Vendredi 14 janvier 2011 à 8:23

Architecture

http://lancien.cowblog.fr/images/images/Hit20Parade2032020LP.jpg
     Hier je vous parlais des enfants musiciens, et mes correspondant(e)s me parlent souvent de musique, même si je suis amateur
plutôt de musique classique ou de jazz que des oeuvres actuellement dans le vent.
    Mais je me demande toujours pourquoi une chanson ou une musique actuelles deviennent  un tube et pourquoi une autre reste inconnue du public?
    Je n’ai jamais pu décoder quelle qualité musicale, quel rythme, quels genres de paroles faisaient la différence, bien qu’ayant discuté de cette question pendant des heures, sans pour autant trouver de réponse.
    J’entendais l’autre jour à la télé des directeurs artistiques de maisons de disques qui avouaient que personne n'est en mesure de prévoir quel sera le prochain succès de l'été.
    Alors j’ai regardé dans mes articles de psychologie s’il y avait des études à ce sujet et voilà un résumé de ce que j'y ai trouvé.

    Le sociologue Matthew Solgonik et ses collaborateurs de l'Université de New York ont montré que le succès résulte d'un phénomène d’influence sociale, selon lequel les consommateurs achètent de préférence un titre qui se vend bien. (ou est réputé par les médias bien se vendre), indépendamment de sa qualité intrinsèque.
    Ils ont fait participer 14 000 internautes à un test en ligne. Une page Internet donnait la possibilité de télécharger 48 morceaux de musique de groupes qui n'avaient pas encore été commercialisés. Chaque participant devait indiquer quel était son morceau préféré.
    Dans un premier cas, la page Internet affichait les titres dans le désordre; dans un deuxième cas, elle précisait le nombre de fois que chaque titre avait été préféré et, dons un troisième cas, elle présentait en outre les titres selon un ordre décroissant, en fonction du nombre de fois qu'ils avaient été choisis (celui le plus acheté en tête).
    Ainsi, dans le premier cas, aucune influence sociale ne pouvait s'exercer, car les internautes ignoraient le morceau que les autres avaient préféré. Dans le deuxième cas, une influence sociale modérée s'exerçait: ils pouvaient savoir ce que les autres avaient préféré, mais cette hiérarchie n'était pas mise en valeur Dans le troisième cas, l'influence sociale était maximale, car les morceaux étaient présentés graphiquement par ordre de préférence, et les morceaux préférés retenaient l'attention.

    En l'absence d'influence sociale, tous les morceaux ont reçu un nombre de suffrages comparables et aucun ne se détachait du lot.
    Dans le deuxième cas, lorsque l'influence sociale était modérée, des écarts sont apparus,certains morceaux ont recueilli un plus grand nombre de voix, et correspondaient à ceux pour lesquels on avait indiqué au préalable une préférence des auditeurs..
    Enfin, dans le cas d'influence sociale maximale. les écarts se sont creusés, un « tube » émergeait, et les autres titres passaient inaperçus s’ils n’étaient pas classées au préalable dans les premiers de la liste..
     Huit groupes d'internautes ont été créés, et soumis à une influence sociale forte, mais avec une liste légèrement différente, notamment en ce qui concerne le premier de la liste.. Dans chaque groupe. c'est un morceau différent qui a été choisi par les "cobayes" consultés par les psychologues : celui qui figurait en premier sur la liste distribuée à ce groupe.
    .
    Ainsi, le caractère imprévisible des succès commerciaux en matière de musique vient du fait, semble t’il, que: les acheteurs se fient à l'avis de la majorité, avant de prendre en compte leur goût personnel ou les caractéristiques et les qualités propres du morceau.
    Les consommateurs semblent apprécier plus la musique par mimétisme et influence de la majorité que pour ses qualités intrinsèques, car la qualité intrinsèque en musique est discutable, et  les goûts s'uniformisent par influence sociale, orchestrée par la publicité.
    Dans la réalité du marché, la force de l'influence sociale est fonction de la puissance des distributeurs et des annonceurs : d’une part le “hit parade” annonce les ventes réalisées (en supposant que ce soit vrai !) et ils inondent les étals des marchands de disque et les sites internet.
    L’influence sociale est particulièrement efficace auprès des adolescents comme l’a montré  la StarAcademy.

  
  Je crois que cet article va m’attirer des critiques, mais j’assume !! lol
    Et moi qui suis sceptique, de nature et par mon éducation scientifique, je ne vais plus accorder beaucoup de crédit aux hits-parades.
Par alyane le Vendredi 14 janvier 2011 à 9:19
Déjà Boris Vian évoquait ce phénomène dans son livre "En avant la zi zique". MAintefois, des tubes ne tenaient le temps d'un été pour disparaitre par la suite. LA chanson "l'enfant et l'oiseau" de MArie Myriam gagnante à l'Eurovision n'a pas fait de carrière longue.
Par Hello-Goodbye le Vendredi 14 janvier 2011 à 9:50
Le résultat de cette expérience ne m'étonne même pas.. Les gens sont des moutons c'est bien connu :) Pour ma part, je n'aime que rarement les "tubes", je dois être anormale :p
Par Ebeth le Vendredi 14 janvier 2011 à 10:53
Il y a aussi le "bourrage crâne". Mais je n'écoute pas la radio et ne cotoi pas de jeunes qui aiment ce genre de choses ou autre alors je ne suis vraiment pas d'actualité.
Par kaa le Vendredi 14 janvier 2011 à 11:01
Une bonne couverture médiatique, une bonne promo à coup de millions d'euros , et on envoie facilement un titre en tête du hit parade.
C'est un peu comme au cinéma où un film peut être propulsé en tête du nombre d'entrées en invitant les protagonistes à toutes les émissions de télé ou de radio.
Par Yggdrasil le Vendredi 14 janvier 2011 à 11:25
Je n'écoute que rarement la radio, et quand je l'écoute je pense à autre chose pour prêter trop attention aux titres qui passent. C'est vraiment que la plupart des gens agissent comme des moutons niveau musique... mais quand on prête une oreille de musicien à la plupart de la musique d'aujourd'hui, on se dit qu'il n'y a plus vraiment de recherche sur les sonorités et les rythmes... beaucoup ont la même base d'enchaînement d'accords, je me demande s'il y a beaucoup de musiques qui sont encore composées avec des sentiments ou si tout simplement on cherche à en produire assez pour alimenter un marché.
(Bien sûr, il y a des musiques qui échappent à cette considération, il ne faut pas voir tout en noir)

Comme quoi, même la musique a du mal à ne pas se prendre dans le carcan de notre société de consommation =P. C'est dommage.
 

Ajouter un commentaire









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

La discussion continue ailleurs...

Pour faire un rétrolien sur cet article :
http://lancien.cowblog.fr/trackback/3078104

 

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Page suivante >>

lancien

sortir de la tristesse

Créer un podcast