Vendredi 13 mars 2009 à 16:51

Solitude, Ennui, Absence

http://lancien.cowblog.fr/images/Fleurs3/1001006.jpg

    A la suite de mon article d’avant hier sur la solitude j’ai eu des commentaires intéressants et une quinzaine de mails.
    Je tâcherai de répondre ce week-end à ceux qui évoquent des problèmes personnels.

    Deux réflexions m’ont frappé.
    D’abord celle d’un correspondant : j’ai peu de garçons qui me lisent, alors cela m’intéresse d’autant plus. Voilà le commentaire :

“....Je sais que quand je me seul comme ça, je n'ai pas nécessairement besoin de discuter avec autrui, je me concentre un peu sur moi-même, je m'isole encore plus et j'ai l'impression de discuter avec moi-même jusqu'à trouver ce qui ne colle pas. C'est un peu paradoxal, je sais ( et peut être même incompréhensible ) mais je sais que pour moi, ça marche et je me retrouve et me " soigne " comme ça....”

   
C’est une bonne solution, car effectivement on se force à abandonner son cerveau émotionnel pour interroger son cortex frontal et revenir à la raison.
Les pensées tristes ne tournent plus en rond et en plus on finit par savoir contre quoi il faut réagir.
    Cependant je ne recommanderai pas cette solution à tous.
    Il faut une certaine force de caractère pour l’appliquer, pour se forcer à réfléchir et tous n’y arriveront pas. On risque alors de voir tourner de plus belle, les pensées tristes dans le circuit de Papez du cerveau émotionnel !
    Mais ce n’est pas une raison pour ne pas essayer. et si vous n’y arrivez pas, alors il vaut mieux essayer de parler à quelqu’un plutôt que de rester seul(e).

    Autre commentaire, qui est relayé par plusieurs mails :

“...je me suis reconnue dans tes propos....
Comme tu le dis, je suis entourée par une mère, un petit ami. Apres le lycée, j'ai perdu tous les amis que j'avais, il a fallu réussir à ré-apprivoiser des gens. Sauf que le fait de se sentir abandonnée  par les personnes à qui on a fait confiance pendant 3 ans, me fait voir les choses différemment. Plus envie de faire confiance, de montrer ce "moi" dont tu parles...
    Alors on se réfugie sur internet? Sans trop se dévoiler tout de même de peur que quelqu'un qu'on connait dans la vrai vie, n'en apprenne trop sur nous par ce moyen public et dérivé.
    D'où vient ce besoin de se livrer à des gens qui font le premier pas? Qui montre un réel intérêt pour nous? D'où vient cette peur de faire confiance?...”


    Problème de confiance oui, mais lié au fait que l’on a peur de l’opinion des autres. La peur de montrer son “moi”, autre que la “Personna”, c’est en général la peur de décevoir, de ne pas plaîre, d’être jugée.
    On fait confiance à certains parce qu’on les connaît et qu’on sait qu’on peut compter sur eux, jusqu’au jour où l’éloignement, la lassitudeou l’oubli viennent  perturber cet équilibre, ou parfois aussi un jugement intempestif.

    Ce problème de confiance, je le rencontre tous les jours quand une personne que je ne connais pas m’écrit pour me poser une question personnelle ou discuter d’un problème.
    Ou bien cette personne, après avoir lu des morceaux de mon blog, décide de me faire confiance, et le dialogue s’installe vite.
    Ou bien elle a peur de ce que je vais penser d’elle, et là c’est à moi d’agir pour qu’elle ait peu à peu confiance.
    D’abord en l’écoutant, en m’intéressant à elle, en essayant de comprendre surtout sans la juger. En posant des questions logiques, en restant au début dans le formel, l’objectif, le logique, le raisonnable. Là on peut se comprendre, et cela permet de se connaître un peu.
    Comprendre le subjectif, le sentimental, cela ne peut venir qu’ensuite quand on a déjà une idée de la personnalité et des réactions du comportement de l’autre.

