Jeudi 28 février 2013 à 8:04

Scarification, suicide

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            Je m'adresserai d'abord à celles qui ont envie de passer à l'acte, mais sans avoir l'intention de mourir, uniquement à titre “d'avertissement” pour attirer l'attention de quelqu'un sur soi, soit des parents, soit de l'être aimé qui vous a délaissée.
            Un tel acte est absurde, tant sur le plan du risque que de l'efficacité.
 
Le risque, malgré vos précautions, n'est pas anodin.
    Vous connaissez mal les médicaments et même si un “vidal des familles” existe dans la bibliothèque, les doses indiquées, ainsi que leurs effets, sont des moyennes, et même si vous avez calculé sans vous tromper celle relative à votre poids, il faut savoir que les sensibilités individuelles peuvent être assez variables, notamment en fonction de votre état de santé ou de réactions par exemple allergiques, ou de potentialisation entre deux médicaments (ou par l'alcool que vous auriez pris pour vous donner du courage).
    Il y a eu des cas où l'ado est tombée dans le coma, et où elle risque, si les cellules du cerveau sont mal irriguées, des paralysies ou autres séquelles graves.
 
L'efficacité de votre geste est très incertaine.
    D'abord un garçon, surtout s'il est jeune, a horreur de culpabiliser. Alors votre geste va plutôt l'éloigner encore plus de vous. Le pire c'est si vous avez fait du chantage : “si tu ne m'aimes pas, je me tue”. Je n'ai pas encore rencontré de garçon aujourd'hui qui supporte cela (peut être en était il autrement au temps des romantiques du 19ème siècle !.)
    Si c'est un garçon sérieux et qu'il a de l'affection pour vous, certes il s'occupera de vous, essaiera de vous aider sur le moment, mais ce n'est pas cela qui le fera changer d'avis s'il n'a pas, ou plus envie de vous aimer.
   
    Et ne croyez pas qu'il admirera votre courage. Il considérera au contraire que vous n'avez pas pensé à vos parents, à vos amis à qui vous allez faire beaucoup de peine. Vous n'avez pas pensé à son chagrin à lui et donc vous n'avez pas tellement d'attachement pour lui.
    Bref il verra beaucoup plus l'aspect “faiblesse” de votre acte que l'aspect “courage” et vous n'en sortirez pas grandie, au contraire. Il trouvera que vous êtes une fille à problèmes, et que cela risque de lui en attirer d'autres s'il continue ou devient votre petit ami.
 
            Vous allez perturber grandement votre vie familiale, semer le désarroi et la peur dans votre famille, et souvent augmenter votre propre peine et vous déstabiliser un peu plus, parce qu'un tel geste est beaucoup plus stressant qu'on ne croit, pour tous ceux qui vous aiment mais aussi pour vous même.
   
            Mais il y a aussi celles qui sont vraiment très tristes au point de penser parfois que la vie ne vaut pas la peine d'être vécue, mais qui ne pensent pas donner un sens à leur geste (j'ai traité cela dans mon dernier article), mais simplement ont cette idée par lassitude de leur état de souffrance.
 
        Dites vous d'abord que tant que vous resterez en état de raisonner, que vous penserez logiquement, vous avez des chances de vous en sortir.
        Voltaire écrivait : “Ce n'est pas que le suicide soit toujours de la folie. Mais en général, ce n'est pas dans un accès de raison que l'on se tue”.
        Il y a des milliers de gens qui souffrent plus que vous, qui sont dans des situations bien plus difficiles et qui s'en sortent, qui s'en sont sortis.
        Il y a aussi ceux qui sont au bord de la mort dans des situations désespérées, et qui luttent pour vivre. Pensez à cette petite fille, atteinte d'un cancer, qui disait à une de mes jeunes correspondantes : “Je voudrais être comme toi... parce que tu vas vivre longtemps...”
 
