Mardi 19 février 2008 à 14:56

Adolescence



    Deux correspondantes avec lesquelles je discute de la “course au petit ami” me demandent ce qui a changé depuis ma jeunesse, dans le comportement des filles et des garçons au collège et au lycée.

        J'ai déjà fait des articles sur cette question, mais je veux bien revenir sur ce sujet, en me limitant à quelques faits caractéristiques et en fonction des jeunes que je connais et qui, évidemment sont en nombre limité, et sont à mon avis, pour la plupart, privilégiés par leur contexte familial et leur instruction ou du moins ne constituent qu'une population particulière ne permettant pas de généraliser mon opinion.

        Je trouve que le principale différence en ce qui concerne les garçons est que beaucoup d'entre eux sont moins attentifs et travailleurs qu'autrefois, sans que en compensation ils s'amusent plus ou soient plus sportifs.
        Le jeune garçon était autrefois conscient qu'il lui était indispensable d'avoir des connaissances pour pratiquer un métier et avoir des revenus nécessaires pour vivre correctement et assurer le soutien de sa famille.
Il savait que les études étaient le moyen de préparer son emploi futur et il s'y consacrait. Attentif en classe - même s'il chahutait aussi parfois, - il essayait de faire son travail dans la mesure de ses moyens mais du mieux qu'il pouvait, quitte à demander de l'aide et des explications pour ses devoirs, aux parents, aux copains ou aux profs qu'il respectait.

        Aujourd'hui divers facteurs interviennent :
             - la nécessité du métier et du travail est moins évidente et les jeunes garçons pensent surtout à gagner beaucoup d'argent. Ils rêvent d'être un artiste ou footballeur connu, un directeur ou un PDG, un traideur ou un affairiste d'import-export, sans savoir le travail que cela implique pour arriver à de tel postes.
            - la société de consommation qui a créé des besoins de “possession” et ils pensent beaucoup plus à les satisfaire, au prochain achat, à la prochaine teuf, qu'au travail à fournir en classe. Ils vont en classe par obligation, mais ce qu'on y apprend les intéresse rarement.
            - le manque d'attention et de concentration en classe. La difficulté à suivre attentivement un cours pendant plus d'une demi-heure ou de faire des calculs littéraux précis et complexes en mathématiques, sans faire d'erreur, ce qui n'est pas difficile (c'est un mécanisme), mais demande une attention soutenue.
            - le mépris pour le travail manuel ou pour des tâches un peu pénibles, notamment en plein air, ou impliquant des horaires ne permettant pas de voir la télévision ou d'aller sur internet le soir. Je rencontre cela régulièrement chez de jeunes chômeurs que j'essaie d'aider.
        Même ceux qui n'aiment pas l'école ne veulent être qu'un “col blanc”, devant un bureau un ordinateur et un téléphone.
        C'est d'autant plus ridicule que l'on manque de main d'oeuvre dans les métiers manuels, qui offrent des emplois plus facilement et souvent mieux payés que dans les bureaux.

        Bien sûr il y a aussi des garçons très travailleurs. J'en connais qui font des études d'ingénieur ou de médecine, mais je ne leur trouve pas la même volonté de travailler ou d'arriver à réussir les concours qu'autrefois, et ils se découragent plus facilement.

        Certes les filles souffrent aussi de ce manque d'attention et de l'emprise de la sociéte de consommation et des médias, mais elles me paraissent en moyenne plus réalistes, plus travailleuses et plus courageuses à la peine que les garçons et aussi qu'autrefois.

        La femme il y a 50 ans sauf exception n'exerçait un métier qu'avant de se marier ou d'avoir des enfants, et fondait une famille beaucoup plus jeune qu'aujourd'hui, et sauf dans les ménages à faibles revenus, s'y consacrait entièrement.
        Les usages et les médias n'incitaient pas au divorce et les couples préféraient se supporter au moins jusqu'à ce que les enfants soient élevés, ou même pour des raisons purement matérielles.
        La nécessité d'un métier pour la femme était donc beaucoup moindre et cela n'encourageait pas les filles à faire des études supérieures. Les jeunes filles que j'ai eues pour camarades en taupe étaient des exceptions - d'ailleurs brillantes - et si les parents les admiraient, elles étaient néanmoins un peu considérées comme des inconscientes qui voulaient faire les métiers d'ingénieur ou de chercheur dévolus aux hommes.
    Je me souviens que mes parents admiraient beaucoup une de mes camarades qui avait réussi le concours d'entrée à Centrale dans un très bon rang, mais ils la considéraient un peu comme un "animal de zoo".
        Aujourd'hui, les moeurs ont évolué et près de la moitié des jeunes femmes risquent de se retrouver seules, avec même des enfants à élever. Il est donc indispensable pour les jeunes filles d'apprendre et d'avoir un métier et paradoxalement, alors que la nécessité du métier semble aujourd'hui moins évidente pour les garçons, c'est l'inverse pour les filles.
        Elles me paraissent plus volontaristes, plus travailleuses, plus enclines à faire des efforts.
        Les écoles d'ingénieurs, de commerce, les grandes écoles, les carrières de cadres et de hauts fonctionnaires leur sont largement ouvertes et elles réussissent aussi bien, voire mieux que les hommes, et cela grâce à leur travail et leur motivation.
        Les filières de lettres ou de droit sont considérées comme reposantes par beaucoup de garçons et ce sont souvent les filles qui y réussissent le mieux, parce qu'elles y travaillent sérieusement, pour avoir un métier et non par "facilité" er recherche du moindre effort.
        Et même, pour celles moins douées, les métiers manuels ne les rebutent pas.

        Je n'ai pas d'explication. Peut être sont elles plus réalistes et sont elles moins esclaves de l'argent. ?

        Tout cela vous paraît sans doute assez vague et général. Alors quelques exemples :
        Je ne connais qu'un nombre restreint de jeunes, et surtout soit dans les filières scientifiques, soit au contraire des personnes moins douées, qui étaient au chômage et que j'essaie d'aider depuis dix ans.
        Parmi ces personnes moins douées pour les études et qui donc doivent envisager des métiers plus modestes, les 3/4 des femmes arrivent à rapidement trouver du travail, contre moins de la moitié pour les hommes, parce que ceux ci ne veulent pas de certains postes, ni de formations manuelles.
        Parmi les jeunes scientifiques de bon niveau, plusieurs jeunes garçons que je connaissais, ont abandonné les prépas de maths et de médecine pour la fac, parce que c'était trop dur comme travail. Par contre deux jeunes filles que j'ai connues sur mon blog il y a trois ans et qui avaient alors pourtant quelques problèmes, après avoir brillamment réussi leur bac, font preuve d'une motivation et d'une ardeur au travail extraordinaires et je pense que l'une fera un excellent médecin tandis que l'autre entrera à Normale Sup sciences et je suis très fier de mes deux “petites filles virtuelles”.
       Mais encore une fois, la population que je connais est particulière et je ne saurais dire  si elle est représentative de la majorité des jeunes.


Par cloud-of-dreams le Jeudi 21 février 2008 à 14:57
Très intéressant comme article! Je me pose souvent la question de qu'est ce qui a changé, comment les gens ont-ils évolué depuis quelques décenies!
Par Essence.Ciel le Samedi 22 mars 2008 à 20:29
C'est gentil de partager avec nous tout ça :)
 

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