    Gagner la confiance, c’est en quelque sorte apprivoiser l’autre, mais cela doit être mutuel et donc la relation doit être réciproque. Il faut finir par se sentir important l’un pour l’autre, dans les deux sens.
    Ce qui est imporatnt de faire auprès de celles qui m’appellent, c’est de leur apporter un peu de ma tendresse de grand-père, mais qu’elles aussi m’apportent une certaine amitié..
    Cet amour, je l’ai encore plus fort pour ceux de ma famille, mais paradoxalement cela m’est plus difficile de faire vis à vis d’elle, ce que je fais avec vous, que je connais à peine. Pouquoi ceci, en apparence absurde?        
    C’est beaucoup plus facile à vous de vous confier à moi, parce que je ne sais pas votre nom, votre identité. C’est normal, c’est la crainte d’être jugé, d'être mal comprise.
    Quand un de mes petits enfants vient me parler de ses ennuis, il n’ose pas me regarder en face, les yeux dans les yeux; et pourtant il sait que je l’aime et que je ne le prendrai pas pour le petit chaperon rouge. Il me téléphone, m’envoie un mail, ou cache sa tête dans mon épaule pour parler et encore, à condition que je caresse doucement ses cheveux pour lui donner confiance.
    La confiance, tout est là; je m’en rends compte depuis que vous me racontez tous vos secrets. Avoir confiance en ses parents qui ont l’autorité parentale, ses amis qui sont parfois mauvaise langue, c’est difficile.
    Mais ce que je sais c’est que même si je ne connais pas vos identités, vous m’en dites souvent plus que vous n’en avez jamais dit à personne, (et c’est quelquefois réciproque). Internet n’est qu’un fil entre nous, ce sont le grand père et la petite fille virtuel(le) qui se parlent c’est à dire des êtres humains avec leurs joies, leurs peines, leurs sentiments, leur coeur, quelquefois aussi leur intelligence (heureusement, je ne vais quand même pas laisser croire que nous sommes tous idiots!).
    Mes correspondantes “philosophes” vont être aux anges : deux concepts pour vos réflexions : la “confiance virtuelle” et la “réalité du rapport abstrait entre deux êtres virtuels”, et aussi cette amitié qui s’installe, est elle réelle ou virtuelle ? N’attrappez pas d’insomnieà y réfléchir........
    Cela me rappelle une dissertation qu’aavit une de mes filles “un trou est il abstrait ou concret”  ! (Sic). Amusez vous, ce n’est pas si simple !

    Et pourquoi je m’intéresse à vous?
    Sans doute au départ, il y a quatre ans, parce que mes collaborateurs dans mon travail venaient souvent me demander des conseils personnels et que, quand on est en retraite, ces contacts vous manquent et on a un peu l’impression d’être inutile. Alors on a plein d’activités bénévoles, histoire de ne pas se considérer comme “un vieux à charge”.
    Puis parce que j’ai eu des enfants et des petits enfants et que, pour les raisons que j’ai évoquées, le fait d’être leur parent fait qu’on n’a pas toujours une communication facile, cette confiance, l’absence de crainte d’un jugement de valeur, parce qu’on tient à la bonne opinion de l’autre.
    Sans doute aussi parce que maintenant que j’ai une certaine expérience de ce dialogue, je pense que je peux apporter quelque chose, même si ce n’est parfois que très temporaire ou incomplet.
    Et puis parce que parmi ceux ou celles avec lesquel(le)s j’ai dialogueé, certain(e)s m’ont vraiment accordé leur amitié, même si ensuite elles n’avaient plus vraiment besoin que je les aide car elles étaient sorties d’affaire.
    J’ai ainsi quelques “petites filles virtuelles” avec lesquelles je correspond régulièrement depuis près de 4 ans et cela fait finalement très chaud au coeur quand on est un vieux singe.

Aucun commentaire n'a encore été ajouté !
 

Ajouter un commentaire









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

La discussion continue ailleurs...

Pour faire un rétrolien sur cet article :
http://lancien.cowblog.fr/trackback/2807935

 

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Page suivante >>

lancien

sortir de la tristesse

Créer un podcast