Dimanche 28 octobre 2007 à 16:34

Le bonheur



    Mon article sur l'influence sur les jeunes, des médias et de la société de consommation, m'a valu quelques commentaires et surtout de nombreux mails, dans lesquels vous étiez d'accord sur le fond, mais vous me faisiez des remarques diverses et surtout vous vous montriez très “désenchantés” et doutiez de ce que la vie d'aujourd'hui pouvait vous apporter de bien.
    Ce manque de confiance en la vie ne m'a pas étonné et il renforce les idées que j'exposais.
    Paradoxalement il m'arrive de voir des jeunes de la DASS, qui sont relativement peu comblés et n'ont pas beaucoup de joies, et cependant ils attendent beaucoup plus de la vie que la plupart d'entre vous.
    Vous avez l'habitude pour la plupart de ceux qui me lisent d'avoir à peu près ce que vous désirez, et, comme je le disais, un nouveau désir apparaît aussitôt, et si l'un d'entre eux ne se réalise pas, c'est contraire aux habitudes et c'est alors un désastre !!
    Curieusement alors qu'au lendemain de la guerre, nous n'avions pas grand chose (juste de quoi manger et encore!) et que la télé, l'ordinateur, le téléphone portable, le CD, le DVD et la chaîne hifi, internet , mais aussi les matières plastiques, la sécurité sociale et la pilule n'étaient pas inventés, cette période devrait nous paraître catastrophique et pourtant les jeunes que nous étions semblaient plus heureux que vous n'êtes aujourd'hui.

    Je cherche à comprendre et au fond je crois que vous vous trompez dans votre conception du bonheur.
    Vous voyez le bonheur comme la satisfaction immédiate de tous vos désirs, comme une vie trépidante à l'image des films et séries télévisés, beaucoup d'amis sincères et fidèles qui vous écoutent et vous consolent, pour beaucoup de garçons, de nombreuses conquêtes féminines et pour beaucoup de filles, un petit ami aimant et fidèle.
    Bien sûr il y a une partie de vrai dans cette conception, mais aussi un certain manque de réalisme, une certaine confusion entre le rêve et la réalité, entre la perfection que vous souhaiteriez, et un monde et des individus qui ne peuvent être parfaits.
    Si les désirs sont trop vite satisfaits, on se sent obligé d'en avoir d'autres de moins en moins réalisables, et surtout leur satisfaction devient tellement banale qu'elle n'apporte que de moins ne moins de joie.
   
    Le bonheur n'est pas fait de choses spectaculaires et ne résulte pas de la seule satisfaction de désirs, de la possession de biens ou de personnes.
    Le bonheur est fait de petites joies de tous les jours, de satisfactions de ce que l'on a fait et réussi à faire, des attentions de votre entourage qui vous aime, ou de ce que vous apportez aux autres (“le plaisir le plus délicat est celui que l'on fait à autrui” disait La Bruyère), des choses belles que vous voyez, que vous entendez, que vous goûtez, que vous lisez, des sentiments et des émotions que vous avez vis à vis des choses et surtout des personnes.
    “Carpe diem” disaient les Romains que je traduirai un peu librement par “profite des petites joies quotidiennes”.

   

Par memecamouille le Dimanche 28 octobre 2007 à 17:04
Oh, ça me fait penser à la philo... :)
Par de-mes-nuages le Dimanche 28 octobre 2007 à 20:09
Le bonheur, c'est une grande question.
Pour ma part, je penche plutôt vers la définition du bonheur que donne Spinoza dans l'éthique: sa troisième connaissance. Parvenir à voir tout nos desirs non plus comme un fin en soi, mais comme un moyen à notre bonheur, voir l'infini dans tout objet, comme un tout.
Je vais te laisser quelques vers qui illustrent bien mieux ma ma pensée que mes mots.

"Tu vois, je veux beaucoup. Peut-être tout: l'obscurité des chutes infinies et le jeu scintillant de toute remontée. Il en est tant qui ne veulent rien et qui se sentent anoblis par les sentiments lisses de leurs repas légers." (Rilke)


« Voir l'univers dans un grain de sable,
Un paradis dans une fleur sauvage,
Tenir l'infini dans la paume de la main.
Et l'éternité dans une heure ... »

William Blake

et je finirais par une célèbre phrase de Spinoza:

"Ce qui est très précieux est autant difficile que rare" (Spinoza-Ethique V).


Faut le mériter le bonheur. ^^


Par auclairdeplume le Dimanche 28 octobre 2007 à 23:17
Le bonheur ?

Un coeur dans une enveloppe.
Un sourire échangé à l'inconnu du trottoir que je croise chaque jour et auquel je donne un sandwich, un biscuit ou une petit bouteille d'eau quand je rentre des courses.
Une main tendue en silence.
Une oreille à l'écoute.
Un compliment qui ne coute rien.
Une pensée pour les anniversaires.
Une carte de donneur d'organes.
Une photo gribouillée au dos juste pour dire "je pense à toi".
Un message sur le portable entre deux cours pour dire "tu me manques".
Un bisou qui essuie les larmes.
Un don du sang de temps en temps.
Et un mot de tendresse. Pour oublier le reste.
Par Le.Chat.De.Chester le Lundi 29 octobre 2007 à 8:01
Les gens, de nos jours, sont bien exigeants! Pour moi le bonheur c'est bien simple: un peu de musique, les rires des gens que j'aiment ou tout simplement un déchainement d'éclairs dans le ciel.
Au final, les Hommes sont peut être juste des enfants pourris gatés? :)
Par mademoiselle.PI le Mardi 30 octobre 2007 à 15:08
Au début je le rêvais le bonheur, la vie m'a démontré qu'il n'était pas toujours là!
Aujourd'hui j'ai appris que le bonheur (pour moi) c'était de se contenter de ce que j'avais ou de ce que je pouvais avoir d'un point de vue matériel et de profiter de chaque instant des personnes que j'aime mais surtout d'être calme, sereine, et de ne pas me prendre la tête ou de faire en sorte que personne ne me prenne la tête...C'est ça le bonheur pour moi!
Par Angel.or-and.Demon le Jeudi 1er novembre 2007 à 20:01
Carpe diem... ceuille le jour... profite de l'instant présent... j'adore cette expréssion! (comme quoi 3 ans de latin ça peu servir de temps en temps!^^).
ça me rappelle la philo tout ça!^^
Par qui-ca-interesse le Dimanche 25 novembre 2007 à 16:11
C'est bizarre parce que je viens juste de boucler une dissertation de philo sur le sujet: peut-on être heureux sans être libre?
Je l'ai conclue sur une phrase de Blaise Pascal: "Nous ne vivons pas mais nous espérons vivre; et, nous disposant sans cesse à être heureux il est inévitable que nous ne le soyons jamais". L'homme n'est pas fait pour être heureux. Il est des fois content. Mais le bonheur c'est quelque chose de bien plus profond, plus triste et plus noble.
Toutefois, c'est quand je prends le temps de m'échapper dans mon esprit, de me créer une nouvelle vie, que je ressens le sentiment le plus proche du bonheur.
Alors pour moi, le bonheur c'est rêver, même plus vivre...
Par Noooo le Samedi 10 novembre 2018 à 12:51
Merciiii
 

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