Dimanche 28 décembre 2014 à 8:20

Eveil, sommeil, rêves

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Nous avons vu dans les articles précédents que notre mémoire conservait à court terme des données sans intérêt, soit qu’elles ait été conscientes et soient devenues inutiles, soit qu’elles soient dans notre inconscient.
    Que des événements traumatisants pouvaient soit nous hanter jusqu’à constituer un harcèlement ou au contraire provoquer des blocages.
    Enfin nous avons tous nos préoccupations qui reviennent périodiquement à l’esprit, notamment le soir avant de s’endormir.
    Ce sont ces images, ces scènes, qui sont les « matériaux » de nos rêves.

    Ci dessous le schéma concernant la mémorisation d’images, publié avant hier, pour que  vous puissiez le comparer au schéma concernant la transmissions d’images internes pendant le sommeil
http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/memorisationeveil.jpg    En ce qui concerne les rêves, j’ai expliqué qu’on ne rêvait que lorsque l’on se réveillait (au moins pour un microréveil qui dure à peine une seconde), et par contre on lit souvent que l’on rêve toute la nuit.
    Ce n’est pas contradictoire : c’est une question de vocabulaire.

    J’appellerai rêve, les scènes dont nous pouvons ensuite nous souvenir, et pseudo-rêves celles dont nous n’avons aucune conscience par la suite, et c’est donc comme si elles n’existaient pas.

    Toutes les images, et autres sensations, inutiles que nous avons enregistrées inconsciemment  ne font qu’encombrer notre mémoire à court terme. De même des renseignements utiles pendant un moment (où ai-je garé ma voiture?) et qui ne le sont plus en fin de journée.
    Par ailleurs comme nous l’avons vu dans l’article sur la mémorisation, certains souvenirs désagréables peuvent nous harceler. Certains problèmes que nous avons sont souvent renvoyés vers le cortex préfrontal, pour qu’il réfléchisse à une solution.
    Enfin, avant de dormir, nous avons pensé à diverses idées et inconsciemment cela a été mémorisé.-
      Le cerveau, pendant le sommeil, va faire du tri : il va éliminer tous les souvenirs conscients ou inconscients de la journée (ou des jours précédents) qui ne servent plus à rien (plus de 999‰), puis il essaiera d'éliminer certains des souvenirs néfastes qui remontent, pour essayer de nous protéger : (mais il n'y arrivera pas toujours), puis au contraire, il renforcera les souvenirs qui paraissent utiles (y compris les connaissances et informations que nous avons mémorisées volontairement).
    Puis il essaiera d'éliminer certains des souvenirs néfastes qui remontent, pour essayer de nous protéger : (mais il n'y arrivera pas toujours), et il éliminera aussi les souvenirs des pensées que nous avons eu avant de nous endormir, dans la mesure où nous n’avons rien trouvé de nouveau ou d’important.
    Au contraire, il renforcera les souvenirs qui paraissent utiles (y compris les connaissances et informations que nous avons mémorisées volontairement).
    Le cerveau remet donc de l'ordre dans la mémoire et rend en particulier de nombreux neurones à nouveau disponibles pour la journée suivante.

    Pour éliminer toutes ces sensations superflues, il va se servir des centres d’interprétation correspondants, selon le schéma ci dessous (qui toutefois ne traite que des images pour être plus simple et que l’on peut comparer au schéma ci-dessus de mémorisation pendant l’éveil).
    Ces sensations sont récupérées dans la mémoire par nos centres habituels d'interprétation des sensations : visuel, auditif, olfactif, sensitif ou gustatif.
Au plan physiologique, tout se passe comme si arrivaient dans ces centres, des images réelles venues des yeux, des sons en provenance de nos oreilles etc..
http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/Revessommeil.jpg
    Il va renvoyer toutes les informations mémorisées vers ces centres qui vont les traiter comme s’ils recevaient une information de l’organe de perception : pour les images le centre d’interprétation primaire de la vison va traiter l’information comme si elle provenait de l’oeil. Mais en fait ce sont des images « reconstituées par la mémoire » et nous les appelleront des « pseudo-images internes ».
    En même temps, au moins pour les images inutiles, les connexions entre les neurones participant à la mémorisation pour ces données ne seront plus renforcées, ce qui équivaut à l’effacement de ces images. (flèches rouges sur le schéma)
    Pour les autres données, notamment celles qui nous dérangent, elle ne seront qu’un peu diminuées.
    La différence entre éveil et sommeil est d'une part que ces sensations lorsqu'elles viennent de nos sens éveillés, représentent la réalité et sont donc cohérentes, alors que, dans le sommeil, elles viennent de façon totalement aléatoire, sans suite logique et sont donc peu cohérentes. D'autre part, alors que nous sommes conscients d'une partie des sensations lorsque nous sommes éveillés, car le thalamus oscille à 40hz et communique avec le cortex préfrontal, alors que le cortex cingulaire antérieur focalise notre attention, par contre, nous n'avons au contraire aucune conscience du phénomène lorsque nous dormons, car le thalamus n’oscille plus qu’à 3 ou 4 hertz et le cortex préfrontal et le cortex cingulaire antérieur sont mis en veilleuse et coupés de la plupart des informations provenant des autres centres du cerveau.
    Nous ne somme donc pas conscient des pseudo-sensations pendant notre sommeil et nous n’en aurons donc aucun souvenir au réveil. Il ne s’agit donc pas de rêves mais de « pseudo-rêves » qui dureront toute la nuit, surtout pendant le sommeil paradoxal. (flèches rouges sur le schéma

    Mais supposons que nous nous réveillons pendant quelques secondes seulement , (ce qui peut arriver plusieurs fois dans la nuit et nous nous rendormons aussitôt), ou définitivement le matin.
    Alors ces sensations (images sons etc...) vont être transmises à nouveau par le thalamus au cortex frontal, qui sera donc conscient d'une suite de sensations, peu cohérente et d'autant plus difficile à interpréter que son fonctionnement à l'état éveillé n'est pas entièrement revenu à la normale. Là c’est un « vrai rêve ». (en bleu sur le schéma).
    Le cortex préfrontal, encore à moitié réveillé, essaie d'interpréter comme il peut ce qu'il reçoit et le renvoie en mémoire avec les explications qu’il a pu trouver, et qui peuvent être absolument farfelues, surtout si l’éveil n’a duré que quelques secondes et qu’il n’a pas eu le temps de réfléchir.
    Après notre sommeil, nous aurons alors le souvenir d'un rêve, avec une certaine cohérence car le cortex frontal a essayé d'arranger les sensations de façon logique, mais aussi des aspects incohérents et farfelus, car il a fait au mieux, mais avec un ensemble de sensations qui était peu logique à l’origine et alors que lui même n’était pas au mieux de sa forme. 

    De plus, si nous sommes réveillés un peu plus longtemps que quelques secondes, le thalamus va augmenter a sa fréquence de fonctionnement et pourra alors envoyer éventuellement quelques sensations réelles, perçues par nos sens, au cortex préfrontal, (en vert sur le schéma), qui est encore en train de chercher à interpréter les pseudo-sensations du rêve. Il ne fera pas de différence par exemple entre las images réelles et les pseudo images déjà reçues, et il essaiera d’interpréter l’ensemble.
    C’est la raison pour laquelle certains événement qui se produisent au moment où on se réveille, peuvent être amalgamés avec d’autres incohérents, au milieu du rêve. (en vert pointillé sur le schéma).

    J’espère que maintenant, vous comprenez mieux la nature de nos rêves et leur contenu.



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