Mardi 26 octobre 2010 à 8:58

Enseignement, école, fac

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    Je lis actuellement des articles de chercheurs en neurobiologie, sur l’apprentissage des enfants et donc l’instruction et cela me fait réfléchir à ce sujet qui m’a toujours intéressé en tant que parent puis grand-parent.

    Il m’arrive aussi souvent d’aider des jeunes dans leur travail scolaire et je suis étonné des questions qu’ils se posent sur l’utilité de l’enseignement, qui sont parfois voisines des questions suivantes :
    A quoi cela sert il d’apprendre l’orthographe quand on peut parfaitement se comprendre dans la jeune génération avec le langage SMS qui ne demande aucun effort de mémorisation car il n’engendre aucune contrainte.?
    A quoi cela sert il de savoir que Charlemagne n’est pas le père de Louis XiV et le grand père de Napoléon? Savoir que Louis XVI est mort sur l’échafaud ne lui fera pas retrouver sa tête !
    Est ce utile de connaître qui sont Montaigne, Montesquieu, Ronsard, Pascal, Racine, Corneille, Molière, Musset , Vigny ou Victor Hugo.... et ce qu’ils ont écrit. Ils sont morts depuis longtemps et leurs pensées sont démodées et ne nous feront pas comprendre le monde moderne.
    A t’on besoin de savoir qui sont Bach, Vivaldi, Mozart ou Beethoven quand on n’aime que le rock ou le rap?
    Si les tables de multiplication et les proportions multiples (autrefois on appelait cela la “règle de trois”) sont utiles dans la vie courante, tout le monde ne se sert pas des triangles isométriques (on disait autrefois “semblables”) ou du théorème de Thalès et que dire des fonctions exponentielle et logarithme !
    C’est tout juste si certains ne me disent pas qu’avec les CD et DVD, le téléphone et la télévision, on pourrait se passer d’apprendre à lire et écrire.
Mais ce qui est quand même ennuyeux c’est qu’on ne pourrait plus parler facilement sur MSN ou facebook et ce serait plus difficile de se servir d’un micro-ordinateur.!
    Je pense que ces réflexions sont certes provocatrices, mais je pense que cependant, elles montrent qu’apprendre n’intéresse pas certains d’entre vous.
    J’aimerais réfléchir un peu à cela.


    Je crois d’abord qu’on sous estime l’utilisation dans la vie courante de ce qu’on a appris à l’école
    Il m’arrive d’aider dans ses démarches quelqu’un qui ne sait ni lire ni écrire et je peux vous certifier que sa vie est aussi compliquée pour elle que si elle était unijambiste ou manchote.
    Des notions simples de physique comme les unités mécaniques et électriques, les lois d’ohm, la pesanteur, les mouvements linéaires ou circulaires servent souvent quand vous bricolez, quand vous circulez, quand vous payez votre facture d’électricité...On nous montre assez souvent à la télé ou dans des magazines, des courbes en coordonnées logarithmiques et ce serait mieux de les comprendre.
    Quant aux hommes de l’histoire, aux écrivains, aux  artistes, connaître un minimum sur eux nous évitera de paraître ignare, si certaines personnes en parlent ou si on lit un article sur ces personnes.
    L’orthographe pourrait être simplifiée certes, mais écrire correctement en français permet d’en saisir les nuances et la précision du langage, et de mieux saisir la pensée des autres et se faire comprendre, de même qu’avoir un bon vocabulaire est indispensable dans ce but.
    Je m’en rends bien compte quand je vais à l’étranger ou quand je lis un article scientifique compliqué en anglais, car je ne maîtrise pas assez la langue, et la signification avec les nuances ou même la démarche très précise et détaillée de la pensée m’échappent, par manque de vocabulaire.

    Mais apprendre des connaissances n’est pa sle but majeur des études.
    La neurobiologie nous montre aujourd’hui qu’un enfant ne naît pas intelligent. Certes il a un certain potentiel inné, mais ce potentiel reste vain s’il ne le cultive pas. Un enfant qui ne reçoit ni éducation, ni instruction reste beaucoup moins évolué qu’un simple animal de compagnie, comme l’ont montré des cas extrêmes d’enfants perdus pendant des années dans les forêts et élevés par des loups.
    C’est l’apprentissage en famille et en classe qui développe l’intelligence, notre mémoire et nos capacités de relations sociales et de communication.
    Les études de neurologie montent que l’intelligence n’est pas une simple question de compréhension, logique et de mathématiques, comme pourraient le faire croire les tests de QI. La plupart des chercheurs disent que l’intelligence d’une personne c’est 50% de mémoire, (professeurs l’hippocampe et le thalamus, mais répartie dans tous le cerveau), 25% de réflexion et organisation (nos lobes frontaux dont je viens de parler dans mes précédents articles) et 25% d’émotions et de relations sociales (notre cerveau émotionnel), cet ensemble supposant en permlanence la prise d’informations grâce aux perceptions de nos sens, mais aussi grâce à la communication avec autrui.
    Et la mémoire, c’est avant tout l’acquisition de connaissances ! Mais pas uniquement pour elles même, mais pour la formation des aptitudes de nos centres cérébraux et notamment  les former à raisonner et à connaître et maîtriser nos émotions.

    En fait l’étude non seulement développe notre savoir et notre intelligence, mais également nous donne des habitudes qui nous seront indispensables toute notre vie :
    - l’habitude de l’effort et du travail;
    - une certaine curiosité intellectuelle qui nous permettra de nous intéresser aux choses, aux êtres et de comprendre les phénomènes de notre environnement;
    - en contrepartie, un certain scepticisme qui nous évitera de nous comporter comme un mouton et de gober n’importe quelle assertion;
    - le moyen de nous comprendre et de comprendre les autres et notre environnement;
    - l’utilisation d’outils (langage, image, expression, ...) et de connaissances communes, qui nous rapprocheront de nos semblables et nous permettront de communiquer.

    Malheureusement on n’apprend plus ces notions aux jeunes d’aujourd’hui, à aimer l’école et à supporter ses contraintes et ils passent souvent des heures chaque jour, à utiliser sans grande utilité, les moyens modernes multimédia, alors que ce sont des outils extraordinaires qui pourraient les aider à apprendre et à développer leur potentiel.
    Je suis effaré de récentes décisions politiques qui suppriment l’enseignement de la pédagogie pour les jeunes professeurs et par ailleurs j’entends ou je lis des absurdités sur les méthodes d’enseignement, car les personnes (haut placées !) qui les disent ou les journalistes qui les écrivent, n’ont aucune notion sur le fonctionnement de leur propre cerveau.
    Je pense parler dans de prochains articles de ce que la neurobiologie peut en partie apporter à l’enseignement.
Par Nessie-Cullen le Mercredi 27 octobre 2010 à 20:47
Oui, j'ai fini ton article, et j'ai tout compris ! (Oui, souvent j'ai du mal à me concentrer assez longtemps pour lire un texte long présentant du vocabulaire que soit je ne connais pas, soit je n'arrive pas vraiment à remettre dans le contexte). C'est super intéressant ce que tu racontes, et c'est vrai que souvent, au lycée ou même plus jeune, je me suis désintéressée de certaines choses et je trouve que maintenant, ça me fait défaut. J'ai l'impression d'être moins intelligente, et puis voilà, souvent je ne peux pas prendre part à des conversations parce que je ne connais pas les références. C'est vraiment dommage. Et, j'ai été très nulle en histoire, j'ai même un peu abandonné, mais j'ai toujours du mal à m'y intéresser.... et c'est vrai que pour comprendre la politique actuelle, et bah, j'y arrive tout simplement pas !
 

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