Mercredi 9 octobre 2013 à 16:25

Relations avec nos parents, famille

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    Pour faire suite à mon article d’hier, je me suis souvent demandé, pour répondre à des questions de mes correspondants, «mais qu’est ce qu’un adolescent ?»
    Le plus curieux c’est qu’après avoir discuté avec plus d’une centaine d’entre eux, et au moins autant de jeunes autour de la vingtaine d’années, je ne sais pas répondre à cette question.

    En fait j’ai vainement cherché sur internet des limites claires de l’adolescence et je n’en n’ai pas trouvées. Tout au plus peut on dire qu’elle commence en général en même temps que la puberté, encore que certains parents, qui considèrent leurs enfants dès 8 ou 9 ans comme des adolescents, finissent par les déformer et les priver de leur enfance.
    Je crois que l’adolescence c’est avant tout une invention des adultes vis à vis de l’opinion qu’ils ont sur le comportement de jeunes dans notre société et aussi sur les déboires que les parents, grands parents et professeurs, rencontrent quant aux méthodes et actions pour donner aux jeunes la possibilité d’accéder peu à peu au statut d’adulte sans catastrophe.

    Je crois en effet que les adultes ont du mal à comprendre l’évolution actuelle de la société surtout celle des jeunes. Une chose essentielle pourtant.
    J’ai eu beaucoup de difficultés au début à comprendre les comportements des jeunes. Je pense mieux les comprendre au bout de 7 ans de dialogue, ce qui ne veut pas dire que je les approuve toujours.
    Ce qui me frappe le plus, par rapport aux souvenirs de ma jeunesse, c’est que mes parents, mes grands parents, beaucoup de mes professeurs étaient pour moi des modèles, des exemples à suivre. Mais ils le savaient et s’efforçaient d’être, à mes yeux, sans reproche et quand je ne comprenais pas parfois leur attitude, ils m’en expliquaient la raison. Je me souviens encore d’une dissertation faite en philo : «comment donner et suivre le bon exemple?». Ce n’est pas facile et il faut faire effort.
    Aujourd’hui, les jeunes n’ont plus ces réflexes, mais les parents souvent non plus. J’ai connu des pères qui incitaient leurs enfants à parler et se comporter grossièrement, d’autres qui étaient fiers qu’ils fument, alors que cela risquait de ruiner leur santé.
    Le modèle des jeunes n’est plus celui de leurs adultes éducateurs, mais ce sont les copains qui les entourent, en général aussi immatures qu’eux, et qui n’ont aucune notion de l’exemplarité. Le comportement moutonnier, l’appartenance sans réflexion personnelle à un groupe, la toute puissance de l’opinion des copains et du paraître à leurs yeux, est le plus souvent l’explication des descentes aux enfers des jeunes, mais souvent provoquées par un comportement irresponsable des parents dans leur propre vie.
    De plus, encore du temps de mes enfants, les adultes avaient des occupations communes avec les enfants, au moins jusqu’à leur bac, et ils en tiraient plaisir. Aujourd’hui, trop occupés par leurs métiers et fatigués par la pression actuelle sociétale, les jeunes les dérangent plutôt et ils s’en débarrassent en confiant leur éducation à l’école, en les envoyant avec les copains ou en les mettant tout jeunes, devant la télé.
    C’est d’autant plus vrai que l’adulte ne comprend plus les représentations des jeunes et ne leur explique plus les siennes. Il ne s’agit pas d’imposer ses vues à ses enfants, mais de leur dire pourquoi on les a, et les risques et les avantages présentés par les divers points de vue, chacun ayant en général les siens.

    Si vous regardez les statistiques, les accidents et les suicides sont aujourd’hui les causes les plus fortes de mortalité des jeunes. Ce n’est que partiellement leur faute, car c’est nous qui n’avons pas su leur inculquer les règles qui auraient permis d’éviter cela.
    Ces règles, c’est en quelque sorte une initiation à la vie, qui a remplacé l’initiation rituelle des peuples primitifs. Aujourd’hui la démission des parents fait que cela est souvent remplacé par une «auto-initiation», qui ne peut profiter d’aucune expérience et encourage donc l’immaturité.
    Je constate que beaucoup d’adolescents sont plus immatures que des enfants d’il y a 30 ans.
    Les exemples d’erreurs graves sont nombreuses : soi disant plaisir d’une beuverie où l’on peut aller jusqu’au coma éthylique, accidents de la route sous l’emprise du cannabis qui fait prendre des risques sans s’en rendre compte et annihile les réflexes, conduites délinquantes diverses, et autosabotage de son instruction.
    Le langage cru des jeunes et leur comportement parfois asocial ne m’inquiètent pas trop, même si je ne les approuve pas; ce qui me soucie, ce sont ces comportements immatures, cette absence de bon sens et d’un minimum d’intelligence pratique. Mais que fait on pour les tirer de là?. On ne sait même pas mettre sur pied, le plus souvent, une orientation scolaire qui permettent de ne pas aboutir à une impasse sur le marché du travail.

    Je crois que nous avons beaucoup à faire pour comprendre les ados. Nous nous attachons trop à des modes de vie : les musiques, les conversations, les tenues vestimentaires, les amitiés. Bien sûr, il faut mettre des limites pour que ces comportements ne deviennent pas nuisibles et ne dépassent pas les bornes.
    Mais l’essentiel, c’est la préparation de leur avenir, leur passage à l’état d’adulte qui actuellement ne se fait plus assez vite : c’est leur expliquer l’utilité de certaines règles en société ou dans la vie, de leur expliquer certains risque physiologiques, de leur donner le goût du travail, d’essayer avec eux de comprendre leur personnalité et leurs potentiels et aptitudes, bref de les aider à construire leur identité.
    C’est sûrement faisable, car je connais bon nombre d’adolescents qui ont dans ces domaines un comportement raisonnable, car les parents ont su les éduquer.
    Le plus difficile est malheureusement aujourd’hui de donner aux ados le goût du travail et une certaine curiosité intellectuelle : ils sont trop pris par le activités médiatiques, les programmes de l’Education Nationale ne sont pas assez concrets et beaucoup trop divers avec des options inutiles à n’en plus finir, les profs pas formés à la pédagogie; il y a trop d’informations sur internet et ils ne sont pas formés à chercher celles qui sont pertinentes. Les défauts les plus courants sont la paresse, l’innatention et le goût de la routine, qui tue la créativité. Et on n’arrive pas à leur faire comprendre que c’est leur avenir qu’ils préparent, le modèle que nous donnons avec le chômage actuel étant évidemment catastrophique.

    Bref je crois que l’adolescence cela n’existe que dans notre esprit, tellement c’est variable selon les individus et l’environnement.
    Pensons plutôt à aider à grandir nos enfants et à ne pas vouloir les croire capables d’être trop tôt autonomes. Nous ne faisons ainsi que retarder leur maturité.

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