    Par ailleurs mourir est au contraire une source d'angoisse et de souffrance.   
    Des personnes qui ont fait une tentative, m'ont raconté combien le suicide est pénible. Moi non plus je ne le savais pas, mais celles qui ont essayé m'ont apporté leur témoignage.
    D'abord on a peur avant, et on est très angoissé, on hésite et c'est une véritable torture de l'esprit. Puis juste après, on panique parce qu'on ne peut plus revenir en arrière, que l'on ait pris des médicaments ou que l'on se soit ouvert les veines
    On se sent partir, on a peur, on ne veut plus, on veut revenir à la vie, on crie au secours, aidez moi, soignez moi et personne n'entend. On panique et c'est une souffrance horrible, celle de tout le corps, qui n'est rien à coté de la souffrance uniquement psychologique d'avant sa tentative.
    En plus quand on se rate, si le cerveau est privé trop longtemps d'oxygène on peut rester paralysé toute sa vie.
    La mort sans souffrance, ce n'est qu'un rêve, un rêve absurde et sans espoir.
 
Le suicide n'est pas une fin en soi. C'est la fin de soi
    Quand vous serez morte, vous ne pourrez plus regretter votre geste, vous ne pourrez plus revenir en arrière, vous ne ressentirez plus rien, ni joie, ni souffrance.
    Alors que vous apportera cette issue autre que le néant ?
    Aucune situation, aucun chagrin, aucune personne qui vous a trahie ne vaut la peine que l'on quitte cette vie.
    Ce sont des situations passagères qui nous font certes souffrir, mais elles ne dureront pas éternellement et le bonheur reviendra, alors que la mort est, elle, définitive et tout espoir sera perdu à jamais.
 
    Françoise Sagan disait “Quand on se tue, c'est pour infliger sa mort aux autres.”.  Sans aller jusque là, avez vous pensé à ceux que vous laissez derrière vous, à vos parents, à vos amis, qui seront  désespérés de votre mort et qui culpabiliseront de ne pas avoir pu vous en empêcher.
    Pouvez vous vous sentir responsable de leur peines futures, pouvez vous leur infliger cela, alors qu'il suffirait que vous décidiez de vivre pour leur épargner ce désespoir ?
 
         Enfin ne culpabilisez pas, n'ayez pas honte de vous sentir suicidaire. Vous n'êtes ni folle, ni forte, ni faible, ni incapable, ni idiote. Cela ne veut même pas dire que vous vouliez vraiment mourir, mais que vous avez plus de souffrances que vous n'avez de volonté et de ressources, pour pouvoir être plus forte que cette douleur et la dominer.
            Le poids de cette douleur est trop fort pour vos épaules, et il risque de vous mettre à terre
            En aucun cas je ne vous jugerai, et pour moi, il ne faut ni être courageux, ni lâche, pour penser au suicide, mais simplement ne pas avoir trouvé la clé de la porte de sa souffrance, qui conduit au bout du tunnel
             Il faut donc réagir avant et appeler à l'aide pour que quelqu'un vous soutienne momentanément, vous prête son épaule pour que vous puissiez vous y appuyer, et vous soulage ainsi d'une partie du poids de votre souffrance.
 
 
Par plopmaw le Samedi 2 mars 2013 à 17:47
Je suis bien d'accord avec ce que tu dis. A chaque fois que je vois quelqu'un de malheureux je plonge pour l'aider. Mais justement j'ai souvent fait face a des gens qui ne la que pour avoir une attention toute particulière et qui se remettent trop rarement en question. Aujourd'hui j'ai une amie qui ne sait plus ou elle en est et sans chercher le suicide elle refuse de voir la sortie du tunnel (a mon sens parce que c'est plus facile de se faire plaindre que de se remettre en question.) Personnellement en tant qu'amie je commence a perdre patience. Parce que pour ces gens qui ont des problèmes les nôtres sont insignifiants et leurs plainte de ressortent plus dans le train train quotidien (surtout quand ils n'en font qu'à leur tête).
J'ai aussi connu des gens qui menaçaient d'en arriver là et qui m'ont fait très peur. Après un certains temps j'ai réaliser que céder à leur besoin d'attention n'est pas toujours une bonne solution. Je pense qu'il faut faire attention quand on aide quelqu'un. C'est important de ne pas laisser tomber ses proches mais il faut savoir aussi s'en protéger et ça beaucoup de jeune de le savent pas... Alors comment ne pas culpabiliser quand on ne se sens plus capable d'aider quelqu'un sans que ça ne nous atteigne trop? C'est le moment on l'autre nous entraine dans sa chute aussi...
Je n'ai jamais douté de la souffrance exprimée, mais personne ou presque n'écoute la souffrance des gens qui aident...
 

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