médecins autorisés pour le dossier médical, par exemple).
    Une telle base de données si elle était libre d’accès, infalsifiable, indestructible, et gratuite, (ou du moins moyennant un abonnement, comme internet), aurait sûrement beaucoup d’applications.
    On peut aussi comparer une blockchain à un grand livre de comptes, public, infalsifiable, certifié et inviolable.
    Evidemment il y aurait en réalité de nombreuses banques de données spécialisées pour chaque catégorie d’action.
    Evidemment de tels outils seraient révolutionnaires : plus besoin de notaires, de banques, de sociétés d’échanges et d’upérisation, de nombreuses sociétés de vente ou d’échanges commerciaux, des sociétés de brevets, et de nombreux organismes qui sont là pour authentifier nos actions et les rendre valables.
    On peut même penser que des logiciels experts soient présents par exemple, sur une blockchain concernant les contrats commerciaux, pour vous aider dans la négociation et la rédaction.
    Rassurez vous, on n’en n’est pas là : les blockchains qu’on peut un peu comparer à internet, n’en sont qu’à la hauteur où était internet en 1990, et leur fonctionnement est beaucoup plus complexe, et donc la mise au point sera lente.

    Comment fonctionne une blockchain ?

    Comme internet elle est basée sur un réseau international d’ordinateurs très puissants, reliés entre eux.
    Comme internet il faut des opérateurs (des sociétés et des informaticiens) pour faire fonctionner ces ordinateur et le réseau, et éviter les pannes, mais comme dans internet, ils ne génèrent pas le contenu (ce ne sont pas eu qui écrivent sur votre messagerie ou les réseaux sociaux). Votre clé privée est analogue à votre mot de passe, mais comme sur internet, vous avez droit à l’accès à toutes les données publique, et comme sur internet vous pouvez remonter en principe à l’auteur (ou à son pseudo).
    Bien entendu les clés privées et publiques
    Il faut être conscient que ce système fonctionne automatiquement à partir de logiciels créés par le concepteur, sans une autorité ou un opérateur central. Les données et les contrôles sont effectués par des utilisateurs du réseau, qui ont un ordinateur puissant et acceptent de le faire faire automatiquement par cet ordinateur, moyennant évidemment une rémunération. Il faut qu’il y ait suffisamment de ces machines pour que le réseau fonctionne. La validation des transactions ou des documents et données, se fait automatiquement par plusieurs de ces ordinateurs et les résultats doivent concorder pour que la validation soit faite.
    A priori, si les logiciels sont fiables, les données sont sures, infalsifiables, définitives et éternelles (tant qu’une nouvelle donnée ne l’annule pas), et transparentes pour tous.
    Comme internet, la blockchain permet aux personnes de communiquer « pair à pair » sans intermédiaire, et cela pour la plupart des actions économiques de la vie courante.
    Cette suppression d’acteurs intermédiaires et de contrôle serait donc, peu à peu, un outil d’évolution économique encore plus important qu’internet (la messagerie n’a touché que la Poste et les opérateurs téléphoniques).

    J’avoue être un peu sceptique sur la rapidité de développement de ces outils extraordinaires et sur leur fiabilité.

    Le réseau doit être absolument sûr pour offrir une garantie suffisante.sceptique

        Je sais qu’il y a eu peu de falsifications sur le réseau bitcoin, mais il y en a eu.
        Je crains que, parmi les utilisateurs contrôleurs, ou les informaticiens des ordinateurs du réseau, il y ait quelques hackers doués qui arriveront à trouver quelques failles.
    Et le concepteur à l’origine des programmes de fonctionnement sait comment accéder aux diverses fonctions.

    Il faudra un réseau ultrarapide et une logiciel expert de recherche ultraperformant.
    Actuellement le réseau Visa de cartes bleues traite environ 10 000 transactions par seconde; les blockchain, en raison de la complexité des algorithmes de contrôle et validation n’en traitent qu’une dizaine.
         Par ailleurs quand il y aura des milliards de données, écrites par des milliards de personnes, comment trouver la bonne que vous cherchez? Quand on voit la difficulté pour trouver sur Google les informations pertinentes (si vous en cherchez une très précise, mais que vous ne savez pas qui l’a émise) et le nombre d’informations inadéquates auxquelles on accède, la tâche me paraît bien difficile.

    Il faudra parallèlement une règlementation juridique :
    C’est vrai que ce système sans contrôle central, où chacun fait ce qu’il vaut, la seule contrainte étant l’organisation et la programmation du système, c’est un peu une « anarchie numérique ».
    Déjà pour l’information sur internet, la législation n’est pas suffisante, et le contrôle des données qui circulent est impossible (voir les problèmes que posent le terrorisme).
    Là il s’agira de toutes les données économiques et financières.
    Et que se passera t’il en cas de litige ?
  

    Finalement les blockchains sont un outil tout à fait révolutionnaire qui suscite beaucoup d’espoir, mais aussi beaucoup de réticences de la part des Etats et des organismes qu’elles risquent de remplacer. Ce serait un outil pour créer de la confiance.
    Mais pour avoir les qualités requises, avec un risque minime, il y a encore un immense travail de mise au point non seulement informatique, mais d’organisation.
Cela demandera du temps.

   
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