Jeudi 9 avril 2009 à 10:07

Amour et peines de coeur

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    Je vous ai souvent dit que beaucoup de celles que j’appelle (par tendresse), "mes guenons”, souffrent de peines de coeur, plus ou moins compliquées.
    Echaudées par une rupture, elles s’inquiètent sur la conduite à tenir dans l’avenir.
    Il peut être angoissant de s'attacher. Ne va-t-on pas souffrir si l'autre nous rejette ? Parfois, il est plus sûr de garder ses distances, de ne pas s'impliquer sentimentalement. Mais ne devient-on pas alors ainsi insensible?
   
    Effectivement on peut définir trois attitudes différentes d’attachement :

    Certains ont peur de souffrir et se protègent en évitant le contact trop rapproché, en restant avares de sentiments et en se réfugiant derrière une carapace d'indifférence. On peut les appeler, comme le font certains psychologues, des “évitants”;
    D'autres s'attachent, mais gardent la peur de souffrir, guettant dans le regard de l’autre des signes de désapprobation, qui prennent pour eux des dimensions exagérées. Ce sont des “anxieux”.
    D'autres enfin savent s'ouvrir, s'attacher, sans craindre d'être rejetés. Ils sont “confiants”.

     D'après les études de Patrik Vuilleumier, de l'Institut de neurosciences cognitives de Lausanne, chacun de ces profils affectifs correspond à une activité particulière du cerveau

    Les évitants ont des réactions affectives réduites en réponse à des signaux sociaux positifs. Ils sont indifférents à ce qui peut être le début d'une amitié, ne ressentent pas d'émotion dans ce type de rapport, n'attendent rien des autre, et sont distants à la fois physiquement et affectivement.
    Il s'agit de personnes très indépendantes et peu portées vers la vie collective. Souvent, elles héritent ce trait de personnalité d'une enfance difficile, où elles se sont senties rejetées par leurs parents et se sont protégées affectivement de ces traumatismes en faisant taire leurs émotions.
    Au plan neurobiologie, ces personnes ont , lorsqu’on leur fait des réflexions aimables, une faible activité de deux zones cérébrales, le striatum et l'aire tegmentale ventrale. (centres qui interviennent dans le circuit de la récompense - voir des articles précédents).

    Les anxieux sont des personnes hypersensibles aux signaux de l'entourage, notamment aux reproches accompagnés de moues du visage.
    Les réactions négatives ébranlent la confiance du sujet, en suractivant les zones du cerveau impliquées dans la genèse des émotions et plus particulièrement de la peur, donc engendrent une réactivité accrue de l'amygdale cérébrale dorsale gauche, aux situations sociales négatives,
   
Les personnes au profil d'attachement anxieux sont extrêmement attentives à tout ce qui peut constituer une remise en question de leur rapport à l'autre. À la différence des personnes évitantes, elles ne fuient pas le contact, elles le désirent, mais en le redoutant, n’ayant pas une solide confiance en elles, ce qui les rend très sensibles au moindre signe de désapprobation.
    Selon les psychologues de l'attachement, un enfant à qui ses parents donnent des signes d'amour fréquents et réguliers, tout en accompagnant ces signes de  repères stables en matière d’éducation (notamment une distinction nette des choses autorisées et interdites, et éventuellement des récompenses et des sanctions) apprend que les reproches ne constituent pas une remise en question de l'attachement parents-enfant.

    Qu'est-ce donc que le profil “confiant” ?
    Il s'agit d'un attachement qui n'est ni évitant, ni anxieux. Ces personnes à l'attachement confiant présentent une forte activation de leur striatum et de leur aire tegmentale ventrale dans des situations sociales favorables, lorsqu'on leur fait un compliment ou qu'on leur sourit.
    Toutefois, leur amygdale cérébrale ne s'active pas trop en cas de reproche. Elles n'ont pas peur de l'autre et cherchent en lui un réconfort, mais sans se sentir déstabilisées à la moindre moquerie ou à la moindre remarque acerbe.

    Finalement, ce type de réaction affective est nécessaire pour que se tissent des rapports sains, stables et durables. Lorsque deux personnes s'attachent, il vient toujours un moment où les reproches sont dits, où l'on peut se sentir critiqué.    
Il faut avoir alors suffisamment de confiance en soi pour ne pas interpréter ces attaques comme une remise en question de sa relation avec l'autre, voire de soi.
    Efforcez vous de vous approcher le plus possible du profil d’attachement des “confiants”, car il est celui qui assure le plus de stabilité.
    Certes il y a au départ une prédisposition innée due à votre cerveau, mais vous avez pu voir dans mes précédent articles qu'un cerveau, cela s'éduque aussi, et qu'avec un certain entraînement, une certaine volonté, on peut non pas changer ses tendances innées, mais les atténuer et en développer d'autres qui en compensent les effets nocifs.


   
Par plop-maw le Jeudi 9 avril 2009 à 16:33
Moi je suis anxieuuuuse =)
Par invidia le Jeudi 9 avril 2009 à 18:27
Personnellement je suis plutôt de type évitant. Et ça me convient parfaitement. Par contre le fait d'associer ce type de personnalité à une "enfance difficile", je pense pas que ce soit vraiment lié. Jpense que l'on peut plutôt l'associer à un entourage déjà de type évitant (du moins dans mon cas, ma famille est du genre à éviter largement tout contact physique avec les autres - même entre membres de la famille, et à ne pas chercher à avoir de contacts amicaux)
Par maud96 le Jeudi 9 avril 2009 à 18:51
Je suis en ce moment en phase évitante et anxieuse... je retournerai au profil "confiant" une fois les examens terminés...
...et merci du gentil mail.
Par Diary-Adventures le Vendredi 10 avril 2009 à 1:17
Petite question très bête et je suis certain que la réponse est d'une exemplaire facilité pourtant je vois pas : est-il par exemple possible d'être plutôt du genre " anxieux " et pourtant paraître " évitants " ? Ou plus généralement, est-il possible d'être d'un certain type tout en se montrant d'un autre type ?
Par lancien le Dimanche 12 avril 2009 à 11:02
Associer évitant à une enfance difficile est un réflexe des psys. Il ne faut pas généraliser effectivement. Par contre c'est en général une conséquence d'une introversion (qui a aussi se avantages et n'est pas un défaut !)et aussi d'une certaine éducation familiale, qui forcément donne des habitudes.
Il ne faut pas non plus trop vouloir "catégoriser" Tout n'est jamais manichéen. On peut être tantôt d'un type, tantôt de l'autre avec une "préférence". On peut aussi vouloir paraître différemment de ce qu'on est : c'est la "persona" des psys (imaginée par CG Jung, (un psychiatre ami de Freud, mais bien plus fort que lui.)
 

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